‹ Balzac ignoré (volume 2)Chapitre 15 sur 16 · AUTOGRAPHE DU PÈRE DE BALZAC · texte numérisé non relu

AUTOGRAPHE DU PÈRE DE BALZAC

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• Les années se | - leur d'hôpital voisinent

comme par le passé. L'n matin, le directeur arrive chez Girand, tout bonlever- V - - ; pelez mon histoire de la soeur de Balzac, he

- ne savez pas ce qui vient de m arriver • Balzac m'a fait demander

aujourd'hui... Je l'ai trouvé mourant, ainsi que les journaux l'annonçaient :

r, s'est- -n me voyant. . le femme, pour

laquelle vous êtes venu me demander un cercueil, n'était ; ur ..

Mioi qui ai menti ; j'ai voulu vous avouer cela avant de mourir... »

On a mis en doute la véracité d >mme

aussi ta version rapportée par Arsène Houssaye. Voici ndanl

- lotion de cette énigme, un documenl qui aidera peu) déchiffrer : ce documenl es! • xtrail do /■'

« Du onze novembre mil huit cent einquan

tés de Jeanne Balzac, ' n quart de

inklin. i ,'iopri(lai> , mariée à M

ms. propriétaire, i Toulouse [Haute-Garon-

i du pire et h mère de la défunte,

tous deux e indiqués, sur la déclaration de il. Jean-

Pierre Bagnèrt - nquanle-quatre ans. rentier, demeure

rue Franklin. ;»• 8. gendre d

■ nU-quatr ilier. dem ■ \ - ■

relie. tin par alliance, constaté par nous l .' tunt Dau-

assui \rants oni sigm

nous,

Sigu (ÈRES

Im viRcvE, maire provisoire. »

S i de la personne donl a parle Arsène lli":--

Mais alors quelle explication donner de la scène de l'taôpil ji'ii ?

Enfin, qui signii -• . de la lettre du père de Balzac, dont

nous avons en main l'autographe original, daté du 26 décembre 1810 :

v - enfants comblent nos désirs. Laure, qui a vu expirer

1 II a été reproduit -"I

sur ses bras sa sœur, n'est pas très bien depuis : elle a besoin des plus extrêmes ménagements. Sa maman est bien triste... »

Qu'est-ce encore que cette sœur de Balzac, morte en bas âge. et dont aucun biographe du romancier n'a parlé ?

Mais il reste un autre problème à résoudre : dans une lettre de Balzac à sa sœur Laure, publiée par M. de Lovenjoul1, il est fait allusion a une récente paternité du romancier.

« (.Mtepeut être devenue cette enfant, une fille nommée Marie, si nous ne nous trompons, écrit à ce propos l'érudit bibliographe de Balzac? Aucun indice sérieux n'existe, à notre connaissance, qui permette d'en rechercher la trace avec quelque chance de succès. » Et M. de Lovenjoul ajoute un peu plus loin :

« Sans appuyer sur un sujet aussi délicat, disons cependant que le grand Honoré a laissé, paraît-il. d'autres héritiers, sinon de son nom. du moins de son sang. Un fils, mort longtemps après lui, et une Dlle, décédée depuis peu d'années, n'étaient pas ignorés, semble-t-il, d'un livs petit nombre de ses amis. Enfin, il perdit encore, en novembre 1846, une petite fille, née à six mois. La naissance de cette enfant donna lieu à l'un des grands drames inconnus, dont le célèbre romancier l'ut le héros, et les rapides progrès de sa maladie de cœur ont même été dus en partie à celte terrible aventure5. »

A notre tour, nous posons la question, faute de la pouvoir résoudre.

Que reste-il, à l'heure actuelle, de la descendance et des alliés de Balzac ?

La sœur aînée. Laure, mariée àM. Surville, ingénieur, laissa, seule. deux enfants, deux tilles, mortes aujourd'hui.

