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ACTION DES LIVRES ET DE LA PRESSE PÉRIODIQUE

L'étude, la culture, l'emploi du bambou ont déjà inspiré un très grand nombre de livres (1), de mémoires et surtout d'articles de périodiques. Les ouvrages de vulgarisation, nous ne citons naturellement pas ici les ouvrages purement scientifiques, les plus utiles à consulter sont : en japonais l’incomparable Keyen chiku fu (2), dont des traductions, malheureusement incomplètes, ont été données en Anglais par Sir Ernest Satow (3) et en Hollandais par L. Van de Polder PE Franças lé livre de: A7 et C: Rivière (5) ; ‘en Anglais celui de Freeman Mitfort (6) ; aux Etats-Unis le Mrapportode D/Färchild (7). Ces divers ouvrages ont beaucoup contribué à répandre le goût des bambous et à en féliciter la culture. Le dernier donne en outre des notions de biologie très précieuses.

Un grand nombre de revues s’occupant de botanique et d’horticulture ont publié des articles concernant les bambous.

Plusieurs publications périodiques en ont, depuis environ 60 ans préconisé la culture avec persistance et énergie. Ce sont : en France la Revue Horticole, le Bulletin de la Société d’acclimatation et bien d’autres ; en Angleterre, entre autres The Gardener’s Chronicle, The Garden, etc. En Allemagne les. Annales de la D.D.G, aux Indes Anglaises Indian forester,etc...Mais leurs louables efforts n’ont pas encore eu, surtout sur le continent,le succès qu’ils méritaient.En France

(1) Voyez les articles de billiographie dans « Le Bambou » p. p. 68-72-122- 163 ; d’autres suivront.

(2) Un exemplaire du Keyen chiku fu existe chez M. Hans Spürry à Zurich;

(3) Voyez la fiche bibliographique dans « Le bambou », page 72; (4 ) idem. p.72. (5) idem p. 72; (6 | idem p. 164 ; (7) idem p. 123.

F. A. Carrière fut l’un des premiers et des plus vaillants champions de la culture des bambous. De 1866 à 1873 il. publia de très nombreux articles sur ce sujet dans la Revue Horticole.Vaillamment secondé par toutes une pléiade d’écrivains horticoles, 1l réussit à attirer l’attention des amateurs ; malheureusement les notions encore peu étendues sur l’éthologie et les exigences culturales de ces plantes les firent souvent délaisser par les cultivateurs pressés d’obtenir un résultat, peu enclhins à se donner de la peine et à rechercher les procédés de culture. C’est pourquoi les bambous ne se maintinrent guère que dans les climats et les sols réunissant des conditions exceptionnellement favorables.

Depuis deux ans, en présence des résultats que nous obtenons en Belgique, et nous appuyant sur la connaissance de la littérature spéciale qui concerne les bambous pour ne pas la répéter, nous avons cru utile de créer le présent périodique. Nous avons déjà pu constater que nos efforts ne sont pas entièrement stériles. En outre des relations plus étroites qu’il établit déjà entre les amateurs de bambous, (1) nous voyons se dessiner un mouvement en faveur de Îla culture de ces plantes et un bon nombre d'amateurs nouveaux se sont révélés, notamment en Belgique.

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Les Jardins Botaniques, et les parc publics d'Europe n’ont pas jusqu'ici beaucoup contribué à répandre dans le public le goût des bambous. Les Jardins d'essais, les jardins coloniaux, presque tous de création récente, n’ont guère pu mettre en lumière le parti que le commerce et l’industrie pourraient tirer de leur production en Europe. Les collections importantes de plein air sont bien rare dans les établissement officiels et publics ; 1l est plus rare encore qu’elles soient bien présentées. Il ne faut pas s’en étonner : sous les cieux où les espèces traçantes croissent sans soin, leur

(x) Nous avons cependant les plus grandes difficultés à nous procurer les adresses des amateurs anglais, et nous faisons ici encore un pressant appel à la complaisance de nos destinataires anglais pour qu'ils veuillent bien nous donner les adresses de leurs amis amateurs de Bambous,.

Nous saisissons cette occasion pour remercier vivement notre grand confrère le Gardener’s Chronicle,qui a eu l’amabilité de recommander à ses abonnés la lecture de nos brochures.

extrême vigueur, leur envahissement effraient, on les y taille et limite si bien qu’elles perdent leurs caractères ; ailleurs, où des soins assidus leurs sont nécessaires, la méthode de culture est inconnue, ou si récemment établie, que les résultats se dessinent à peine.

C’esten Italie que l’on voit les pius beaux bambous dans les Jardins Botaniques. Dans celui de Palerme le Dendrocalamus(et non Bambusa) macroculms (R.) H. de L. prend une ampleur remarquable dont la direction se montre fière à juste titre ; 1l en est à peu près de même de B.vulgaris et de Guadua distorta. Les espèces représentées dans cette collection sont assez nombreuses, malheureusement le manque d’eau, l’élaguage excessif, l’enchevètrement des rhizomes arrêtent jusqu’ic1 l’essor de la plupart des grandes espèces. A Rome 1l existe de beaux exemplaires de Phyllostachys bambusoides au Pincio ; au Jardin Botanique il y à un certain nombre d'espèces, même des Ayundinaria cespiteux et il est facile de voir qu'avec un peu de soin et d’espace la plupart des espèces prendraient un développement énorme.

