‹ Balzac: sa vie-son œuvreChapitre 13 sur 38 · LES PREMIERS ROMANS · texte numérisé non relu

LES PREMIERS ROMANS

En juillet 1831, Balzac est à Paris, tout entier à la Peau de Chagrin^ qui s'imprime et va paraître. « J'ai bien préparé le succès, écrit-il à son éditeur Charles Gosselin. Madame Récamier a réclamé une lecture ; en sorte que nous aurons encore une immense quantité de prôneurs dans le faubourg Saint-Germain. »

Quelques jours après, le livre est en vente. Dès le 13 août, Charles de Bernard consacre à son appréciation critique un feuilleton de la Gazette de Franche- Comté. Balzac lui écrit de Paris le 25 pour le remercier de sa promptitude.

A propos de quelques observations critiques sur la tendance de la jeune littérature à imiter les chefs-d'œuvre étrangers, Tauteur de la Peau de Chagrin- iélenà vaillamment l'originalité de notre littérature nationale. « Croyez-vous, dit-il, que le fantastique d'Hoffmann ne soit pas virtuellement dans Micromégas, qui, lui-même, était dans Cyrauo de Bergerac, où Voltaire Ta pris ?... »

Et il ajoute :

« Je ne me suis vraiment pas inspiré d'Hoffmann, que je n'ai connu qu'après avoir pensé mon ouvrage ; mais il y a dans ceci quelque chose de plus grave. Nous manquons de patriotisme entre nous, et nous détruisans notre nationalité et notre suprématie littéraire, en nous démolissant les uns les autres. Les Anglais ont-ils été dire eux-mêmes que Parisina était la Phèdre de Racine, et vont-ils se jetant à la tête les littératures étrangères pour étouffer la leur? Non ; imitons-les. »

« Ceci, dit-il en terminant, n'est point une question personnelle, parce que j'espère qu'à la seconde édition de mon livre, le public reconnaîtra l'immensité, la nouveauté de l'entreprise sous le faix de laquelle je succomberai peut-être, ou que j'exécuterai mal, mais que j'ose tenter. »

Songeait-il déjà à la Comédie humaine? Ou bien ces mots font-ils seulement allusion à la partie de son œuvre intitulée Contes philosophiques , qu'il développa en effet à chaque nouvelle édition, sur laquelle Philarète Chasles et Félix Davin publièrent des travaux fort remarquables et Balzac lui-même écrivit deux curieux articles imprimés, l'un dans la Caricature de 1831, l'autre, posthume, dans l'Amateur d^ autographes de 1865?

Ces contes philosophiques forment du reste un ensemble assez vaste et assez imposant pour justifier l'ambition littéraire de l'auteur.

Le succès fut très grand. Mais un succès de librairie, à cette époque, était pécuniairement peu productif.

Le vaillant lutteur, qui avait si noblement entre-

pris de payer avec le travail de sa plume l'énorme dette contractée pour assurer la tranquillité de sa famille, n'avait pas le temps et ne se croyait pas le droit de se reposer sur ce laurier.

Quelques jours après, il est à l'ouvrage I

« Je me couche à six heures du soir, écrit-il à madame d'Abrantès, je me lève à minuit, et je travaille ainsi seize heures de suite... J'ai juré d'avoir ma liberté, de ne devoir ni une page, ni un sou, et, dussé-je crever comme un mousquet, j'irai courageusement jusqu'à la fin. »

<c Quoi de plus honorable, lui écrit-il encore dans une autre lettre, de plus grand, que de relever son nom, sa fortune, avec son esprit? Cela ne peut qu'exciter l'envie, et je ne plains guère les envieux. »

Cependant l'esclavage de corps et d'esprit dans lequel le tiennent ses obligations et ses travaux ne l'empêche point de répondre aux lettres qu'il reçoit, surtout quand il s'agit de prendre la défense de quelqu'une de ses œuvres.