L'aînée, Sophie, bonne harpiste, après un mariage malheureux, tiuil institutrice chez M. Martin idu Nord), ancien député. glle mourut sans postérité.

La cadette. Valentine, qui épousa, en 1859, M. Louis Duhamel, avocat à celte époque, plus tard secrétaire du président de la République M.i.revy. est morte aussi depuis deux ans. Balzac lui reconnaissait de la littérature. 11 paraît qu'elle avait une voix de grande cantatrice3. C'est Valentine Surville qui. en collaboration avec sa

1 Un Roman d'amour, par M. le vicomte S. de Lovenjoul. p. '.'2.

- De Lovenjoul. of. cit., p. 94.

: Article de J. Ghristophe, dans la Revue indépendante, 1884.

bobut ainée, Mme Sophie Mallet, après avoir été durant -;i jeunesse le seorétaîre de smi oncle, dont elle recopiait 1rs manuscrits, eut le grand honneur el la charge de publier une partie de la <

d'Honoré de Balzac. Kllr eut de son mariage deux enfants : une lille. qui est devenue M"" Pierre Carrier-Belleuse, femme de l'artiste bociélaire du Champ de Mars et un Bis, publiciste distingué.

Laurence, qui é| sa M, de Montzaigle, en eul deux lils : 1° Alfred,

qui fut l'intime île Musset, dont il partagea les folies el mourut à trente ans, '-ii 1852, sans avoir ni d'entants de son mariage avec M"' Conseil du Mesnil, tille du général de ce nom : 2° Alphonse, mort, en 1868, à Strasbourg, où il avait épousé M11, Caroline Jung. Il eul trois enfants dont un seul survit, Paul de Montzaigle, ingénieur des ponts el chaussées, à Ismallia.

Après la mort de Laurence, M. de Montzaigle se remaria avec Mlle Moi rau : d>' ce second mariage naquit le père du peintre Edgar de Montzaigle.de la Société nationale des beaux-arts, el son frère Henri qui habite Bordeaux1.

M. Surville-Duhamel, avec son cousin de Mont/aigle et M""" Pierre Carrier-Belleuse. sont 1rs seuls descendants directs d'Honoré de Balzac, ses petits-neveux el petite-nièce.

Ajoutons, pour ne rien omettre, qu'il esl né il j a cinq ans. une arriere-petite-nièce de Balzac. Mlle Pierretle-Valentine Carrier-Belleuse. M. de Montzaigle a également une petite lille.

Quant à M""' Honore de Balzac, la femme du romancier, elle esl morte en 1882: elle avait une lille. mariée au comte Georges Mnizech.

qui est mort fou un peu avant sa belle-mère. La veuve a abandoi

l'hôtel de la ci-devanl rue Fortunée, vendant tout, el vit, quelque pari dans Paris, des débris de sa fortune

1 Eclair, du 26 mai

oi ELQUES OPINIONS DE BALZAC SI H LE MAGNÉTISME ET LES SCIENCES OCCULTES

Les phénomènes du somnambulisme, à peine Boupç tés de Met

mer. tarent dus à MM. de Puységur el Deleuze ;mais la Révolution mit à ces découvertes un temps d'arrêt qui donna gain de cause aux gavants et aux railleurs. Parmi le petit nombre des croyants se trou rèrenl « 1 • --^ médecins. • les dissidents tarent jusqu'à la morl persécutés par, leurs confrères.

Les docteurs qui tenaient pour L'hérésie mesmérienne, en 1820, ces prétendus hérésiarques étaient encore l'objet de cette proscription

sourde. Les malheurs, les m-a^es de laltévnlutinn n'éteignirent pas cette haine scientifique. // n'j/ a que tes prêtres, 1rs magistrats et les médecins pour haïr ainsi. La robe est toujours terrible.

