AVANT-PROPOS V
la galanterie banale en horreur ; et il regardait comme avilissant tout plaisir qui ne dérive pas, ne retourne pas à l'âme.
Voici une réflexion sur lui-même qu'il envoyait à madame Hanska, dont il était tendrement épris, et dont il devint l'époux après seize ans d'une amitié passionnée. Cet aveu à la femme aimée fera peut-être sourire quelques-uns :
« Les amitiés d'épiderme ne me vont pas; elles me fatiguent et me font sentir plus vivement quels trésors renferment les cœurs qui veulent bien m'abriter. Je ne suis pas Français dans l'acception légère de ce mot. »
Une telle réflexion éclaire le caractère, les mœurs, la vie d'un homme.
Ces affections féminines furent la grande consolation de l'existence si tourmentée du romancier; elles relevèrent souvent son courage abattu ; et adoucirent les amertumes de sa destinée. Maintenant, disons les noms de ces femmes d'élite.
Ce furent, d'abord : madame Surville , — sa sœur ; — madame de Berny, madame Carraud ; puis viennent la duchesse d'Abran-