LES STABILISATEURS
Nécessité d'une nacelle allongée. — Les nacelles ne peuvent pas non plus avoir la même forme que celles des ballons sphériques. Il est certain que la résistance de Tair impose et donne à la nacelle une forme allongée et la nacelle retrouve ainsi dans le ballon dirigeable l'origine même de son nom, parce qu'elle arrive à ressembler à un bateau, dont elle prend la forme. Mais, de même qu'il y a des bateaux courts et des ballons longs, de même il y a des nacelles de dirigeables courtes et des nacelles longues; et celle du dirigeable F7'«wce, construit et expérimenté en 1886 par le colonel Renard et qui pour la première fois réussit à accomplir en l'air, audessus de Paris, un voyage suivant un circuit fermé et à revenir seul à son point de départ, est le type des nacelles longues. La nacelle du ballon Lehaudy est beaucoup plus courte, mais cependant sa forme générale est toujours oblongue, et dans bien des cas, pour faciliter le glissement des molécules d'air le long des garde -fous de ladite nacelle, on garnit
iSZ BALLONS, DIRIGEABLES ET AÉROPLANES
ceuic-ci de toiles, sur lesquelles Tair glisse avec facilité.
Position de l*liélice. — Quant à Thélicc, la position qu'elle doit occuper est un des points délicats dans la construction d'un dirigeable. Théoriquement son arbre devrait être dans l'axe du ballon, mais cette disposition est presque impossible à réaliser. Aussi se borne-ton à chercher à la rapprocher autant que possible de l'enveloppe, pour éviter le déversement; mais ici se placent deux conditions contradictoires. Si l'on place la nacelle très près de l'enveloppe, on s'expose au danger causé par le voisinage d'une masse d'hydrogène et d'un moteur qui peut l'enflammer. Si l'on place la nacelle très bas, on augmente le déversement. C'est à la sagacité de l'ingénieur qu'il appartiendra de trouver la position intermédiaire la plus avantageuse.
Quant à la position de l'hélice, une fois la hauteur fixée, ici encore il y a à discuter. Le commandant llcnard place l'hélice à l'avant du système, tandis que Giffard et Tissandier l'ont mise à l'arrière; d'autres, comme l'ingénieur Julliot, emploient deux hélices symétriques, placées de chaque côté de la nacelle, vers le milieu du ballon. C'est à l'expérience seule qu'il appartiendra de nous dire quelle est la meilleure de ces dispositions.
Un organe essentiel du dirigeable est le gouvernail. liC rôle du gouvernail sur un ballon est le même que sur un navii'c. Suivant qu'on incline sa surface à
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LÀ NACELLE. — LE GOUVERNAIL 185
gauche ou à droite, le ballon se dirige vers la gauche ou vers la droite. Ses dimensions doivent être calculées en tenant compte de la vitesse qu'on veut imprimer au ballon, en tenant compte aussi de la grandeur de celui-ci, et il doit être placé contre l'enveloppe et non contre la nacelle. Il doit être mû par des fils d'acier, obéissant à un organe de direction placé dans la nacelle, et ces fils doivent être disposés de telle sorte que rien ne puisse gêrier leurs mouvements ni les faire mouvoir accidentellement. Remarquons que, comme dans les sous-marins, on peut adaptera un dirigeable des gouvernails horizontaux, c'est-à-dire des plans qui, primitivement horizontaux, peuvent s'incliner au-dessus ou au-dessous de leur position première. On peut ainsi, quand le dirigeable est en marche, obtenir de petits mouvements d'ascension ou de descente, sans faire la manœuvre du lest ou de la soupape. Il ne semble pas, jusqu'à présent, qu'on ait tiré un parti suffisant de cette disposition indépendante des gouvernails horizontaux et verticaux.
Les stabilisateurs. — Les ballons dirigeables sont munis de plans fixes que l'on appelle stabilisateurs. Ces plans ont pour objet principal de présenter à l'air une large surface, lorsque des mouvements imprévus de tangage ou de roulis viennent afl*ecter le ballon. Ils sont donc disposés de façon à présenter leurs tranches au vent pendant la marche, et au contraire à présenter toute l'étendue de leur surface
IhQ dallons, dirigeables et ABROPLA.'OLS
ilnn^i le cas d'un mouvement latéral, auquel, aiosi,
ilH Icnilcnl à s'opposer.
Ci:s Htaltilisaleurs se voient très bien sur le ballon Lebaudy. 11 y a d'abord un grand pian horizontal au-d'isHu» de la nacelle, et, tout à l'arrière du ballon, une sorle de queue, dcssinëe par quatre ailettes, deux verticales et deux horizontales. Dans le ballon ViUc-dc-l'aris, construit par M. Deutsch de la Meurlhe, le stabilisateur d'arrière a été réalisé d'une fa!;o[i singulièrement ingénieuse, en remplaçant les quatre ailettes du ballon Lebaudy par un système (le huit cylindres allonges, accoupIés"iieux à deux à l'arrière du ballon. Ces cylindres sont gonflés d'hydro(;ènn, dont la force ascensionnelle contre -balance leur poids. On a ainsi un stabilisateur qui ne surcharge en aucune façon l'aérostat dont il fait partie.
Dimensions et prix des dirigeables. — Les dirigea-
bli's iiioderiu's.du moins ceux qui ont donné de bons résultiils, sont tous des ai5rostats de grandes dimensions : nous avons insisté, en effet, sur les avantages qu'ulTraiont les ballons de gros cubes, La France, de lU'iiard, avait 50 mètres de long sur 8'",40 de largeur niaximii ; le Lebovdy avait 58 mètres de long sur iV".80 di- diamètre, et cubait environ i.30O mètres 1 iilii's ;la Ville de l'a lia aunelongvieurde63mètres -m- 10 luèliv-; de larsre. el cube 3.:ill0 mètres ; \e Zep- ,. ■lin. lulli.n allemand, lo i:i\,nt des dirigeables ac- (iii'ls, cubant dnme miHe incfres, a 1S8 mètres de b.iii; sur ll"'.tîj de diamèlre; seuls les ballons do
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LA NACELLE. — LE GOUVERNAIL
M. Santos-Dumont fuçent de petite taille : son n° VI avait 33 mètres de long sur 6 de large et ne cubait que six cents mètres. Quant à la Patrie, de l'ingénieur Julliot, qui débuta si brillamment et alla se perdre dans l'Atlantique au cours d'un ouragan qui l'emporta, il cubait près de 3.000 mètres. Ajoutons qu'un dirigeable comme la Pairie ou la Ville-de- Paris coûte entre deux cent et trois cent mille francs.