‹ BambuseaeChapitre 75 sur 94 · D'LL -E · texte numérisé non relu

D'LL -E

intru gênant, bon tout juste pour débourser, sans se mêler de rien autre | |

Dans les grands domaines où la situation enviable de jardinier en chei, ou de chef de culture est assez largement rétribuée pour qu'un homme à la fois intègre et instruit y demeure de longues années avec un nombre suffisant de manœuvre sous ses ordres, l'amateur obtient de bons, ou même d'excellents résultats. Mais ce sont là des situations exceptionnelles : il existe un bien plus grand nombre de jardins d'une modeste superficie, où un homme seul — pariois avec un aide aux époques des gros travaux —

peut exécuter toute la besogne.

Dans ces conditions la difficulté de trouver un jardinier à peu près convenable se corse énormément. Le manœuvre non diplômé est presque toujours incapable : ce n’est pas sa laute, mais c’est un fait.

Le jeune jardinier diplômé, frais émoulu de l’école, miirecherche ou accepte d'être jardinier seul, se croit presque toujours, par ce lait même, dans une situation indigne de lui.

Il a encore toutes ses illusions : il est là en attendant le poste rêvé de jardinier en chef, le seul qui soit digne de Jui. Ou bien, il compte sur le hazard pour lui fournir le capital nécessaire pour s'établir: il ne le cache pas.Le désir de s'établir est parfaitement légitime; mais bien rarementil lui vient la pensée qu'il doit tout d’abord acquérir de l’expérience par la pratique ; qu'il doit aussi par son travail et son économie, se procurer le capital nécessaire à son établissement. |

Voici donc un amateur de plantes qui, sur le vu d’un document signé par quelques membres a’un jury, confie à uninconnuses collections, pariois d’une valeur très considéni Cest le moyen inespéré pour cet inconnu de

devenir un habile cultivateur et de commettre au compte

d'un autre toutes les gailes inévitables aux débutants. C'est en même temps pour lui le moyen d'économiser en peu d’années un petit pécule.

Et les professeurs qui l’ont soit disant formé, ne l'ont pas mis à même de comprendre et d'apprécier l’heureux

sort qui lui échoit ?

C'est aussi étrange que impardonnable !

S'ils n’ont même pas pu faire cela, ils ont eu grand tort de lui conférer un diplôme !

Dès son entrée en fonction, comme jardinier seul, le jardinier diplômé cherche donc une situation ailleurs, il méprise sa place, travaille sans goût, le moins possible, ne satislait naturellement pas l'amateur qui l’emploie, reçoit malles conseilsetles observations, se déplait d'autant plus. Il court alors les cabarets pour s'informer d’une meilleure situation, ce qui ne se fait pas sans boire et dépenser plus que de raison. S'il est marié, la discorde entre alors dans le ménage. Furieux chez lui, mécontent à la besogne, il fait du mauvais service et se fait congédier. Lui, peut-être brave et bon garçon, honnête et instruit, il se fait congédier, disons-nous, comme le dernier des malandrins !

À qui la faute ?

Nous croyons que la faute en est pour une large part à l’école par laquelle il a passé. Le recrutement des élèves, point dont j’école n’est pas responsable estfort défectueux. Ce sont, pour une part, des fils de jardiniers, de petits horticulteurs, d'entrepreneurs de jardinage. Chez ceux-ci les pratiques les plus condamnables sont fréquemment ancrées avant leur entrée à l’école. Souvent aussi quand un jeune homme réunit tous les défauts qui font dire d’un individu qu'il n’est bonà rien; lorsque à bouts d'expédients, ses parents ne savent qu'en Îaire, ils l'envoient à l’école d’horticulture. Il y a aussi beaucoup d’honnèêtes sujets qui fréquenteut ces écoles, mais combien y échapperont à la contagion des mauvais ? Cependant tous, même les plus réussis de ces mauvais garnements,obtiendront tôt ou tard leur diplôme ; car on n’est pas bien exigeant aux examens de sortie. L'école ne se dépeuplerait-elle pas bien vite si quelques refusés chaque année clamaient leur colère, en parlant d'injustice flagrante, de partialité, de tout ce que tous les busés invoquent !

Lesexaminateurs savent aussi combien un élève, même instruit, peut être malchanceux ou ému au cours d’un examen de quelques minutes. Ils savent aussi que souvent les parents ont fait de lourds sacrifices pour fournir un gagne-pain honorable à leur Hls. Peut-on leur reprocher trop sévèrement leur indulgence ?

