Hiilzac, \)nv .M"'" Siiivillc; Luiiis Lambert
2. Sur la [wiisiori l.('|)ilr<', vftir le Lys (hms la vrillre. — ,\ la lin il(( 1SI4, l(î iiiTc (le Mal/.iic avait fil- iioiiiiiii' à l'aris, l'i la Dircrlidii dos vivres do la prciiiiùrc djvisiiin niiljlairc.
ternit que dans sa jeunesse il avait une belle main ' ? En 1819, après lui avoir vu passer son premier examen de baccalauréat en droit-, son père, qui s'était désolé naguère de ne pouvoir faire de lui un polytechnicien, reprend un peu confiance; il lui semble que dans le notariat Honoré ne ferait pas mauvaise figure. Déjà, il a en vue une étude de Paris qu'un de ses amis songe à vendre... Aux premiers mots de son père, Honoré jette les hauts cris, et résolument déclare qu'il veut être homme de lettres. Son père se fâche. Honoré supplie ; bref, après bien des discussions, bien des larmes, il obtient un délai de deux ans pour tenter la chance et faire ses preuves de talent. Seulement, comme il s'agit pour lui de démontrer que le métier d'écrivain en vaut un autre et qu'il peut gagner sa vie avec sa plume, comme, en outre, le désir de sa famille est de le voir bientôt guéri de ses ambitions littéraires, on l'installe l)lus ([ue modestement rue Lesdiguières, près de l'Arsenal, dans une mansarde meublée d'un lit, d'une table, de deux ou trois chaises de paille, et on lui alloue une pension qui lui eût tout juste permis de mourir de faim, si une vieille servante, la mère Comin, n'eût été chargée de lui apporter de temps à autre quelques provisions.
H reste là tout seul, loin de ses parents qui s'étaient i-etirés à Villcparisis, en Seine-et-Marne. Il manque de loul, il est sans feu, il n'a pour se réchauffer en travaillant qu'un vieux carrick de son père, et s'il s'en enveloppe les jambes, ses épaules gèlent. N'importe! 11 est heureux, il est gai, il »''ci'il des Iclli'os folles :
1. Voir au lomo XXIV ilc rcdilion (l(''lliiitiv(' lo f<ic-!tnnilp d'uno de SCS Ifttros do 183!».
2. Seul cxaiucn di' droit ([iTil ;iil i);issé; \o\v Ualzac imprimeur.
Tu veux, ma chère sœur, des détails sur mon emménagement et ma manière de vivre, en voici!
J'ai répondu à maman sur les achats: mais tu vas frémir, c'est bien pis qu'un achat : j'ai pris un domestique!
— Un domestique! Y penses-tu, mon frère?
— Oui, un domestique. Il a un nom aussi drôle que celui du docteur iVacquart : le sien s'appelle Tranquille; le mien s'appelle Mni-Même. Mauvaise emplette vraiment!... Moi-Méme est paresseux, maladroit, imprévoyant. Son maître a faim, a soif : il n'a quelquefois ni pain ni eau à lui ofTrir: il ne sait pas même le garantir contre le vent, qui souffle à travers la porte et la fenêtre, comme Tulou dans sa flûte, mais moins agréablement.
Dès que je suis éveillé, je sonne Moi-Méme, et il fait mon lit. Il se met à balayer et n'est guère adroit dans cet exercice.
— Moi-Méme!
— Plaît-il, monsieur"?
— Regardez donc cette toile d'araignée où cette grosse mouche pousse des cris à m'étourdir! ces moulons qui se promènent sous le lit! cette poussière sur les vitres qui m'aveugle !
— Mais, monsieur, je ne vois pas...
— Allons, taisez-vous, raisonneur!
Et il se tait.
Il bat mes habits, balaye en chantant, chante en balayant, rit en causant, cause en riant. Au total, c'est un bon gar(;on...
Le feu a pris rue Lesdiguières, n° 9, à la tôte d'un pauvre garçon, et les pompiers n'ont pu l'éteindre. Il a été mis par une belle femme qu'il ne connaît jtas : on dit qu'elle demeure aux Quatre-Nations, au bout du pont des Arts; clic s'appelle la Gloire '.
Avec quelle allc^'gresse et quelle vaillauce il est enlrr dans sa dure carrière, jetant le défi à la fortune! Klles sont charmantes, ces lettres de 1819 et 1820 à sa mère et à sa sœur; elles sont l'aimable et honnête commentaire du refrain que Béranger venait de mettre à la mode : « Dans un g^renier (proii est bien à vingt ans! » t;i puis, (jiio de |ir(''cifMix (h'-tiiiis sur son Iravail, ses