Ainsi, dans une réponse datée de Paris 3 octobre 1831, et adressée à une inconnue (c'était madame la duchesse de Castries), il affirme que la Physiologie du mariage « fut un livre entrepris dans le but de défendre les femmes », et il explique les motifs qui l'ont déterminé à a envelopper ses idées et les rouler, pour ainsi dire, dans une forme nouvelle, acerbe et piquante, qui réveillât les esprits en leur laissant des réflexions à méditer... Donc, pour une femme qui a passé par les orages de la vie, le sens de mon livre est l'attribution exclusive de toutes les fautes commises par les femmes à leurs maris»

C'est, en un mot, une grande absolution ». a II n'y a pas de mariage heureux possible si une connaissance parfaite des deux époux, comme mœurs, habitudes, caractères, ne précède leur union, et je n'ai reculé devant aucune des conséquences de ce principe. Ceux qui me connaissent savent que j'ai toujours été fidèle depuis l'âge de raison à cette idée, et, pour moi, la jeune fille qui a fait une faute est plus digne d'intérêt que celle qui reste ignorante, et prête aux malheurs de l'avenir, par le fait même de son ignorance. Aussi, célibataire pour le moment, si je me marie plus tard, ce ne sera jamais qu'avec une veuve. »

N'est-ce pas vraiment chose curieuse que l'indication de cette idée de réforme de l'éducation des filles et de la transformation du rôle que les femmes jouent dans la société, contenue implicitement dans la Physiologie du mariage ?

Ce qui suit, dans cette belle lettre, ne l'est pas moins : « C'est pour développer ses pensées et les jeter dans les âmes jeunes par de frappants tableaux qu'il a fait les Scènes de la vie privée. Dans ce livre, tout de morale et de sages conseils, rien n'est détruit, rien n'est attaqué ; je respecte les croyances, celles même auxquelles je n^ai pas foi.,. »

En ce qui concerne la Peau de Chagrin, cet ouvrage n'est pas destiné à rester seul ; il renferme les prémisses d'un ouvrage qu'il sera fier d'avoir tenté, môme en succombant, et il engage sa correspondante à lire la seconde édition sous le titre de Romans et contes philosophiques , et surtout l'introduction, dans laquelle Philarète Chasles a soulevé le voile de sa « pensée intime et future ». Vous

verrez là que, si parfois je détruis, j'essaye parfois aussi de reconstruire. Jésus-Christ en Flandre, l'Enfant maudity Etude de femme, les Proscrits^ les Deux Rêves, vous prouveront peut-être que je ne manque ni de foi, ni de conviction, ni de douceur ; je trace mon sillon consciencieusement... LaPeau de C/ia^rm devait formuler le siècle actuel, notre vie, notre égoïsme; les reproductions de nos types ont été méconnues... »

Il témoigne enfin le regret qu'au lieu « de voir dans son livre la peinture obligée d'une femme célèbre pour n'avoir pas aimé, la lectrice ne se soit pas attachée à celle qui consacre les beaux dévouements de la femme, son amo\ir naïf et les riches poésies de son cœur- Pour moi, Pauline existe, et plus belle même. Si j'en ai fait une illusion, ce fut pour ne rendre personne maître de mon secret. »

Ne veut-il pas donner à entendre qu'il a vécu au moins une partie de ce roman ?

Mais il ne faut pas trop s'arrêter à de pareilles suppositions.

En ce moment, il consacrait tant de temps aux divers travaux qu'il s'était imposés, tant de force de pensée et de volonté aux conceptions qu'enfantait son cerveau, qu'il ne devait lui rester ni volonté, ni esprit, ni temps matériel à donner aux amours et même à l'amour.

