‹ Bandages et appareils à pansements, ou nouveau système de déligation chirurgicale (volume 2)Chapitre 15 sur 84 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DESCRIPTION DES LIENS LES PLUS INDISPENSABLES D'APRES LES DIVERSES RÉGIONS DU CORPS QUI RÉCLAMENT LEUR APPLICATION SPÉCIALE.

I. Dans toutes les affections du crâne et de la face, un linge plié en cravate peut, sans doute, suffire le plus souvent { Cravate circulaire de la tête) ; mais le triangle sera toujours préférable, pour fixer convenablement, sur ces parties, toutes les pièces d'appareil. La facilité qu'on aura d’assujettir, avec une épingle, ou de réunir, par un nœud, les bouts de ces déux liens, les rendra on ne peut plus commodes. Lorsque le linge affectera la forme triangulaire, la base pourra, à volonté, être placée et fixée en avant, en

arrière, ou sur’ les côtés de la tête, suivant le siége de la

blessure et l'indication qu'elle présentera ; c’est-à-dire , que le centre de cette base, la partie qui offrira Le plus de résis-

tance , sera celle aussi que l’on aura soin de faire agir, sur.

là région où elle devra appuyer le plus. | Ce triangle aura alors ce grand avantage, c’est qu’il donnera toujours un bonnet, par la manière d’en arranger et assujettir le sommet, et qu'il aura, grâce à cette disposition , peu de, tendance à se granger, CE riGngle bonnet de la tête (1).) | | IT. Un masque n'est qu'un triangle, percé de trous, pour

(4) Ce mot de bonnet se reproduira souvent dans ce chapitre; car j'ai donné ce nom à tous les triangles qui sont appliqués sur toute partie qui se: (termine en forme de téte ou de corps ar rondi, et qui sont destinés à emboîter, et, en quelque sorte, à coiffer ces régions ferminalcs. On verra,que partout ils justifient lé Ho que je leur ai donné, et que, sûr le petit doigt comme sur la tête, ils remplissent bien réellement l'office de bonnets. S'ils n’ont äucun analogue parmi les bandages proprement dits, ils figurent au moins, depuis long-temps et partout, en. lieu et place de bonnets et de coiffes sur l'an corome sur l'autre sexe.

PA

les ouvertures du visage, qu'on applique sur celui-ci, et qu'on assujettit à un bonnet ou qu’on fixe à la tête, sans ce dernier. ( Triangle facial.)

IL. Voulez-vous, après l'opération du bec- de-lièvre, soutenir l’action de la suture, au moyen d’un bandage unissant? Il en est deux que je conseille :

1° Placez derrière la nuque, c'est-à-dire, au niveau de la bouche, la base d'un triangle convenable ; ramenez ensuite et fixez, au sommet de la tête et sur un bonnet, le petit angle de votre linge triangulaire ; croisez alors les deux autres angles sous le nez, soit en les plaçant , simplement l’un sur [k autre, soit en les passant, l’un dans l’autre, au moyen d’une boutonnière pratiquée à l’un des deux; arrêtez, enfin, les extrémités des angles au bonnet, ou comme vous le jugerez convenable. { Triangle cervico-labial. ) ‘

. 2° Appliquez la base d'un triangle au-devant du front;

dirigez-en les deux chefs vers la nuque où ils seront croisés ; ramenez-les ensuite directement en avant , pour être de nouveau croisés sur la lèvre, comme il vient d'être dit pour le . précédent triangle. Une épingle au croisé de la nuque, et une vers chaque tempe, rendront ce bandage immobile et suffisant. ( Triangle fronto-cervico-labial.)

Avec ces triangles, posés ainsi que je viens de le dire, on peut parfaitement se passer du bonnet, comme il est facile de s’en assurer, et cette circonstance pourra n ’être pas à dédaigner dans plus d'une occasion. Je crois même que l'appar eil n’en sera que plus solide, puisqu'il sera tout, d’une pièce, et que cette seule pièce nous donnera, tout à la fois, et le bonnet et le lien. Il faudra, dans ce cas, ramener le sommet du premier triangle jusqu'au haut du front , et celui du second à la nuque, et on les ajustera convenablement vers ces parties. Jé dois ajouter que, dans cette occasion, comme dans beaucoup d’autres ; si le linge est d’un tissu fin, doux et léger, ces liens ne laisseront rien à désirer.

