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UN BAMBOU PEU CONNU

Phyllostachys pubescens Mazel.

Pour qui n’a pas vécu sous les tropiques, il est difficile de s'imaginer la majesté des forêts de Bambous. L'Europe en compte peu et le parc de Prafrance est peut-être le seul où la fougue de végétation, l'ampleur des masses ont été assez respectées pour donner l'impression de ces admirables plantes dans tout leur développement.

Quatre hectares de Bambous s'étendent en allées profondes, en bois aux contours capricieux, aux ombrages mystérieux, en colonnades régulières, en dômes de feuillage

bruissant quand passe la brise.

L'un des massifs les plus impressionnants, composé de l'espèce que nous allons décrire, est d’un puissant eltet décoratit. Qu'on se figure des centaines de tiges ‘ ici serrées les unes aux autres, fuyant vers le ciel comme des usées, là espacées régulièrement ; plus loin par deux, par trois, en petits groupes comme des promeneurs. Toutes sont sveltes et élancées, robustes pourtant ; leurs cimes, à la ramure dorée, au feuillage vert-gai, s'étageant comme les parasols multiples de l’Inde, se balancent doucement au gré du vent. Des glycines, des chèvre-feuille, des clématites les escaladent, passent de cime en cime, retombant en guirlandes de fleurs. Gigantesques plumes d'autruches, ces chaumes dépassant pariois vingt mètres de hauteur, rivalisent avec les plus superbes productions des orêts tropicales. Ils ne craignent pourtant pas les intempéries de nos climats. L'hiver dernier, Praîfrance a connu les frimas ordinairement réservés aux pays du Nord. Durant trois jours, du 1° au 3 janvier 1905 le vent a fait rage, puis une neige abondante est tombée, le thermomètre centigrade est descendu à — 14° : il a fallu bien vite se-

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couer tous ces grands chaumes dont les têtes ployées sous le fardeau menaçaient de se briser ; mais quand la tour-

mente Îut passée, quand le soleil eut fondu cette neige,

A on put constater avec joie que pas une feuille n’était gelée, que la plante, admirable de résistance au froid, était aussi vigoureuse que si l'hiver tiède du Midi n'avait pas été interrompu par le froid et la tempête du Nord.

Quoique introduit depuis une trentaine d’années, ce Phyllostachys de haute taille, élégant par excellence et rustique, d’une multiplication rapide, d’une transplantation facile et d’une prompte reprise, est resté confiné dans les cultures du domaine de Prafrance où feu Mazel, l’introducteur de l’espèce, le planta quelques années avant sa mort survenue en 1889.Son origine est inconnue. Voici les caractères principaux auxquels on le reconnaît :

Rhizome épais, à section ovale, pouvant atteindre 30 à 35 "/" dans son plus grand diamètre entre les nœuds.

Partie souterraine (bulbe) de la tige renilée, longue de 15 à 25 centimètres, à section verticale cordée, portant 600 racines environ pour un chaume de moyenne taille.

Chaume d’äbord vert foncé couvert de très nombreux et très courts poils hyalins formant velours. Les intempéries font disparaître ce tomentum, et, dans la suite le chaume grisonne ou-jaunit se teintant d’orangé au dessus des nœuds sous l'influence du soleil. Sa couleur varie du reste suivant les saisons. Un enduit cireux tenace le recouvre dès la seconde année et persiste pendant toute son existence.

Bague blanche très étroite et fortement accusée au dessous des nœuds.

Chaume atteignant 22 mètres de hauteur, cinquante centimètres de tour au niveau du sol et o m, 39 à 1 m, 50 de hauteur ; très conique à la base, puis régulièrement effilé. Chaume creux, très régulièrement et très légèrement en S allongé dans un plan vertical perpendiculaire à celui des cannelures ; cette courbe gracieuse, un peu plus accentuée chez les chaumes isolés, disparaît pendant la dessication. |

Cime inclinée, mais jamais retombante.

Mérithalles très courts au pied de la tige : le premier

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