BALZAC PHYSIOLOGISTE ET OCCULTISTE
lin s est parfois étonné de la précision avec laquelle l'auteur du Père Goriot a décrit certaines espèces morbides '-'. exposant, avec la rigueur d'un clinicien, les symptômes, la marche el le dénouement d'une maladie.
3i a médecins, a écrit Taine3, n'ont pas de plus grand plaisir 'i'"' la découverte d'une maladie étrange ou perdue : il est médecin el fait
comme eux... Il commençait à la façon non des artistes, mais des savants. Au lieu de peindre, il disséquait il n'entrait point au premier saut, et violemment, comme Shakespeare et Saint-Simon, dans l'àme de ses personnages : il tournait autour d'eux, patiemment, pesamment. en analomiste, levant un muscle, puis un os, puis une veine, puis un nerf, n'arrivant au cerveau qu'après avoir parcouru le cercle entier des organes et des fondions... Il montrait la structure des mains, la cambrure de 1 échine, la courbure du ne/, l'épaisseur des os. la longueur du menton, la largeur des lèvres. Il comptait ses gestes, ses clignements d'yeux, ses verrues... Il y avait en lui un archéologue, un architecte, un tapissier, un tailleur, une marchande à la toilette. un cominissaire-priseur, un physiologiste '■■
' Dans un article de la Jeune France que son auteur apcul-étre lui-même oublié. .Iules Clarelie a écrit cette phrase, qui pourrai! nous servir >t épigraphe : « Balzac était, à mon avis, plus qu'un romancier et un littérateur: il était vraiment un médecin. »