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c/1.de L. Del. daulp. Fénier 1906
LE 63 == courte, un peu scabre sur le dos et sur les carênes ainsi que sur les bords surtout vers le milieu de sa hauteur, translucide, verdâtre sur les carènes, nervures peu distinctes, 1 à 3 entre les carênes, une ou deux plus visibles en dehors des carènes, pas de tessellation.
Glumellules, trois, (PI. I, Fig. 8.) concaves, ovales, rétrécies à la base, translucides, jaunâtres à l’état frais, brunâtres à l'état sec, vaguement 3-5 nervées,un peu pubérulentes vers le sommet au dos et sur les bords, longues de .2.à 3"/., larges de 1 */, à 2°)" Ce verticilé queeosse pond à la corolle est irrégulier : l’une des glumellules couvre la face ventrale de l'ovaire, elle est dégagée des deux autres qui enveloppent le dos de l'ovaire sur lequel elles se recouvrent partiellement ; cette irrégularité est beaucoup plus visible quand le caryopse est arrivé à maturité. Etamines, trois, saillantes, à longs filets pendants ; anthères échancrées à la base, de 8 à 10 "/, de longueur. Ovaire asimétrique (PI. I, Fig. 9), ovale-acuminé, styles connés, longs; stigmates trois, plumeux,sinueux, hyalins.Caryopse cylindrique (PL. IT, Fig. 10), des a7 sur Lattes quement rétréci à la base et au sommet, surmonté des styles formant un bec dur, mince, étroitement conique, de 4à6"/, de longueur, brun ou noirâtre, brillant, un peu chagriné ; sinus peu profond à bords parlois indistincts.
Ce que nous venons de dire de l’inilorescence de PA. Henonis s'applique à toutes les formes du «groupe nigra». Nous n'y reviendrons donc pas en décrivant les autres, mais nous dirons en terminant que nous avons pu constater que les fleurs varient autant, sinon sur une même souche, du moins sur les divers individus d'un mème type croissant dans des conditions diverses, que de l'une à l’autre des formes du groupe en question.
D. Facies jeune. Les turions sont verts, les gaînes glabres, sans oreillette, les tiges moins érigées et moins raides ; elles rappellent beaucoup par leur port celles du Ph. nigra jeune, elles sont garnies de rameaux jusqu'au
ras du sol. On peut du reste rencontrer, comme nous
l'avons dit plus haut tous les intermédiaires entre le. « facies jeune » et le « facies adulte ».
(A suivre.)
Quelques renseignements sur la résistance au froid des Bambusacées dans le Midi de la France.
Par suite d’une bizarrerie climatologique bien rare, l'hiver de 1904-1905 qui fut, toutes proportions gardées, si clément pour la Belgique, puisque dans le partie basse et moyenne le thermomètre n’y descendit guère au-dessous de —10o°à —12° centigrades et une fois seulement au cours de l'hiver, fut au contraire un désastre pour certaines parties plus méridionales de l’Europe.
Du i* au 3 janvier 1905 le froid fut excessil depuis le centre de la France jusqu'aux rives de la Méditerranée. Non seulement la côte française, mais une partie de BEspaone, de l'Italie, de l'Algérie, de l'Egypte même subirent un abaissement de température tout à fait anormal. En France, les régions de Montpellier, Nîmes et de la vallée du Rhône eurent à subir des gelées qui seraient considérées comme extrêmes même en Belgique , on y constata en effet sur plusieurs points des températures de — 17 centigrades.
La Côte d'Azur ne Îut pas à l'abri de cette véritable calamité et bien des végétaux répandus dans les cultures depuis cinquante ans et plus périrent pendant Îles nuits néfastes du début de l’an dernier.
On a certainement lu avec le plus grand intérêt + articles que M. E. André, directeur de la Revue Horticole
fie et M. le Professeur Poirault, directeur de la villa Thuret ont successivement publiés dans la Revue Horticole, au sujet des effets de ce coup de froid.