Pour nous résumer, nous citeronsle mot d’une personnalité qui touche de bien près à l’enseignement horticole. « De tous les élèves qui ont passé par telle école et que » j'ai pu apprécier, il n’y en a pas un seul que je voudrais

» pour soigner mes cultures ; il n’y en a pas un seul que > j'oserais vous recommander pour soigne#les vôtres. »

Cependant l’enseignement technique des écoles d’horticulture est suffisant, Par contre l’éducation sous le rapport des drotts et des devoirs du jeune jardinier est nulle ou tnefficace. Quant à l’enseignement pratique, il y est forcément insuilisant. Le professeur de pratique s’occupe d’un élève quelques minutes chaque jour, au cours de deux ou trois années. Cela ne peut suffire pour apprendre à des jeunes gens à mettre habilement en pratique la théorie qu'ils viennent d'étudier. Nous ne croyons pas que cette notion d'insuilisance leur soit inculquée. Les professeurs de pratique qui disent — et surtout qui font croire — à leurs élèves que leur cour est insuffisant sont bien rares !

[1 faudrait que l’enseignement fit comprendre aux jeunes gens que la science horticole est essentiellement expérimentale. Qu'elle est soumise à de nombreuses conditions variables d’une région à l’autre, d'un jardin à l’autre, d’une serre à une autre. Ce n’est aucunement une science exacte comme la géométrie et l’algèbre. Les propositions théoriques ne restent vraies que sous de multiples conditions : elles ne sont que des vérités relatives et non des Memresnabsolues: Il en résulte que la pratique varie constamment d’un lieu à un autre et que l’expérience ne vient que lentement après bien des années,et non en recevant un diplôme. Celui-ci devrait être représenté, non comme un bût faisant de celui qui l’obtientun horticulteur consommé, mais comme un gage que son titulaire a un certain savoir et certaines aptitudes qui permettent d'espérer qu'il deviendra un bon jardinier.

Ce principe inculqué au cours des études serait le seul moyen de combatre, chez les sujets intelligents, la suitisance des jeunes diplômés.

Il y a donc là une grave lacune dans l’enseignement. Mais où la tendance est particulièrement mauvaise, c'est quand on y prêche l’orgueil. On cherche, dans ces écoles — comme dans l’armée — à développer l'esprit de corps : la fierté d’appartenir à une honorable profession, et surtout Een detre un élève diplome de telle. école. Ce senttmentaléeitme Let excellent cn [uimème, dévie trop facilement en suffisance et en mépris du travail manuel : l’inconcevable mépris du travail manuel qui prend tous Îles fils d'ouvriers dont l'instruction incomplète est encore mal

ARS (ete

digérée et qui les mène tout droit à la paresse.

La pensée dominante, qui perce dans presque tous les entretiens que nous avOns eus avec de jeunes jardiniers diplômés est celle-ci.

» Je suis si savant, j'ai passé par une si bonne école, que je » suis apte à remplir les plus hantes fonctions ressortissant » de ma profession. »

Avec de pareilles dispositions, le jeune jardinier diplômé, qui accepte la situation de jardinier seul, se déplait dès le début, est d'avance hostile et découragé. Il est insuffisant au point de vue manuel, et déjà mûr pour le congé.

Nous répondrons sans détour : « Vous n'êtes pas ce » qu'il faudrait surtout que vous fussiez : c'est-à-dire des » travailleurs manuels capables de faire prospérer, fleurir > et fructilier par vos soins assidus les plantes que l’on vous MOMIE

La faute en est, nous le répétons, à la tendance de l’enseignement qu'il a reçu.

Contribution à l'étude du processus de la végétation chez les Bambusacees (1.

Nous nous proposons d'examiner d’une façon générale et succinte, sans entrer dans les détails,ni mentionner Îles exceptions, le mode de développement, depuis la germination jusqu’à la fructification, des graminées ligneuses à feuilles articulées.

Afin de simplifier notre exposé, supposons un caryopse de bambou semé en milieu favorable, le sinus en dessous, de telle façon que le scutellum soit dans un plan vertical.

GERMINATION. — Lorsque le caryopse ainsi placé entre en germination, la radicule crève l’épidèrme du scutellum. Elle est tout d’abord dirigée presque horizontalement, puis elle décrit aussitôt, en se développant, une courbe,et s’enfonce verticalement. Quand elle a atteint quelques centimètres de longueur, il en sortune tigelle verticale. Celle-ci. est insérée sur la convexité de la partie arquée, tout près du point où la radicule émerge du scutellum

DÉVELOPPEMENT. — La tigelle est enveloppée dès sa base de gaînes minces, enroulées, qui sont des pétioles,

(x) Voyez plus haut, N° I, pp. 22 à 36

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