Sa détresse était grande ; il l'écrit à Urbain Canel, un de ses éditeurs, dans une lettre datée de Sache, 25 novembre 1831, où il lui dit qu'il néglige même la Revue de Paris pour les Contes bruns. Dans cette lettre je remarque cette phrase caractéris-

Tï'

tique, qui nous dit quel cas il faisait en poésie de la rude et éloquente énergie :

« Envoyez-moi promptement Barbier ; c'est, avec Lamartine, le seul poète vraiment poète de notre époque ; Hugo n'a que des moments lucides. »

Il est vrai que Victor Hugo n'avait encore fait ni les Feuilles d'automne, ni les Rayons et les Omhresy ni la Légende des siècles, ni les Châtiments^ ni V Année terrible !

L'année suivante, il se sent de nouveau entraîné vers la politique, et il écrit à madame Carraud le l"juin 1832 :

« Il y a des vocations auxquelles il faut obéir, et quelque chose d'irrésistible m'entraîne vers la gloire et le pouvoir. Ce n'est pas une vie heureuse. Il y a chez moi le culte de la femme et un besoin d'amour qui n'a jamais été satisfait, désespérant d'être jamais bien aimé et compris de la femme que j'ai rêvée ; ne Payant rencontrée que sous une forme, celle du cœur, je me rejette dans la sphère tempétueuse des passions politiques, et dans l'atmosphère orageuse et desséchante de la gloire littéraire.

» J'échouerai peut-être dans l'une et dans l'autre; mais croyez bien que, si j'ai voulu vivre de la vie du siècle même, au lieu de passer heureux et obscur, c'est que précisément le bonheur pur et médiocre m*a manqué. Quand on a une fortune entière à faire, il vaut mieux la faire grande et illustre, car, peine pour peine, il est préférable de souffrir dans une haute sphère que dans une basse, et j'aime mieux les coups de poignard que les coups d'épingle. »

Cependant, avant qu'il se lance dans la politique, voici que la gloire littéraire lui arrive. Je trouve, dans une lettre du 2 juillet 1832, adressée à madame Carraud, ce passage significatif : « Croiriezvous que la gloire se traduit pour moi par des ports de lettres, et que je reçois jusqu'à trois et quatre lettres de femme par jour! Elles viennent du fond de la Russie, de TAllemagne, etc. Je n'en ai pas eu d'Angleterre ! Puis des lettres déjeunes gens. »

Il est bien certain que le succès de ses livres, et, par suite, la gloire lui vinrent des femmes, de l'étranger et de la jeunesse. Si ses ouvrages se vendaient en France, ce n'était guère que pour les cabinets de lecture et par nombres restreints ; mais la contrefaçon commençait à les exploiter et à les propager largement à l'étranger.

Aussi la fortune ne lui venait-elle pas en même temps que la gloire.

A cette époque, il vient de renoncer à un projet de mariage, il a songé à éditer lui-même ses œuvres, mais, écrit-il à sa mère, « plus nous irons, moins la librairie réussira. » Sa détresse est affreuse. Dans cette année, il aura publié huit volumes in-octavo. Une peut plus rien donner... » Aussi j'ai pris, bien à contre-cœur, et dans le but de me tirer tout d'un coup d'affaire, le parti de composer deux ou trois pièces de théâtre ! C'est le plus grand malheur qui puisse m'arriver ; mais la nécessité est plus forte et il m'est impossible de m'en tirer autrement. Je verrai si je ne pourrais pas me servir de quelqu'un pour ne pas compromettre mon nom. »

Il est évident qu'il a pensé alors à faire, pour l'art

90 BA.LZAC

de l'auteur dramatique, ce qu'il a déjà fait pour l'art du romaucier, avec ses œuvres de jeunesse^ étudier et pratiquer les procédés du métier pour devenir artiste. A-t-il mis son projet à exécution ? J'en doute. Je ne crois pas qu'il ait collaboré, à cette époque, à aucun vaudeville, à aucun mélodrame. S'il l'avait fait, il se serait trouvé dès lors assez lancé dans le monde dramatique, assez initié à ses procédés pour ne pas laisser à d'autres le proût des nombreuses adaptations théâtrales qui se ûrent de ses romans à peu de temps de là.