En Portugal, le Jardin Botanique de Coïmbre compte déjà de beaux spécimens, et la direction, qui s'intéresse vivement à l’avenir de ces plantes, s’attache à augmenter la collection de bambous et à leur appliquer une culture rationnelle ; nul doute que le résultat ne soit très vite remarquable.

En France, le Jardin d’essai de la Villa Thuret à Antiles est, sans contredit, un point privilégié pour la plupart des bambous ; on y pourra cultiver en plein air un très grand nombre d’espèces.- Déjà la collection est très importante, et quelques espèces anciennement établies développent des chaumes de 6 à 12 mètres de hauteur. Les Ayundinaria cespiteux de l'Himalaya y sont fort bien représentés, fait précieux, car on à rarement l’occasion de les comparer et de les étudier côte à côte en exemplaires bien caractérisés. Le Parc Borély à Marseille contient quelques bambous, et le Jardin Botanique de Montpellier présente une culture 1rr1guée de plusieurs espèces en mélange où Ph. muts atteint dix mètres. On y voit aussi, en jeunes plantes, une nombreuse coliection que cette établissement doit à la munificence d’un grand seigneur. La collection de plein air au Muséum de Paris ne répond nullement aux possibilités sous ce climat ; mais à Nogent-sur-Marne (près de Paris) la direction du Jardin d’essais s’applique à réunir un nombre impor-

tant d’espèces dans un sol éminemment favorable. A Toulon, Tours, le Mans, Nantes, Soissons etc. on peut voir quelques spécimens déjà beaux.

En Suisse, le Jardin Botanique de Genève possédait une collection peu nombreuse, il est vrai, de plantes déjà belles et en bonne voie ; mais on les a déplantées il y a peu d'années, et tout est à recommencer | Zurich compte quelques plantes vigoureuses et établies depuis longtemps. Toutefois les plus beaux spécimens des Jardins publics de Suisse, notamment du parc de Morges, étaient des Ph. puleruta (Henoni) atteignant huit mètres, qui ont tous fleuri et sont morts jusqu’au ras du sol.

En Angleterre,Edimbourg compte un bon nombre dépas lents spécimens et 1l est probable que son Jardin Botanique est le plus septentrional de ceux qui en Europe présentent des Bambous en plein air au public. La collection de beaucoup la plus importante est celle de Kew. Son Bamboo Garden commencé en 1892 comprenait en 1904 déjà 46 espèces et variétés de plein air. Certaines d’entre elles atteignent 5 m, 50 de hauteur. Malheureusement le manque d’espace et la nécessité d'empêcher de se mêler des plantes destinées aux études de Botanique, oblige à des bêchages annuels entre les touffes, travail qui, détruisant les rhizomes trançants, enlève aux plantes une partie de leur vigueur, de leur ampleur, le leurs caractères. Nous avons remarqué que depuis quelque temps on s’attache à remédier à ces inconvéments et que la méthode de culture a été favorablement modifiée en ce sens que l’on a largement espacé les touffes nouvellement plantées. Toutefois la plupart de ces plantations récentes sont plus ou moins sous l’ombrage de on arbres et à proximité de leurs racines quiles assoiffent

tles affament.On peutremédier en partie à cesinconvénients, mais non pas à l’ombrage qui est fâcheux au plus haut point pour les bambous sous un climat où l'été manque déjà de chaleur. Le léger abri d’hiver que les grands arbres leur offre peut-1l compenser l’effet funeste de leur ombrage pendant l’été ? Nous ne le croyons pas.

En Allemagne nous rencontrons une collection très soignée et très importante, autant par sa situation géographique que par le nombre des espèces,cultivées au Jardin du Château de Heidelberg. On a disséminé les bambous afin de pouvoir les laisser tracer à leur aise, sans qu’ils se mêlent. Déjà nombre d’espèces y atteignent entre 4 et 6 mètres de

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PI, N° VI. — Le « Bamboo garden » de Kew. Photographies prises le r2

hauteur et charment le public. Les annales de la D. D. G. relatent chaque année les progrès de cette collection. A Bonn-Poppelsdorf on voit un petit noyau de collection que l'hiver dernier a sérieusement Hd a

En Autriche et Hongrie, les Jardins Botaniques de Vienne et de Buda-Pest renferment quelques plantes qui donnent une piètre idée de ce que l’on peut obtenir sous ces climats déjà excessifs. Il ne faudrait cependant pas désespérer, et 1l est possible que des espèces telles que Px. puberula, violascens. À. mthda, que l’on n’y a pas essayées, y donneraient, avec des soins apropriés, des résultats inattendus.

En Rüässie, nous rencontrons sous l’excellert climat de Soukhoum-Kalé sur la mer Noire, une belle collection qui comptait déjà 30 espèces en 1905 et s’accroit rapidement. Quelques espèces anciennement établies yont un beau développement,d’autres comme B.sphinosa qui manque de chaleur à Alger, y prospèrent rapidement. Non loin de là; au Jardin d’apanage de Batoum (Tchakwa) on peut voir des Ph. pubescens de plus de o m.. 10 de diamètre et 15 mètres au moins de hauteur.

En Belgique, le Jardin Botanique de Bruxelles a fait en 1905 un très louable effort en introduisant de forts exemplaires d’une douzaine d’espèces rustiques qui sont venues se joindre à un ancien fond peu important. Il n’est pas douteux que, à la longue, 1l ne présente*au public de beaux spécimens bien cultivés. Le Jardin Botanique de Liège développe aussi ses cultures dans ce sens. Les villes d'Anvers, de Gand, d’autres cités encore, ont commencé à introduire des bambous dans leurs Jardins publics.

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