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MORT A PARIS LE 28 AOUT

Cette plaque commémorative a été posée aux frais dr» M. James Cane, par les soins de M. Brun, préfet d'Indre-et- Loire, et de M. Ernest Marne, maire de Tours.

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Puis M. et Mme Balzac achetèrent et habitèrent un hôtel (ancien 29 de la rue de l'Armée-d'Italie, aujourd'hui 53 bis de la rue Nationale). Cet hôtel est présentement occupé par l'imprimerie Juliot ; on a cru longtemps et à tort qu'Honoré y avait reçu le jour.

La famille Balzac est restée à Tours environ dixsept ans, période pendant laquelle le père a rempli avec distinction et dévouement les fonctions de deuxième adjoint au maire (de 1804 à 1808), et celle d'administrateur de VHospice général (de 1804 à 1812) (1).

Pour qui croit aux doctrines de l'hérédité et à l'influence de l'éducation et des idées familiales sur la tournure d'esprit des enfants, les détails qui vont suivre ne paraîtront pas superflus.

Le père de Balzac était une sorte de bourru (2)

(1) Tous ces détails sont empruntés à la substantielle brochure de M. le docteur A. Fournier.

(2) Nous n'en donnerons pour preuve que cette anecdote: Balzac père ayant appris la situation difficile de son ami le général de Pommereul, vint, un matin, trouver Mme de Pommereul ; avec ces façons brusques dont il était coutumier, il posa deux gros sacs sur une table, en disant : « Voilà ! on vous dit gênés par ici ! Ces dix mille écus vous seront plus utiles qu'à moi, je ne sais qu'en faire ! Vous me les rendrez quand on vous aura rendu ce qu'on vous a volé ! » Puis, laissant son argent, il prit la porte avec la prestesse d'un malfaiteur. Un trait de cette nature devait resserrer les liens

bienfaisant, un original qu'on eût dit écliappé de quelque conte hoffmannesque (1).

(( J'ai vu de près Honoré de Balzac, disait un joui* le vieux directeur du Corsaire-Satan (2) à un de ses rédacteurs ; c'était tout à la fois un homme remarquable et l'un de nos beaux toqués, comme on dit dans les grammaires du jour, mais le père d'Honoré de Balzac 1 Ah ! si vous aviez connu son père,

• d'amitié qui unissaient ces deux hommes ; ils devinrent et restèrent intimes. (Cf. Balzac en Bretagne (Paris 1885), par R. du PoNTAviCE de Heussey, page 8.)

(1) Le jour où il quitta le sein de sa nourrice — est-il dit dans une brochure sur le père de Balzac — on lui donna à boire du lait de chèvre, mais pris au pis de la bête ellemême. Sous l'ancien régime, surtout dans le Midi, cette nourriture lactée était une règle d'hygiène dont on s'est peut-être trop écarte depuis. « Il est certain que le nourrisson y a rencontré, ajoute M. Audebrand, comme une source de forces nouvelles. Est-ce de là que lui est venu l'esprit capricant et fantasque qu'il a si souvent manifesté ? On serait tenté de le croire... » Mémoires d'un passant, p. 85. « J'ai vu son portrait, écrit d'autre part M. J. Christophe, dans le costume de ses fonctions républicaines ou impériales : habit bleu foncé h

• broderies blanches, à peu près comme les intendants militaires d'aujourd'hui, portefeuille rouge sous le bras, plume d'oie emphatique à la main, figure ronde, colorée, sans barbe, favoris en nageoire, petite bouche, petit nez, cheveux bruns coupés à plat jusqu'au tiers du front, yeux noirs, brillants, très méridionaux. Voir naïvement avantageux.., » Revue indépendante, 1884, p. 503-504.

(2) Le Poitevin Saint-Alme.

[Colleciion P. Carrier- Belle use), LA MÈRE DE BALZAC

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qu'eussîez-vous dit ?» ; et là-dessus, il faisait, avec force gestes, le portrait d'un excentrique de haute volée (1).

A entendre ce contemporain de l'homme dont il fixait la silhouette avec tant de vigueur, le père Balzac était « coulé dans un bon moule ». Il tenait à la fois du Romain, du Gaulois et du Goth et avait les attributs de ces trois races : la hardiesse, la patience, la santé (2).

Il s'affirmait à tout venant un disciple de Jean- Jacques, considérant le retour à la nature comme la principale condition du bonheur. Il préconisait l'exercice, les longues marches à pied et s'interdisait tout excès génésique : son fils prétendra plus tard que la chasteté est indisipensable à l'homme de lettres.

(1) Philibert Audebrand, Les Mémoires d'un passant, p. 79.

(2) « Comme son père, qui mourut accidentellement plus qu'octogénaire, Balzac croyait à sa longévité. Souvent il faisait avec nous des projets d'avenir. Il devait terminer la Comédie humaine, écrire la Théorie de la Démarche, faire la Monographie de la vertu, une cinquantaine de drames, arriver à une grande fortune, se marier et avoir deux enfants, « mais « pas davantage : deux enfants font bien, disait-il, sur le « devant d'une calèche ». Tout cela ne laissait pas que d'être long, et nous lui faisions observer que ces besognes accomplies, il aurait environ quatre-vingts ans. — « Quatre-vingts ans ! « s'écriait-il, bah ! c'est la fleur de l'âge. » M. Flourens, aveu ses consolantes doctrines, n'eût pas mieux dit. » Th. Gautier, //. de Balzac, p. 110.

Le père de lialzac se flattait de n'avoir jamais consulté un médecin, ni fait gagner dix sous à un pharmacien (1). Etant très malade, espérant bien triompher seul de son mal, il tint à se droguer luimême : il faillit en mourir (2).

Il voulait qu'on fût habillé de laine en toute saison.

Il professait à l'endroit du mariage des opinions que, de nos jours, on ne serait pas loin de considérer comme subversives. « Quant aux jeunes gens qu'on marie, disait-il, c'est-à-dire qu'on destine à la propagation de Tespèce, ils ne sont assujettis à la formalité d'aucun examen. S'ils sont incomplets, scrofuleux, phtisiques ou imbéciles, n'importe : ils sont toujours bons à marier, et voilà pourquoi la race française s'en va. » C'est le même cri d'alarme qu'ont poussé naguère le docteur Toulouse et le regretté Henry Cazalis.

Mme Surville ajoute, sur son père, des détails qui ont leur intérêt :

(( Mon père, écrit-elle, se moquait souvent des hommes, qu'il accusait de travailler sans cesse à leur malheur ; il ne pouvait rencontrer un être dis-

(1) Il se vantait beaucoup do sa force, qui était réelle. (Th. Gautier, cité par Audeurand, p. 83-84.)

(2) Balzac en Brctiujnc, p. 45.

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