‹ BalzacChapitre 23 sur 45 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

sa langue ; même il la savait aussi bien que personne j seulement il l'employait à sa façon. »

Ainsi conclut Taine sur le style de Balzac. Toutefois il faut avouer que cet éloge, très juste d'ailleurs, a besoin de quelque tempérament. Balzac écrivait très vite, et il a pris parfois trop de libertés avec les règles grammaticales et l'usage courant, sans raison suffisante. Par contre, les dissertations philosophiques, religieuses, morales, sociales, sont souvent d'une forme trop travaillée, artificielle, « ciselée, léchée, » et certaines phrases approchent du galimatias. Il lui arrive aussi, quand il fait parler des jeunes filles, fleurs de gentillesse et de pureté, de ne pas trouver l'expression qui convient à leur délicatesse.

Mais hors ces tâches après tout assez peu importantes dans une œuvre si grandiose, le style de Balzac est d'un écrivain de race ; il possède cette qualité que nous considérons de plus en plus comme la fondamentale : intime adaptation de l'expression au public, au sujet, aux personnages et au milieu.

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