IV AVANT-PROPOS
bien les femmes î s'écria une jolie personne placée à côté de lui.
— Si bien, répondit Balzac en souriant, que rien qu'en les regardant un instant, je pourrais raconter leur histoire depuis le jour de leur naissance. Voulez-vous que je vous dise la vôtre, madame?
— Oh ! pas tout haut, exclama l'étourdie, en reculant avec effroi.
Et tout le monde de rire autour d'elle.
Oui, Balzac connaissait bien les femmes ; quand on est curieux de sincèrement le posséder, il faut l'étudier dans ses rapports avec celles-ci. Alors combien l'homme intime paraît différent du type raconté par les biographies courantes ! Mais, si l'auteur de la Comédie Humaine a bien peint les femmes, c'est qu'il les a tendrement aimées, et que lui-même a été beaucoup aimé par des femmes de cœur et d'intelligence.
Entendons-nous : Balzac , malgré son enveloppe épaisse, son tempérament sanguin, sa gaielé grasse, fut toujours dans ses amitiés féminines un sentimental, presque un platonique.
Chez lui, le cœur dominait les sens ; il avait