A 'Ç.OURS
De rimprimerie de MAME, rue d'Indre et Loire > n.» 69;
Avril 1807.
{Collection de l'auteur)
l'homme 27
Nous possédons un exemplaire de cette brochure, devenue très rare, et nous avons même eu la bonne fortune d'y trouver un autographe du père de Balzac qui, sans doute, y aura été oublié par mégarde. Outre qu'il nous confirme dans notre conviction, basée sur d'autres documents, que le père de Balzac signait bien Balzac, tout court, il nous révèle cette particularité que la famille du philanthrope se composait de cinq enfants et non de quatre, comme on le croit généralement ; mais n'anticipons pas.
La brochure sur la rage est d'une lecture fort instructive. Des idées qui y sont émises, toutes ne sont pas à l'abri de la discussion : par exemple, il serait hasardeux de prétendre aujourd'hui que la cautérisation au fer rouge de la plaie produite par la morsure d'un chien enragé, même quand cette plaie a saigné et qu'on l'a, au préalable, lavée avec de la lessive de soude ; il serait, disons-nous, téméraire de dire que ce soit là un traitement efficace contre la rage : nous avons actuellement recours à la méthode Pasteur, qui nous donne plus de sécu-
sons qui doivent déterminer ses concitoyens à faire construire un monument national à Napoléon ; il termine par un exposé de la situation de l'Europe de 1799 à 1809, et de la Franco en particulier. Au dire d'un érudit, M. de Monmerqué, la ])remière idée de l'Arc de triomphe de l'Etoile serait due au i)ôrc de Balzac.
(1) Voir. pp. 231-4.
rite. Mais on ne pouvait raisonnablement exiger plus à l'époque où écrivait le père de Balzac.
Celui-ci a. par contre, bien fait ressortir les dangers que présente notre grande intimité avec l'animal ami de l'homme qu'est le chien (1).
« Le chien, dit-il. s'est multiplié à l'infini parmi nous et les accidents de rage se sont propagés dans la même proportion que la progéniture canine a foisonné. » Et il arrive presque à cette conclusion qu'il faut les massacrer tous, si c'est nécessaire pour sauver une seule existence humaine.
Balzac s'élève également avec une grande force contre la coutume barbare, encore en usage de nos jours, en certaines contrées, d'étouffer les enragés sous des matelas (2). Il raille également cette pratique superstitieuse, reliquat du paganisme, qui consiste à mettre dans la bouche du défunt une petite pièce de monnaie, afin que le nocher Garon l'admette dans sa barque (3).
Après avoir établi la statistique des personnes mortes de la rage, il estime qu'il n'y en a pas eu, depuis le commencement du monde, moins d'un mil-
(1) D'après Balzac, le chien ne propage pas seulement la rage, mais il est encore le véhicule de la peste. {Histoire de la liage, pp. 31-36.)
(2) Histoire de la Rage, pp. 20, 21 et 24 (note). (3} Idem, p. 23 (note).