IV. Les blessures des lèvres , des joues et de la RUE inférieure réclament, ordinairement , une mentonnière ou la fronde, lesquelles j’arrange de la manière suivante : La base d'un triangle est placée sur la partie postérieure et supérieure du crâne, la pointe tournée en avant; les longues extrémités

DESCRIPTION DES LIENS D'APRÈS LES RÉGIONS. 19 de ce triangle sont ramenées et croisées-au-dessous €t au devant du ménton, et assujetties vers là région tempOrale"t ou mastoïdienne. (Triangle occipito-mentonmier.) |

V. Un lien, à peu près pareil, sera employé pour les léstofs de la région parotidienne, et pour. celles vers l'angle du maxillaire inférieur; seulement, au lieu de croiser ses chefs au devant du menton, on les dirigera plus en arrière, et on les assujettira vers le côté sain. On arrangera ensuite , sous l'oreille et du côté malade, la base du triangle , afin qu’elle emboîte exactement les parties. (Triangle brest laïre (1).

+ Est-il nécessaire que je recommande la cravate; pour les lésions et pansements de la nuque et du col? Elle est là à sa place naturélle, et rien ne peut la surpasser. Je dirai seulement, qu'il m'arrive parfois, pour la rendre et la maintenir plus large, d'y introduire un carton mince, quelques doubles de papier gommé, et même, un léger treillis en fil de fer, dans le cas où une abondante suppuration ramollirait trop le papier ou le carton. (Cravate cervicale.)

VII. Pour favoriser la réunion des plaies transversales du cou ; et incliner, en conséquence , la tête sur le côté correspondant à la blessure , on se sert d’un triangle dont la base est placée sur le vertex, et à la partie de la tête opposée au côté vers lequel on veut la faire fléchir ; un peu en arrière, par exemple, s’il s’agit de ramener en avant la tête ; à droîte s’il convient de la courber sur l’épaule gauche. Après avoir ajusté le triangle, vers cétte partie , et en forme de bonnet, on en dirigera les extrémités-en avant, en arrière ou sur l'un des côtés, et vers un bandage de corps, suivant qu’on voudra faire pencher la tête en avant, en arrière ou latéralement. -(Triangle occipito, ou fronto, ou pariéto-thoracique.)

VIIL. S'agit-il de. maintenir un cataplasme ou telle autre chose , ca le creux de l'aisselle? Appliquez , vers cette

(1) On a pu voir dans je liens II, IV et V, que j’aitoujours soin de faire arriver sur la tête même la partie La plus large du triangle, au rebours de ce qu’on fait le plus souvent , lorsqu'on noue les bouts de la cravate, du fichu, etc., sur le vertex. — Fixer ces extrémités étroites sur‘un Corps arrondi, est un contre-sens en déligation ; elles glisseront comme sür po boule, à moins d’être fixées à un bonnet placé préalablement sur la tête,

partie , le milieu d’une cravate ; ramenez et croisez ses chefs sur l'épaule du même côté, et conduisez-les ensuite, Fun par devant et l’autre par derrière la poitrine , jusque sous l’aisselle opposée où vous les attacherez. Si le mouchoir ge trouve trop court, un ruban, un bout d'attache vous suffiront pour compléter ce lien axillaire. Il s'arrange très bien encore , en passant , au préalable, le milieu d’une cravate sous l’aisselle saine , en ramenani ses deux bouts , l’un par devant et l’autre par derrière la poitrine, jusqu’au-dessus de la clavicule du côté malade, où on les nouera*ensemble. C’est à cette petite bandoulière que pourront s'attacher les extrémités de l’autre cravate, dont la partie moyenne portera sur l’aisselle affectée. (Cravate bisaxillaire.) |

IX. Un huit de chiffre se fait, à l'instant même, de deux manières : 4° avec une cravate, dont le milieu est placé derrière le dos, et dont les extrémités, après avoir passé, sur leur épaule et sous leur aisselle respectives, viennent se fixer au plein de la cravate. Mais, comme il faut ici un assez grand mouchoir, si je ne l'ai pas à ma disposition , je me sers alors du moyen suivant : 20 J'arrange deux petites cravates ; j'en place une sous chaque aisselle , et après en avoir attaché les bouts derrière chaque omoplate , je réunis ces deux anneaux axillo-scapulaires d'une manière quelconque , et je puis, de cette manière , déterminer, à volonté, le degré d'action sur le moignon de chaque épaule. {Cravates dorso-bisaxillaires.)

