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CEPSSURRE VIT EXPOSÉ DE NOS ESSAIS EN BELGIQUE

Nos premiers essais de culture des bambous en plein air datent de 1883. Ce fut un modeste début qui ne comprenait qu’une faible plante d’A. Japomica. En 1885 nous avons rapporté d’un séjour à Blois (France) sur les bords de la Loire, les Ph. mgra et aurea ; puis en 1887, un envoi comprenant de nombreuses espèces nous vint de M. Mazel, à Anduze (Gard) France. Depuis lors, presque chaque année, notre collection s’enrichit de plusieurs espèces ou variétés obtenues par voie d'échange, d’achat, ou reçues de correspondants qui secondent notre œuvre de vulgarisation.

Elle comprend aujourd’hui environ 60 formes (1) dont plus de 40 ont été essayées avec plus ou moins de succès

en plein air.

Y compris les jeunes semis et les divisions, nous avons dé'à produit ou planté à l’Ermitage plus de 1500 plantes distinctes. Cependant, à notre sens, la question importante n’est pas d'introduire et de posséder un grand nombre d’espèces, c’est le premier point nécessaire, mais il faut ensuite les étudier :

1° Au point de vue systématique ;

22 Id. id. biologique ;

2 Id. id. ethologique (æcologique) et cultural;

4° Id. id. commercial.

Ce sont les deux derniers points que nous nous proposons de développer ici, ils représentent le côté pratique de nos recherches. Nous nous attacherons surtout au troisième, le quatrième n’ayant pas encore pu être suffisamment étudié,

(1} Voir la liste: « Le Bambou >» p. p. 10 120.

PRINCIPES DE CUELUREMN BEL GIOUIRE

À l'exception d’une seule espèce (4. méda), tous les bambous rustiques que nous cultivons en Belgique, sont énunemment traçants ; c’est-à-dire qu’ils développent sous terre de vigoureuses et longues tiges horizontales capables de donner dans la suite naissance à des chaumes aériens (1). Il est donc avant tout nécessaire de mettre les plantes dans des conditions telles qu’elles puissent se développer normalement sous terre. Pour la majorité des espèces, plus le chimat est froid, plus le sol doit être léger pour obtenir des plantes traçantes. En Belgique, quand on dispose d’un sol favorable, c’est-à-dire argilo-sableux, très perméable à l’eau et à l’air, ce résultat s’obtient facilement par deux procédés :

1° En important d’un climat tempéré (comme la Chine moyenne, le Japon moyen ou la région méditerranéenne) de fortes plantes à grands chaumes, dont la lourde motte de terre renferme de vigoureux rhizomes (2). Ces plantes, qui doivent porter plusieurs chaumes de un an et plusieurs de deux ou trois ans pour être parfaites, apportent dans leurs tiseus la réserve d’aliments et de puissance vitale nécessaires pour émettre dès la première année de plantation de longs et vigoureux rhizomes qui envahissent le sol environnant.

2° En cultivant en serre les divisions anémiées que le commerce européen, et souvent le commerce Japonais, hvrent couramment. On crée ainsi en deux, trois ou quatre années des plantes vigoureuses et volumineuses qui, mises en pleine terre au printemps prennent leur essor dès la première année. Nous préconisons dans le premier cas la mise en place vers /in mars, et dans le second à fin mai ; en toutes ciyconstances avec arrosements copieux, même S'il pleut.

Nous avons indiqué précédemment (3) en détail quelles sont les précautions à prendre pour effectuerune bonne plantation ; néanmoins, nous répétons que, EN BELGIQUE, 1 est absolument indispensable que la motte plantée ne soit pas recouverte de terre nouvelle. Mais à ceci ne doivent pas se borner les soins de culture et abandonner dès lors la plante à ellemême serait perdre presque toujours le fruit des peines que

(x) Voyez Le Bambou p. 147 et suivantes, (2) Voyez Le Bambou pp. 81 à 84.

(3) Voyez Le Bambou pp. 15 à 22.

— Aie

l’on s’est données. Pendant tout l’été qui suit la plantation, des arrosages copieux sont indispensables et dès que des feuilles nouvelles se développent, on peut donner des engrais liquides ; mais on aura toujours soin d'éviter les composés qui contiennent de la soude. Au cours des années suivantes des arrosages seront donnés chaque fois que le terrain commencera à se dessécher. Comme engrais nous préconiSONS :

S1 le terrain est siliceux, de septembre à mars des applications répétées d’engrais liquide, de scories Thomas phosphatées (ou de Ph. O°3 Ca, O) et de sulfate d’ammomaque mêlé par moitié à du sulfate de potasse ; si le terrain est calcaire il est préférable de remplacer les scories par du superphosphate de chaux. De mars à septembre nous conseillons de ne donner que des engrais hiquides naturels additionnés d’une très faible dose d'engrais chimique exempt de soude,

Les bambous sont des plantes extrêmement voraces, une fois établies, elles ont besoin de grands espaces et de grandes quantités d'engrais, qu’elles utilisent très rapidement pour peu que le temps soit chaud. Nous conseillons de planter à vingt mètres au moins les unes des autres les grandes espèces que l’on ne veut pas laisser se mêler. On tiendra le sol autour des mottes exempt de mauvaises herbes, humide et couvert de pailli en toutes saisons. Moyennant ces précautions. les tiges souterraines se développeront souvent dès la première année et gagneront en tous sens autour de la motte, mais surtout au sud et à l’est, deux ou trois mètres chaque année. Les chaumes aériens naissent sur les tiges souterraines seulement à partir de l’année qui sut le développement de celles-ci. I en résulte que, à l’automne, le sol est toujours envahi par les rhizomes à deux ou trois mètres (parfois plus) ex avant des chaumes. Il faut tenir compte de ce fait lorsqu'on travaille autour des plantes, quand on leur donne de l’engrais, qu’on place le pailli ou la couverture d'hiver ou les enclos qui protégeront la sortie des jeunes chaumes au printemps.

