Claretie, La Vie à Paris, 1883, p
,'/ tes assassinats avril 1807) ' : enfin el surtoul une Histoire de In rnt/i' 1819), donl nous voudrions dire quelques mots
Nous possédons un exemplaire de cette brochure, devenue
très rare, el nous avons mên u la bonne Fort l'j trouver
un autographe du père de Balzac qui, sans doute, \ aura été oublié par mégarde. Outre qu'il is confirme dans nuire conviction, basée sur d'autres documents, que le père de Balzac signai! bien Balzac, toul court, il nous révèle cette particularité que la Famille >ln philanthrope se composai) de cinq enfants el uon de quatre, comme on le croit générale menl : mais u'anticipons pas.
Cette brochure sur la rage est d'i lecture For! instructive.
Des idées qui y sont émises, toutes ne soal pas à l'abri de lu discussion. Ainsi, par exemple, il sérail hasardeux dr prétendre aujourd'hui que la cautérisation an Fer rouge de la plaie produite par la morsure d'un chien enragé, même quand cette plaie a saigné ri (|n on l'a, au préalable, lavée avec de la lessive de
- le ; il serait, disons-nous, téméraire de dire que ce soit là un
traitement efficace contre la rage : nous avons actuellement rei-fiur- à la méthode Pasteur qui nous donne plus de sécurité.
1 V. Intermédiaire, 10 avril ls7l.
1 In peu plus tard, en 18)6, Balzac père publia une brochure intitu- Opuscule sur la statue équestre que les Français doivent faire ériger pour perpétuer la mémoire de Henri IV. Comme on l'a fait justement remarquer (Souvelle Revue, /oc. Cit.), l'article Sur la destruction projetée du monument élevé au Duc de Berry, publié le 31 mars ls:!2, par le romancier Honoré de Balzac dans une revue légitimiste est bien dans le même courant d'idées.
Mais ce n'est pas tout : en l'année 1S09, il fit imprimer à Tours, chez Marne, son imprimeur habituel, une nouvelle brochure Mémoire sur deux grandes obligations a remplir par les Français. A en Croire UD bibliographe, qui a tenu la brochure en main, l'auteur expose les raisons qui doivent déterminer ses concitoyens à faire construire un monument national à Napoléon ; il termine par un exposé de la situation de l'Europe, de 17 y.» a 1809, et de la France en particulier.
Cette opinion conllrme le dire d'un érudit. M. de Monmerque, qui alllrmait que la première idée de i \r< de triomphe de l'Etoile étall due au de Balzac.
Mais on ne pouvait raisonnablement exiger plusà l'époque où écrivait le père Balzac.
Celui-ci avait, par contre, bien fail ressortir les dangers que présente notre trop grande intimité avec l'animal ami de l'homme qu'on nomme le chien '.
« Le chien, dit-il, s'est multiplié à l'infini parmi nousel les accidents de rage se sont propagés dans la même proportion que la progéniture canine a foisonné. » Kl il arrive presque & cette conclusion qu'il faut les massacrer tous, si «'est nécessaire pour sauver une seule existence humaine.
Balzac s'élève égalemenl avec une grande force contre la coutume barbare, encore en usage de nos jours, en certaines contrées, d'étouffer les enragés sous des matelas-'. Il raille égalemenl cette pratique superstitieuse, reliquat <lu paganisme, qui consiste a mettre dans la bouche du défunt une petite pièce de monnaie, sans doute a tin que le nocherCaron l'admette dans sa barque 8.
Il établit la statistique des personnes mortes de la rage et il estime qu'il n'y en a pas eu. depuis le commencement du monde. moins d'un million, qui aient succombé .1 celte maladie. I. ou- \ rage se termine par un curieux « Projel de loi pour la taxe canine », suivi ■• d'Observations sûr le mode d'exécution •• qui, mé à l'heure actuelle, ne paraissent pas dépourvues de bon
sens. .Nous n'avons pas CU le temps d'en l'aire la vérification, mais il non- semble que l'impôt sur les chiens n'existait pas au siècle dernier : le père de Balzac pourrai! bien être le premier à l'a\ oir proposé .
N'est-ce pas qu'on se rend mieux compte, quand on connaît
1 D'après Balzac, le chien ne propage pas seulement la rage, mais il est encore le véhicule de la peste. (V. Histoire de la Rage, p. 31-36.) - Histoire di la Rage, pp. 20, VI et 24 (nui. 1 Idem, p. 23 (note).
la biographie «lu père de Balzac, dé la puissance de o :eption,
« I « - la fertilité d'imagination du génial créateur des types de la Comédie humaine ? C'est notamment dans le Médecin de campagne, dans le Curé de village deux ouvrages capitaux delà Comédie humaine, qu'on retrouve I empreinte d'un père réformateur; tandis que Seraphitua-Seraphita, Louis Lambert aocu senl plutôt la griffe maternelle.