Mais, au moment où il écrivait cette lettre si navraûte, il avait la tête bouleversée par l'inquiétude:

« J'ai été bien désolé pendant huit jours ! Il me faudrait au moins six semaines de tranquillité parfaite pour te remettre les quatre mille huit cents francs des deux ouvrages que je vais faire. Si tune trouves aucun moyen d'arriver à cela, écris-le moi ; je suis déterminé à tout fondre et à recommencer sur nouveaux frais. Oe serait absurde, car, sauf cette gêne de six mois environ, je ne me suis jamais trouvé dans une plus belle position. Tôt ou tard, la littérature, la politique, le journalisme, un mariage ou une grande affaire me feront une fortune. Il nous faut encore un peu souffrir. Si je souffrais seul I... Voilà quatre ans que vingt fois j'ai eu l'idée de m'expatrier. Mais tu es maintenant bien souffrante, et la nécessité te force à devenir une des causes de mes tourments «ecrets. Je t'ai donné presque tous mes embarras, outre les tiens ; cela me fait un mal affreux, i»

Le mois suivant, il ne pense plus guère qu'à la littérature ; il est un peu rasséréné. Une lettre de

sa sœur a opéré ce prodige. « Merci, lui écrit- il ; le dévoueûient des cœurs aimés nous fait tant de bien ! Tu m'as rendu cette énergie qui m'a fait jusqu'ici surmonter les difficultés de ma vie ! Oui, tu as raison, je ne m'arrêterai pas, j'avancerai, j'atteindrai le but, et tu me verras un jour compté parmi les grandes intelligences démon pays! »

Quelle confiance dans son courage I Quelle superbe conscience de son génie ! Quelle merveilleuse intuition de l'avenir I

« Mais, continue-t-il, quels efforts pour arriver là I Ils brisent le corps, et, la fatigue venue, le découragement suit !

» Celte Notice biographique sur Louis Lambert est une œuvre où j'ai voulu lutter avec GœtheetByron, avec Faust et Manfredy et c'est une joute qui n'est pas encore finie ; les épreuves ne sont pas encore corrigées. Je ne sais si je réussirai, mais ce quatrième volume de Contes philosophiques doit être une dernière réponse à mes ennemis et doit faire pressentir une incontestable supériorité. Aussi faut-il pardonner au pauvre artiste sa fatigue, ses découragements et surtout son détachement momentané de toutes sortes d'intérêts étrangers à son sujet. Louis Lambert m'a coûté tant de travaux ! Que d'ouvrages il m*a fallu lire pour écrire ce livre l II jettera peut-être, un jour ou l'autre, la science dans des voies nouvelles. Si j'en avais fait une œuvre purement savante, il eût attiré l'attention des penseurs, qui n'y jetteront pas les yeux. Mais, si le hasard le met entre leurs mains, ils en parleront peut-être!...

» Je crois Louis Lambert un beau livre ! Nos

amis Tont admiré ici, et tu sais qu'ils ne me trompent pas !

» Pourquoi revenir sur son dénouement? Tu connais la raison qui me Ta fait choisir ! Tu as toujours peur. Cette fin est probable, et de tristes exemples ne la justifient que trop ; le docteur n'a-t-il pas dit que la folie est toujours à la porte des grandes intelligences qui fonctionnent trop ?...

» Quelque jour, quand mes œuvres seront. développées, vous verrez qu'il a fallu bien des heures pour avoir pensé et écrit tant de choses ; vous m'absoudrez alors de tout ce qui vous aura déplu, et vous pardonnerez, non Tégoïsme de Phomme (l'homme n'en a pas), mais Tégoïsme du penseur et du travailleur... »

Dans cette lettre pleine de tendresse pour sa famille, il annonce encore que, si, l'hiver suivant, sa position n'est pas changée, il est décidé à faire du théâtre, et à sortir sa pauvre mère de sa situation. « Je lui sacrifierai, dit-il, mon avenir politique... »

