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Japon. Ce ne sont donc pas les espèces de Chine les plus septentrionales qui se retrouvent au Japon. Ce sont cependant celles-ci qui, au cours des périodes antérieures, auraient pu s'étendre le plus au Nord et gagner l’ Amérique et le Japon.

Les grands bambous ont en général une aire de dispersion naturelle fort restreinte ; on ne trouve largement répandus à la surlace du globe, que les bambous utiles, cultivés et propagés par l’homme.

Ce fait se comprend aisément quand on considère les moyens de déplacement des bambous ét tout particulièrement quand on étudie le mode de fructihication des Phyllostachys et des Arundinaria. Malgré leur grande facilité de se déplacer en cheminant sous terre, le moindre obstacle naturel: fleuve, chaîne de montagne, région trop sèche, suffit à arrêter leur rhizome souterrain, et à circonscrire leur aire naturelle pour longtemps, peut être même pour toujours. Examinons aussi leurs fruits. Leurs caryopses féculents, lisses et lourds sont dépourvus de moyens de s’accrocher aux animaux. Leur constitution s'oppose à ce que le vent les transporte au loin, et à ce qu'ils puissent survivre à leur passage dans le tube digestif d’un animal. Le séjour dans un milieu humidelesdétruit vite,siles conditions requises pour une prompte germination ne sont pas réunies. Entn les carvopses de certaines espèces perdent très rapidement leur faculté germinative, quelque soin que l’on en prenne.

Une particularité des caryopses de l'A. Simomi var. variegata explique ce fait. Nous avons pu les observer en grande quantité au cours de cette année, et nous avons constaté que le développement dela jeune radicelle précède toujours — en Belgique au moins — la maturité complète et la chute du fruit. Nous avons même observé des fruits encore verts,mous et adhérents fortement au rachilla de l’épilet, dont la radicelle avait déjà crevé l’épideme du scutellum. Ce fait ne dépendait pas d’une humidité excessive de l’atmosphère. [Il en résulte que en pratiquant des semis de graines non triées le jour même de la récolte, nousavons obtenu 95°/de germination.Un semis de graines sélectionnées, fait quinze jours après la récolte, n’a donné que 25"/. de germination, et un mois après Îla récolte, la levée fut quasi nulle. Il parait bien improbable que des végétaux qui se trouvent dans des conditions

analogues, aient pu passer spontanément de la vallée du Yank-Tsé-Kiang au Japon. |

Si cependant cette migration s’est effectuée, il semble qu'il doive en rester une trace dans quelque partie de la Corée.

Entn, il parait tout à fait improbable que sous des

climats aussi diilérents que ceux de la plaine de Chine et

des îles tempérées du Japon il ait pu se produire par suite de variations parallèles, des formes représentatives de grands bambous, descendant d'un ancêtre commun, suffisamment voisines les unes des autres pour qu'on puisse les confondre.

Nous pensons donc que c’est en Chine qu'il faut aller chercher la souche de presque toutes les grandes bambusacées qui nous sont arrivées par l'intermédiaire du Japon.

C’est aussi en Chine et en Corée croyons-nous, que l’on pourrait découvrir des espèces nouvelles dont quelques unes seraient peut-être mieux appropriées encore au climat de l’Europe moyenne que celles que nous possédons aujourd’hui.

S'il est incontestable que les Phyllostachys flexuosa, R., mitis, R., pubescens, EH. de L., violascens RK., viridiglaucescens, R., sont originaires de Chine, pour beaucoup d’autres on désigne un point d'origine — le Japon — qui nous parait contestable. Il en est de même de certains Bambusa et Arundinaria dont nous parlerons plus tard.

Le Keyen-chiku-fu,dont Sir Ernest Satow a publié une version anglaise relate les circonstances qui ont accompagné l'introduction de quelques espèces chinoises. Mais il en est d’autres, pour lesquelles la tradition est muette, et c'est de celles-ci que nous voulons vous parler.

A). Phyllostachys nigra, Munro.

Ce bambou, le plus polymorphe que nousconnaissions, fut introduit en Angleterre en 1827. Le Vice amiral Cécile le rapporta du Nord de la Chine en France en 1845. Il est largement cultivé au Japon comme plante d'ornement et comme plante de rapport ; mais on ne l'y signale pas en dehors des cultures, au moins dans sa forme noire.

D'après les échantillons fleuris contenus dans l’herbier

. de Kew il est largement répandu en Chine. Il y est aussi

variable qu’au Japon.

Il a été collecté fleuri à Nanto par Wilson en Mai 1888

| et par le D' Aug. Henry en Mars 1880.

D'autres échantillons fleuris contenus dans l’herbier

de Kew sont dénommeés : | Ph: Veichana, Rendle, collecté le 24 Mars 10e dans le Hupeh ;

PhFaurmer:, Hackel, Sp: nov/1lsu, 1808

Ph. Henry, Rendle, collecté par le D Elo 1889 dans le Hupeh.

Ph. nana, Rendle, collecté parle D' Henry, Octobre 1887, Ichang.

Les échantillons fleuris portant ces quatre dénominations sont, à notre avis, des formes se rattachant toutes à Ph. nigra et ces noms nous paraissent superîlus. Mais ils prouvent que l'espèce est largement représentée enChine, et qu'elle y est si polymorphe, que les auteurs des noms cités plus haut ont cru devoir dénommer différemment chaque échantillon de provenance nouvelle qu'ils examinaient.

Il nous parait cependant qu il n’y a pas lieu de maintenir ces distinctions qui reposent uniquement sur la dimension, la nuance des chaumes et sur la dimension et le degré de pubescence des glumelles, différences florales que nous avons trouvées au même dégrés sur des pieds différents de Ph. Henonis Mitiord, fleuris en Europe dans des conditions diverses. Le rapport de M' S.T. Dunn sur l'expédition de 1905 au Fo-Kien mentionne que Ph. mgra est largement répandu et cultivé dans cette province chinoise. Suivant les variétés, et peut être d’après les usages, 1l y porte au moins huit dénominations locales. Il parait y prendre un grand développement, car on l’y utilise comme mat de jonque. Ses jets amers sont mangés, 1l sert à la vannerie et à de nombreux usages.

L'examen de très nombreuses plantes vivantes, et de très nombreux échantillons Îleuris récoltés en Chine, au Japon et en Europe, a fait faire chez nous un grand pas à la conception de l'unité de l’espèce, en même temps que de son origine chinoise. Nous ne connaissons en Europe qu'une petite partie des variations de l'espèce. Il y a même des variétés introduites en Europe, qui ont passé presque inaperçues, et l’une d'elles, cultivée en Angleterre,*est restée Jusqu'à ce Jour sans description et sans nom parce qu’on l’a confondue avec Ph. Quilior, R. var. Castillonis. Quand elle ne fleurit pas il faut une grande attention pour l’en distinguer. LEUR

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