La mère do Balzac a eu certainement sa pari d'influence sur l'œuvre de ion fil-, mais ce fui une influence moins profonde
(| l'Ile ilu père. Très pieuse, préoccupée d'idées mystiques,
\| Balzac ;i\;ii| formé une bibliothèque composée des œuvres de Saint-Martin, de Swedenborg, de Jaeob Buchni, que le lil>. dans sa rage immodérée de lecture, parcourut, el donl vraiBemblablemenl il s'entretint avec les membres de sa famille. Balzac se dégagera plus tard, fondra en un toul l'éducation paternelle el maternelle, en \ joignant des trésors d'observations accumulées ; mais le mysticisme de la mèrp s'effacera au soleil desgaités rabelaisiennes ci il ne restera au romancier qu'un fonds du croyance pour les phénomènes magnétiques, très utile d'ailleurs en sou ;i it '.
Lu mère de Balzac s'appelait, de son nom de jeune fille, Laupe
Sallambier. Elle n'était âgée <\ le dix-huil ans quand elle
épousa, en janvier 1797, Prançois-rBernard Balzac, quinquagénaire : elle ;i\;iil donc trente-deux ans de moins que Bon mari. C'était, éminemment, mu' nerveuse, lui un sanguin : or, le
tempérament d'Ho 'é lui incontestablement nervoso-sanguin.
M. Sallambier, le père de M™ Balzac, étail directeur des li"|ii-
taux de Paris : il j a, à I Hôtel-Dieu, Salle Sallambier, ;'■ lui
consacrée.
Honoré lui conçu à Paris, puisqu'il esl né le 20 mai lT'.i'.i cl que -"ii père ne fui envoyé a Tours qu'aux premiers i- de
'Champfleury, article de la Nouvelle Revue I h
cette même année. Honoré de Balzae est donc bien Parisien par sa mère, Languedocien par son père1, plutôt que Tourangeau, puisque des circonstances fortuites seules Ton! fait naître à Tours, La ville de Tunis aurait dune, nous le répétons, moins de droits que Paris à faire sien ce grand génie d'essence et d'origine indiscutablement parisiennes8.
•Le père de Balzac était très infatué de son origine méridionale : a EU bien, oui, je suis Gascon, disait-il en se rengorgeant, mais je suis beau comme un marbre et fort comme un arbre. » 11 est de fait qu'il mourut nonagénaire, et que, sans un accident de voiture, il eut peut-être atteint et même dépassé ia centaine. Il était tellement convaincu de sa longévité. qu'à l'âge de quarante-cinq ans, comme il était encore célibataire et ne comptait plus se marier, il avait placé une partie de sa fortune en viager, moitié sur le Grand-Livre, moitié sur la caisse Lafarge, qu'on fondait alors, et dont il devint un des plus forts actionnaires. En 1£27, quand il mourut, à lïige de quatre-vingt-trois ans, il touchait 12.000 francs d'intérêts.
Nous donnons ci-après son acte de décès, tel qu'il a été publié dans le ournal Le Curieux, t. I, p. 26S (Cf. Intermédiaire. 1890, p. 620) :
ExTTUTT DU REGISTRE DES ACTES DE nÉCÉS I1E I.'.W 1S29. VU" UAIRIE.
Du samedi 20 juin mil huit cent vingt-neuf, heure de midi.
Acte de décès de Bernard-François Balzac, âgé de quatre-vingt-deux ans, né à Xougairie, département du Tarn, décédé à Paris le dix-neuf de ce mois, à quatre heures du soir, rue et quartier Sainte-Avoie. n° 4-, et demeurant habituellement à Versailles, département de Seine-et-Oise, rentier, marié à Anne- Charlotte-Laure Sallamtier. demeurant audit Versailles.
Sur la déclaration à moi faite par Henri-François Balzac, âgé de vingt et un ans révolus, employé, demeurant à Versailles, de présent à Paris, fils du défunt, et par Armand-Désirc-Michaut de Saint-Pierre de Mont^aigle, âgé de quarante-deux ans. employé supérieur des octrois de Paris, et demeurant barrière Mcnilmontant, 17 arrondissement, gendre du défunt.
Constaté par moi. faisant les fonctions d'officier public de l'état civil, et j'ai ainsi que les témoins signé le présent acte, le tout après lecture à eux faite. Signé: Balzac. — Michait de Saint-Pierre-de-Mohtzajgle. Et Tournaire, adjoint au maire.
sO. l'zanne, Les Zigzags d'un curieux, p. 156-157,