Comme ces articles ne font pas spécialement mention des Bambusacées, fort nombreuses dans les jardins de la Riviera, nous ne croyons pas faire double emploi en donnant, après ces savants, dont l'autorité scientitique et horticole ést bien connue, les renseignements qu’une visite laite au commencement d'Avril dernier nous a permis de recueillir. Nous résumerons donc ici les notes que nous avons prises, alin d'en dégager quelque enseignement concernant la résistance de ces plantes.
A Anduze (Gard), et dans les environs, le thermomètre est descendu entre — 12°et— 15° centigrades, avec grand vent et abondante chute-de neige ; celcouptdenmmss duré trois jours. |
Arundinaria Fortunei en sous bois dans Phyllostachys mitis a perdu quelques feuilles.
Bambusa quadrangularis en sous bois dans un mélange .de Phyllostachys a la moitié de son feuillage grillé, et les tiges d'automne sont mortes.
Les Phyllostachys aurea, Boryana, mitis, nigra, pubescens, Quilioi, sulphurea, violascens, viridi-glaucescens et l'A. Japonica n'ont aucunement souffert : nulle part nous n'avons pu découvrir de feuilles atteintes ; de nombreuses tiges de Phyllostachys aurea, nigra et violascens ont été brisées par le poids de la neige. En 1879-1880 cette collection avait du reste supporté un abaissementde tempé rature de— 20°sans vent, aucun dommage n'enétaitrésulté.
A Nimes (Gard) on a constaté — 12° avec grand vent sans chute de neige. Les Phyllostachys aurez, Quilioi nigra,l Arundinaria Japonica ont perdu presque tout leur .… feuillage.
A Montpellier on a enregistré au dr Botanique, nous dit M. le Professeur Flahault, — 14° sur le sol et—12° à 1 m, 50 de hauteur par temps calme et sec; Phyllostachys aurea, mitis, Quilioi ont perdu très peu. de feuilles,
mais presque toutes les touffes sont atteintes : À. falcata est gelé jusqu’au pied en pleine terre et a perdu les
bouts des feuilles en orangerie.
À Menton (Garavan) — 4°, vent violent et sec. Arundinaria Kumasasa, Hort. est intact et naturellement Bambusa macroculmis, Riv. a perdu tout son feuillage : mdis les. tiges sont bien vivantes, il repousse déjà ; PA. mera qui y est mèlé a les feuilles en partie grillées !
Menton, (Ville) — %2-yent sec et. violent.
Dans le jardin de la villa Marguerite une énorme et admirable touite de Bambusa macroculinis est complèteméncorilée,ses tiges de 12 à 14 mètres de développement sont comme d’immences panaches blancs. Nous n'avons pas pu obtenir l'autorisation d'examiner de près eue plante, : une très déliante dame qui.nous reçoit après une longue attente, nous signilie qu'étant l’amie de la propriétaire, elle ne peut prendre sur elle d'accorder l'autorisation sollicitée. C'est en effet bien suspect de demander à voir de près une plante qui paraît morte. Force nous est donc de nous contenter de constatations incomplètes faites par dessus le mur : nous n'avons pu nous rendre compte de l'état des tiges, n1 de la souche.
Dans le jardin de l'Eglise Allemande, rue des Bains, un haut mur est caché par des bambous : quelques touflies de Phaurea sont iortement grillées par le vent sec ; au milieu de cet ensemble jaune et gris se détache une magnifique plante de Bambusa vulgaris, Wendland, hante de huitmetres,, pas une seule feuille n’est atteinte ; bien plus, les jeunes chaumes semblables à des perches ont conservé leur cime enveloppée de gaines coriaces : ils ont été arrêtés par le froid, mais non détruits et ils recommencent à se développer.
À la Mortola (Vintimille, Italie), par — 3° et grand Cor 40 Khamana (?), Munro est la seule espèce de bambou ayant perdu une partie de son feuillage.