L'histoire étrange des apparitions du Fermier Martin '. si l> i.- n constatées, et l'entrevue de ce paysan avec Louis XVIII ; la connaissance des relations de Swedenborg avec les morts, si sérieusement établie en Allemagne ; les récits de Walter Senti sur les effets de la seconde oue : l'exercice des prodigieuses racultés de quelques diseurs de bonne aventure, qui confondent en une seule science la chiroman

rie. la earli ituaueie el l'horOSCOpie : les laits de catalepsie et ceu\ de

la mise .'ii œuvre des propriétés du diaphragme par certaines affec tions morbides : ces phénomènes au moins curieux, i"us émanés de

lam^mo source, sapent bien des doutes emmènent les plus indifférents sur le terrain des expériem

La croyance aux croyances occultes esl bien plus répandue que ne se l imaginent les savants, les avocats, les notaires, les médecins les

i Martin de Gallardoo.

magistrats et les philosophes. Le peuple a des instincts indélébiles. Parmi ces instincts, celui qu'on nomme si sottement superstition est aussi bien dans le sanj; du peuple que dans l'esprit des gens supérieurs. Plus d'un homme d'Etat consulte, à Paris, les tireuses de cartes '.

lien est des sciences occultes comme de tant d'effets naturels, repoussés par les esprits forts ou par les philosophes matérialistes, c'est-à-dire ceux qui s'en tiennent, uniquement aux faits visibles, solides, aux résultats de la cornue ou des balances de la physique et de la chimie modernes ; ces sciences subsistent, elles continuent leur marche, sans progrès d'ailleurs, car, depuis environ deux siècles, la culture en est abandonnée parles esprits d'élite.

En ne regardant que le côté possible de la divination, croire que les événements antérieurs de la vie d'un homme, que les secrets connus de lui seul peuvent être immédiatement représentés par des cartes qu'il mêle, qu'il coupe et que le diseur d'horoscopes divise en paquets d'après des lois mystérieuses, c'est l'absurde : mais c'est l'absurde qui condamnait la vapeur, qui condamne encore la navigation aérienne, qui condamnait les inventions de la poudre et de l'imprimerie, celle des lunettes, de la gravure, et la dernière grande découverte, la daguerréotypie. Si quelqu'un fût venu dire à Napoléon qu'un édifice et qu'un homme sont incessamment et à toute heure représentes par une image dans l'atmosphère, que tous les objets existants y font un spectre saisissable. perceptible, il aurait logé cet homme à Charenton, comme Richelieu logea Salomon de Caus à Bicêtre, lorsque le martyr normand lui apporta l'immense conquête de la navigation à vapeur. Et c'est là, cependant, ce que Daguerre a prouvé par sa décou-

1 Balzac lui-même ne dédaignait pas d'y avoir recours ; dans une lettre à Madame HansUa (16 juillet 1841), il dit littéralement : « Le sorcier ne m'at-il pas dit que dans six semaines, je recevrais une lettre qui changerait toute ma vie, et. dans les cinq combinaisons qu'il a faites, cette nouvelle a toujours reparu ! .le vous raconterai quelque jour cette séance et je vous ferai bien rire. ■> Revue de Paris, \" mai 1899, p. 103.

- ion —

verte. Eh bien, si Dieu a impri , pour certains yeux clairvoyants,

la destinée de chaque homme dans sa physionomie, en prenant ce mol comme l'expression totale du corps, pourquoi la main ne résumeraitelle [M-- la physionomie, puisque la main est l'action humaine tout entière el son seul moyen de manifestation ' De là la chiromancie

L'époque n'est peut-être pas éloignée ou la science observera le mécanisme ingénieux <le nos pensées H pourra saisir la transmission de nos sentiments. Quelque continuateur des sciences occultes prouvera que l'organisation intellectuelle esl enquelque sorte un homme intérieur qui ne s,- projette pas avec moins de violence que l'homme extérieur, <•( que la lutte qui peut s'établir entre deux de ces puissances invisibles à nus l'ail îles \.'|1X. n'est pas moins mortelle que les combats auxquels nous nous livrons.

Peut-être reviendra-t-on quelque four aux sciences occultes.

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