Il est indispensable, pour bien les cultiver en climat froid, de se rendre exactement compte de la succession des phénomènes biologiques au cours du développement des bambous traçants.

Supposons que nous commençons à étudier une plante de Phyllostachys bambusoides au début de la formation des

rhizomes parfaitement traçants, c’est-à-dire dont l'extrémité est capabie de se développer indéfiniment sous terre sans se relever en chaume. Nous constatons, au cours de la première année considérée, l’élongation et l’enracinement du rhizome, et la naissance de branches divergentes souterraines. Représentons la vigueur du rhizome par I; elle est Jonction de la vigueur de la plante qui le produit, et des conditions climatériques (1). |

Au cours de la 2° année, le long du rhizome développé la 1° année, il y a production de chaumes aériens d’une vigueur que nous représenterons par À, elle est fonction de celle du rmzome.

Pendant cette 2° année, le rhizome et ses branches exécutent un nouveau développement et produisent de nouvelles branches souterraines divergentes. Tous ces rhizomes développés au cours de la 2% année acquièrent une vigueur Ï + », Jonction des mêmes facteurs que le rhzome développe la re année et en même temps fonchon de la vigueur des chaumes développés sur le rhizome poussé la rre année.

Au cours des années suivantes, cette progression continue, mais elle n’est pas indéfinie. Le rhizome agit comme conducteur d'énergie. et son extrémité croissante acquiert une vigueur progressante, fonchon de toute la portion vivante développée auparavant, ainsi que des chaumes que porte celle-cr. Après un certain nombre d'années, à mesure que l’extrémite croissante se développe, l’autre bout meurt d’une quantité équivalente : le régrme de vigueur du rhizome est alors établi.

D'autre part 1l faut considérer qu’une portion de rhizome développée au cours d’une année porte un nombre limité de bourgeons latéraux, un par mérithalle, qui ne sont capables de se développer que pendant un nombre limité d’années. D’après les botanistes japonais ce laps de temps serait de 4 années au maximum (2). Après une période de 4 ans, tous les bourgeons d’une portion de rhizome poussée en un an seraient, disent-1ls, développés, ou morts.

Les chaumes développés la 1'° année (2"° de la vie du rhizome), ont donc une vigueur À déterminée comme nous venons de le dire. Les chaumes développés la 2”* année À + a ; ceux poussés la 3"° année, À + a +— a ceux poussés la 4° année À +- a + 4° + 4”. On comprend

(1) Pour la structure du rhizome, voyez Le Bumbou, p. 148, PI. IV. (2) Il ne nous a pas encore été possible de vérifier l'exactitude de cette donnée.

donc l'accumulation progressive de vigueur, Jonction de deux séries d'éléments : 1° la série des vhizomes : 2° la série des chaumes.

L’invigoration est très rapide pendant les premières années ; cette rapidité décroit ensuite pour devenir nulle après 8 ou 10 ans de développement : toutes conditions de climat et de culture étant supposées constantes pendant cette période. Il faut noter que la résistance aux intempéries suit une progression Jonction de celle de la vigueur. On ne peut donc conclure à la non rusticité d’une espèce que si elle succombe aux intempéries après que, par des soins et des procédés de culture, on l’a amenée à son maximum de vigueur et de résistance, avant de la laisser lutter seule contre le climat. Nous réalisons cette condition de maximum de vigueur et de résistance, dans la mesure du possible, en maintenant en serre les plantes nouvelles, au moins jusqu’à ce qu’elles tracent parfaitement.

L’exposé de cette succession de phénomènes fait comprendre pourquoi, même au Japon et en Chine, 1l faut 8 ou I0 ans pour qu’un 1 bois de bambous traçants soit en plein rapport.

lsésulte de ce “qui précède que les rhizomes doivent pouvoir envahir de grands espaces pour être capables d’acquérir toute la vigueur possible dans des conditions données.

On comprend que si l’on sectionne le rhizome conducteur d'énerpie} Son extrémité en développement s’en trouve affaiblie pour l’avenir d'autant plus que la section laisse moins de chaumes et de rhizome en communication avec le bourgeon d’allongement souterrain. De même si l’on supprime les chaumes jeunes pendant la période où ils sont en communication avec le rhizome et pratiquent des échanges avec lui, on affaiblit plus ou moins le bourgeon d’allongement du thizome. Il importe donc d’être très prudent dans la suppression des chaumes vivants et de l’éviter complètement au moins pendant les 4 ou 5 ännées qui suivent la plantation et, dans la suite, de ne l’opérer que suivant la méthode exposée plus loin.

Pendant les premières années, il est facile de se rendre compte en Belgique de la position des rhizomes dans le sol. Ils cheminent toujours en ligne droite etleur marche esto jalonnée par les chaumes qu’ils émettent en groupes. On voit donc plusieurs groupes alignés au-dessus de chaque rhizome, et la pointe souterraine de celui-ci est, à l’automne,

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