En même temps il écrit des Contes drolatiques, continue sa collaboration régulière à la Revue de Paris, a un manuscrit prêt pour la Revue des Deux- Mondes, un autre pour V Artiste; et c'est d'Aix qu'il écrit en septembre à sa mère pour lui annoncer qu'il va aller à Genève et à la Grande-Chartreuse, qu'il a fait ses comptes et qu'au 15 février, elle aura reçu les dix mille francs. Il n'a dépensé qiie quatre cent soixante-dix francs en trois mois ! « Hein, mère, si je suis un peu poète et rêveur, avoue que je suis bien économe ! »

Le même mois, il écrit aussi à madame Carraud

qu'il a encore corrigé Lambert. « Conune une ourse, 3'ai léché mon petil... Ed somme, je sui^ saLisrail. C'est uoe œuvre de profonde mélancolie el de science. Vrai, je mérite Lien d'avoir une maUiesse el, tous les jours, mon chagrin s'accroît de n'eu point avoir, parce que l'amour, c'est ma vie el mon essence... »

Quelle note ! Que de sentiments deraaiidonl k s'épanouir dans ce large el riche cœur! Que Je pensées, que de projets, que d'aspirations se lieurtent dans ce puissant cerveau !

Et il a trente-trois ans !

Deui lignes plus loin : <• La Bataille est comm»:iicée. » Il s'agit de la bataille d'Austerlilï, uu Uvrt qui D'à jamais paru. Balzac a, plus tard, pour parfaire cet ouvrage, et donner â certains épino^'i-v uij caractère d'exactitude, visité lui-même le tLaui;. de bataille et levé des plans topographifjue».

J'ai vu, en 1855, entre les mains d'Arinau'i îiiitacq, une carte sur laquelle Biikac avait in'Jjiju'iJ*:-. positions des corps commandés par divers i."?ii':raui et colonels dont les noms fi^'ureni dann U CoHÉoiE HDMAiNK. Celte carie curieuse d'ivail *;irï jointe à des fragments du maLUS(;ril dehtjué a faire partie des Scènes de la vie militaire.

Ces fragments ont probablement été perd un, ajii^i que quelques autres, car il n'en est pas qu<.-^i;oiJ dans les Œuvres complète!-.

A deui lignes de là encore, autre virée, La lentation politique reparaît.

» M. Berges a dû recevoir mon livre, rîi J-.-, Augoumoisins veulent de moi pour député, je bien d'eiu pour commettants. >

Quelque intérêt que j€ trouve et que le lecteur puisse trouver à suivre ainsi, presque au jour le jour, ce noble esprit dans ses développements et ses oscillations entre les tendances diverses qui se dis^ putent son âme et son cerveau et les nécessités pécuniaires qui tracassent sa vie, je ne pousserai pas plus loin ce commentaire de ses pensées et de ses actes par ses lettres. Il y aurait tout un gros livre à faire sur ce sujet : « Balzac commenté par ses actions, par sa correspondance et par ses préfaces. » Peut-être essayerais-je de l'entreprendre si Tâge et les forces physiques m'en laissaient le temps et le moyen !

Mais tel n'est pas le sujet de cet essai qui doit avoir pour objet moins la vie de l'homme que son œuvre, son immense portée, son influence dans ce siècle si troublé, dont elle reflète si exactement les grandeurs, les petitesses, les splendeurs, les faiblesses, les enthousiasmes, les doutes, comme pour satisfaire à ce programme littéraire qu'il a lui-même tracé dans cette seule phrase :

a Une littérature doit être l'expression de la société de son temps. »

J'ai seulement tenu à analyser minutieusement les premiers essais littéraires de ce grand esprit, à suivre le mouvement de sa formation, de sa croissance, en même temps qu'à signaler les obstacles formidables contre lesquels il eut à lutter avant d'arriver à cette virilité d'âme, de génie et de talent qu'il avait acquise à la fin de 1832^ obstacles qu'il lui fallut encore combattre, même après l'épanouissement de sa célébrité.

Désormais je tâcherai de me borner, dans cette

Page 1