‹ Balochard, ou, Samedi, dimanche et lundiChapitre 29 sur 60 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ADRIENNE, BALOCHARD, GAMBIN, endimanché, plutôt en élégant de mauvais goût qu'en ouvrier; il entre en sautillant et en chantant; il fait sauter une pièce de cent sous dans sa main.

OdMBIH, chantant.

L'oncle a lâche' cent sous,

La brique don dpine, C'est uoe bonne aubaine, Divertifiseot-Dous.

L'oncle a lâché cent sous... oub !

BALOCHAXD.

Eh ben! qu'est-c'que tu as donc? est-c' que t'as été mordu par des z'hannelons?

GAMBIN.

0 le meilleur des oncles ! le meilleur des troîs seconds pères que la nature m'a fait cadeau qnelle caroite je t'ai tirée là. \A Adnenne;) Mamsellc, je vous présente mes civilités.

ADRIENNE

MoDsteor, je vous salue.

GAMBIN.

J'espère qu'avec le temps vous c^mprsmire les intentions de monsieur voire père. Magine-toi, Balochard, que je me trouvais ce malin privé des fonds nécessaires pour le piqu'nique de Syracuse.

Je connais ces inconvéniens-Ià.

GAMBIN.

Rt viii'iu, un lyrique, un étève de fialoetaird

iî

MAGASIN THEATRAL

est incapable de faire un pouf pour le liquide et la consommation.

BALOCIIARn.

Incapable !

Ailiiennc se mi-t à ranger la rlianihrp. GAHBIN.

Qu'est-ce que je me dis? je m' dis: Gambin, tu as trois oncles, tous trois irès-pince-maille ; fouille dans leur cœur pour voir s'il y a quelque chose... Je me mets dans toute ma beauté, et je vas chez mon oncle Antoine, le plus cossu, pas mal sourd; je lui dis: Noncle, c'est pas tout ça, il s'agit d'une souscription pour les bergers de Syracuse... Tu vas trop rire ; avec sa patraque d'oreille il est trèspatriote, il entend les blessés de Syracuse, il lâche la roue de derrière plein de bienfaisance... la v'ià, et si tu veux, je paie le blanc au profit des Grecs.

Ta famille est très-respectable.

GAMBIN.

Ils en ont là, en bas, à la Biche, un petit vin blanc pompadour, que t'en seras amoureux.

// chante :

Petit blanc, mon bon frère...

Ahl petit vin blanc si doux...

BALOCHARD, l'interrompant et lui montrant

Advienne.

Tais-toi donc, ne l'éventé pas.

GAMBIN, à part.

T'as raison; connu, connu; laisse-moi faire.

[Baut.) Eh bienl ta barbe n'est pas encore faite,

un dimanche?... Tu ne viens pas chez le Figaro?

Il fait signe de boire.

Tiens! j'y pensais ! [A part.) Est-il fin ce rat-là! n'y a pas de souris pareille... que rat! que rat!

ÂDRIENNE.

Ne soyez pas trop long-temps, mon père.

Ah! mon Dieu, non... seulement d' av.. . j'veux dire d'aller et revenir.

GAMBIN, à Advienne.

Mamzelle Adrienne, j'aurais bien des p'tites choses à vous dire... mais le sentiment délicat, hein?...Etpourle reste, je m'en réfère aux intentions de monsieur votre père, qui me convient sous tous les rapports. [Faisant un nouveau signe de boire.) Houp ! chez le notaire.

GAMBIN et BALOCHAED.

Air : Petit Blanc.

Petit blanc, mon bon frère...

Ah ! petit vin blanc si doux, "Viens remplir notre verre !>• tw Jolii glougloUi.o

tu têHêM,

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SCEiSE V.

ADRIENNE, seule.

Que veut-il dire? est-ce que, par hasard, mon père songerait sérieusement à ce mariage? Oh! cela! jamais, par exemple... certainement je n'aime personne... mais ce mauvais sujet-la, je le déteste. Pauvre père! c'est lieureux pour lui encore qu'il soit insouciant... mais il faudra bien lui dire pourtant notre cruelle position... Si M. Victor ne l'avait pas renvoyé, il n'aurait rien su. Mais pourquoi donc le nom de ce M. Victor me revient-il sans cesse? Est-ce que je l'aimerais, mon Dieu! Oh! non, non. {Après une panne) Rien a la maison ! comment faire? comment faire? Que je suis donc malheureuse! Et cependant si je perds courage, qu'est-ce que nous deviendrons tous? Ah! monsieur Victor! mon père! mes pauvres petits frères !

Elle se rassied, prend son ouvraoe et travaille avec ardeur.

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