À la villa Thuret (Antibes), où M. le professeur Poirault estime que la température est descendue à — 10° par temps calme le Bambusa vulgaris, Wendland, a très peu
= 66 = souffert ; ses jeunes tiges n'ont pas été détruites, 1l y en à pourtant à tous les degrés de développement, quelques feuilles seulement sont sèches.
Aucune des autres espèces plantées depuis plusieurs années n’a perdu ses tiges et peu de feuilles sont atteintes. Nous citerons parmi les plus délicates : Arundinaria falcata, Nees ; Bambusa Alphonse Karri, Marlac.
ae au golfe Juan où l'on a constaté — 5e le froid n'a causé aucun dégât, voici les espèces les moins résistantes que nous avons vues: À. falcata, Nees ; À. Khasiana Munro ; Bambusa stricta, Roxburgh, en massiis étendus.
Il résulte de l’ensemble des observations qui précèdent que les espèces traçantes et les espèces cespiteuses se comportent de facons tout-à-fait différentes : Les Phyllostachys et les Arundinaria traçants craignent bien plutôt Île dessèchement produit par le vent qui accompagne un abaissement de température, que la congélation de leurs éléments liquides. Nous avons vu, en effet, que Phyllostachys nigra a supporté à Anduze — 14° avec vent fort, mais humide sans en souffrir aucunement, tandis que à Garavan par — 4° et vent sec il a perdu une grande partie de son feuillage. Le Ph. aurea comparé à Anduze et à Menton offre le même phénomène ; nous pourrions en multiplier les exemples.
Les espèces cespiteuses d’Arundinaria et de Bambusa, au contraire résistent au dessèchement de l'air : c'est ainsi que le B. vulgaris avait résisté à Menton par — 6° où le Ph. aurea avait perdu presque tout son feuillage ; mais ils craignent un abaissementun peu fortde la température. C'est donc plutôt la congélation de leurs éléments liquides qui tue cette seconde catégorie et, toutes proportions gardées, ils se comportent vis-à-vis du froid comme les plantes succulentes, que celui-ci ne fait jamais pe par dessèchement. )
Dans cette seconde catégorie rentre une espèce que ces
re froids exceptionnels permettent de classer comme étant d'une résistance extraordinaire. Nous voulons parler du B. vulgaris, Wendland. Cette espèce cespiteuse, à végétation automnale qui forme des touîfes moins compactes que beaucoup de ses congénères est originaire de la région tropicale de l'Asie. On la croirait donc de prime abord très sensible au froid, au moins pendant sa période de végétation, cependant il n’en est rien, toutes les touffes examinées par nous ont résisté d’une façon si complète que nos observations” ne permettent pas d'établir sa limite de résistance. Nous avons vu, en effet, que ses jeunes tiges à tous les stades de développement avaient résisté à — 10° à la villa Thuret, or, les tiges des Phyllostachys au même degré de croissance périssent entre — 2° et — 5° suivant les circonstances
et les espèces. La toulie du B. vulgaris de la villa Thuret
était cependant dans les plus mauvaises conditions de développement : elle se trouvait mêlée à un massif d’arbres à feuilles caduques que le sommet de ses chaumes dépassait. Ses voisins l'avaient privée de soleil pendant l'été et l'automne, pendant les jours de gelée, ils ne prêtaient pas la moindre protection à ses cimes, et celle qu'ils offraient à la souche était bien maigre. Nous ne conclurons cependant pas que ce Bambusa soit plus résistant que la plupart des Phyllostachys ; mais nous pensons que c’est, parmi les espèces introduites, celui qui pourrait être essayé le plus au nord et que sur les rives et les îles des lacs Insubriens, dans le Valais, sur certains points abrités de la vallée de la Loire, en Bretagne, dans certains comtés du Sud-Ouest de l’Angleterre et en Irlande, il serait susceptible d’un beau développement. En un mot il nous paraît au moins aussi résistant au froid que les À. falcata et Falconerti et plus résistant aux vents froids et secs que les Phyllostachys.