‹ Balzac ignoréChapitre 4 sur 17 · A TOURS · texte numérisé non relu

A TOURS

De Plmprimerie de IVIAME, me d'Indre et Loire, N.* 69.

Atrii. 1808.

(Collection de l'auteur)

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gracié sans s'indigner contre les parents et surtout contre les gouvernants, qui n'apportaient pas autant de soins à l'amélioration de la race humaine qu'à celle des animaux. Il avait, en cette matière fort scabreuse, de singulières théories, qu'il déduisait non moins singulièrement.

« Mais à quoi bon publier ces idées ? disait-il. On m'appellerait encore original (ce titre le courrouçait) et il n'y aurait pas un être étiolé, ni un rachitique de moins... Quel philosophe a jamais corrigé l'humanité, cette patrrque toujours jeune, toujours vieille, qui va toujours ?... Heureusement pour nous et nos successeurs ! ajoutait-il en souriant (1). »

Le père de Balzac ne se piquait pas seulement d'être hygiéniste, il avait encore abordé de front les plus grands problèmes de sociologie, avant Fourier, avant Saint-Simon. Il est intéressant de noter, à ce propos, que si, en sa qualité d'administrateur d'un établissement de bienfaisance, le père avait longtemps médité sur de graves questions sociales, le fils, préoccupé des mêmes problèmes, les a dramatisés dans ses études analytiques. « Les curiosités passionnées, les ardeurs réformatrices du fils se rc-

(1) V. un article de Champfleury, dans la Nouvelie Revue, 1881, p. 401.

trouvent ainsi dans les écrits, les idées, les polémiques du père (1). »

Comme son fils, Balzac père était omniscient: rien de ce qui touchait au sort de l'humanité ne lui était indifférent. On a de lui des mémoires qui ont trait aiix sujets les plus divers ; il suffira d'en donner rénumération : Mémoire sur deux grandes obligations à remplir par les Français (1804) ; Mémoire sur le scandaleux désordre causé par les jeunes filles trompées et abandonnées dans un absolu déniiment, et sur les moyens d'utiliser une portion de population perdue pour l'Etat et très funeste à l'ordre social (ami 1808) ; Mémoire sur les moyens de prévenir les vok et les assassinats (avril 1807) (2) ; enfin, une Histoire de la rage (1809) (3).

(1) J. Claretie, La Vie à Paris, 1863, p. 368.

(2) Intermédiaire, 10 avril 1874.

(3) Un peu plus tard, en 1816, Balzac père publiait une brochure intitulée : Opuscule sur la statue équestre que les Français doivent faire ériger pour perpétuer la mémoire de Henri IV. Comme on l'a fait justement remarquer (Nouvelle Revue, loc. cit.), l'article Sur la destruction projetée du monument élevé au Duc de Derry, publié le 31 mars 1832, par le romancier Honoré de Balzac dans une revue légitimiste, est bien dans le même courant d'idées. Mais ce n'est pas tout : en l'année 1809, le père de Balzac avait fait imprimer à Tours, chez Marne, une nouvelle brochure : Mémoire sur deux grandes obligations à remplir par les Français. A en croire un bibliographe qui a tenu la brochure en main, l'auteur expose les rai-

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