‹ Balzac, l'homme et l'œuvreChapitre 5 sur 69 · Curr., p · texte numérisé non relu

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projets, ses promenades, — ses promenade orientées tantôt vers le Jardin des Plantes, tantôt et de préférence vers le cimetière du Père-la-Chaise, oîi il allait déchiffrer des épitaphes, s'approvisionner de noms expressifs et authentiques pour ses créations de demain, où il allait rêver, a faire des études de douleur », demander aux morts leur histoire, leurs secrets, et contempler Paris du haut de la grande allée, en murmurant, à peu près comme Rastignac à la fin du Père Goriot : « A moi ce monde que je comprends ' ! * INIais ses promenades étaient rares et furtives; ses parents, soit pour ménager son amour-propre en cas d'insuccès, soit pour le préserver des tentations mondaines, le disaient absent de Paris, et il fallait éviter les rencontres.

A peine installé dans sa chambrette, il se met en devoir de prouver à sa famille et d'apprendre au monde entier qu'il est un homme de génie. 11 a en tète des opéras-comiques, une comédie : les Deux philosophes, deux romans : Stella et Coqsigrue. De tant de chefsd'œuvre projetés, du Coqsigrue de Balzac comme de la (juiqueiKjronne de Hugo, il n'a jamais existé que le titre : « Coqsigrue dépasse présentement mes forces, écrit-il à sa sœur; il faut le ruminer et attendre pour l'écrire. » Il se décide pour une tragédie de Cromiuell, et il y travaille plusieurs mois, ne bougeant de sa chambre, ne vivant que de pain sec et de limonade, rimant ou chevillant à tour de liras, en homme (jui n'en est pas à son coup d'essai et qui a déjà écrit : « 0 Inca, ô roi, etc. » Il a des jours d'ivresse oîi ce Cromiuell lui semble deslini' à devenir « le t)réviaii'i' ih's i)euples et des rois », et où il veul « tiiic cela soit sublime tout du

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