CONSTRUCTION DES DIRIGEABLES
Aussi a-t-on abandonné le filet pour le remplacer d*abord par une « chemise » qui recouvre la presque totalité de la surface supérieure du "ballon. Cette chemise est taillée en bandes de façon à réaliser dans son ensemble un système de sangles juxtaposées. -*
On termine cette chemise par une sorte d'ourlet qui enserre une corde, appelée ralingue, sur laquelle sont attachées directement les cordes de suspension. Mais il est évident que l'intervention de cette chemise augmente énormément le poids du ballon : elle arrive presque à doubler le poids de l'étoffe. Aussi les aéronautes ont-ils posé aux constructeurs le problème de coudre la ralingue, non pas au bord d'une chemise appliquée sur le ballon, mais dans l'étoffe du ballon elle-même. L'habileté des constructeurs a résolu la question et aujourd'hui tous les dirigeables sont à ralingues prises sur le corps même de l'aérostat {Lehaudy, etc.). Il faut, dans ce cas, déterminer avec le plus grand soin la ligne de contact suivant laquelle la ralingue doit être cousue et qui doit coïncider avec la ligne qui réunirait le point de contact qu'auraient avec le ballon les tangentes qu'on pourrait lui mener de la nacelle.
Pour relier cette ralingue à la nacelle on a également renoncé à se servir de cordages en chanvre. La surface offerte à la résistance de l'air par le chanvre constitue un obstacle très appréciable à la marche du ballon.
Aussi a-t-on remplacé partout dans la construction des dirigeables les cordes de chanvre par des fils d'acier, analogues aux cordes des pianos. Ces fils ont le double avantage d'être très fins, c'est-à-dire d'offrir à l'air une surface très petite et d'être très résistants, puisqu'un fil d'un millimètre carré peut porter plus de 100 kilogrammes sans se rompre. On en fait même aujourd'hui qui arrivent à porter près de 200 kilos. Toutefois ces avantages sont compensés par ladifficulté de relier ces fils entre eux et de les fixer sur la ralingue, mais cette difficulté de construction est vaincue par l'habileté des ingénieurs. Il est évident que dans un dirigeable on n'a plus pour la répartition du poids sur l'enveloppe la régularité naturelle que l'on a dans un ballon sphérique. Il faut donc calculer cette répartition avec le plus grand soin, et c'est de cette répartition que dépend la solidité du ballon et par suite la sécurité des aéronautes.
La disposition de l'ensemble des suspentes doit être une figure indéformable et, par conséquent, elle doit former un ou plusieurs triangles, car on sait que les quadrilatères (carrés, rectangles, parallélogrammes, trapèzes) sont par essence des figures déformables, tandis que les triangles ne le sont pas. L'ensemble des fils de suspension doit donc être disposé de manière à former une série de triangles.
La poutre armée. — C'est Dupuy de Lôme qui, le premier, a signalé ces conditions importantes. Toutefois il faut remarquer en outre que les conditions
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