X. Avez-vous besoin d’un bandage de corps, pour la poitrine, le dos ou le ventre? Un linge plié en cravate, en triangle ou en carré long,vous suffira encore le plus souvent. (Cravate, triangle, carré circulaires du thorax, de l'abdomen.) Je dirai cependant, plus bas, un mot sur un moyen plus énergique et plus commode, pour le traitement des fractures des côtes, et la compression des mamelles.

XI. Vous soutiendrez très bien un cataplasme ou des pièces d'appareil, sur un sein, avec le triangle suivant : Placez-en la base immédiatement sous l'organe; dirigez l’une des extrémités sous l’aisselle correspondante , et l’autre sur l'épaule opposée ; réunissez-les derrière le cou ou l'omoplate; puis faites arriver, vers cette réunion, le sommet du triangle,

en le conduisant au devant de la mamelle, et sur la clavicule. (Triangle-bonnet du sein ou de la honte )

XIE. On maintient un appareil quelconque , à la partie antérieure ou postérieure du thorax, en plaçant, au bas de cette cavité, la base d’un triangle, en entourant le corps avec les deux angles qui correspondent à cette base, et en dirigeant le troisième angle ou la pointe du triangle, sur l’une ou l’autre épaule. A cette pointe est un ruban ou une attache quelconque , qui va se fixer à la partie de la base qui fait ici l'office de bandage de corps; on l’attache derrière , si le mal est antérieur, et vice vers. Gette pointe du triangle, ainsi assujettie et arrêtée , figure ici un scapulaire, lequel se trouve aussi rapidement construit qu’il est facile à appliquer et à maintenir en place. (Triangle thoraco-scapulaire.)

XIIL. Je fais un scapulaire avec une cravate , dont le milieu est appliqué derrière la nuque, et dont les bouts sont ramenés sur les épaules et fixés au devant de la poitrine. (Cravate cervico-thoracique.)

XIV. Si, au lieu d’une cravate, vous prenez un triangle ; placez-en la base à la nuque, et les deux extrémités de chaque côté du sternum. De ces trois pointes pendantes, celle du sommet qui se trouve vers le rachis sera fixée à la partie postérieure du bandage de corps, et les deux autres comme au précédent numéro. (Triangle cervico-dorso-sternal.)

Ce lien sert, non seulement comme le scapulaire ordinaire, à soutenir un lien circulaire abdominal ou thoracique, mais il peut suffire pour assujettir un objet quelconque derrière les omoplates. Rien n’est plus facile que de retourner ce l'en, en faisant arriver son sommet au devant du sternum, et ses deux extrémités de chaque côté du rachis.

XV. Une affection à la région lombaire , hypogastrique et inguinale, peut se panser avec un triangle, placé comme au numéro précédent, mais autour du bassin, au lieu du thorax. Le sommet qui est dirigé en bas , sera ramené, en forme de sous-cuisse, vers la partie antérieure ou postérieure du tronc, où on le fixera convenablement, au moyen d’une attache quelconque. (Triangle sous-cuisse.) -

XVI. Vous faut-il un lien qui tienne lieu de celui en T, pour laine, l'anus ou les parties sexuelles de l’un et de l'autre

22 es * PANSEMENTS.

sexe? Fixez, à une ceinture quelconque et par derrière , le - bout d’un linge plié en cravate ou en carré long, et ramenez l'autre extrémité entre les cuisses, pour l'arrêter, par devant, à Gette même ceinture, soit au moyen d’un nœud, soit avec une ou deux épingles. Le lien précédent, sous le numéro XV, rendra, au reste, celui-ci moins nécessaire, et lui sera souvent préféré. (Cravate inter-cuisse.)

XVI. Il sera souvent nécessaire d’assujettir, sur la cuisse, ua lien circulaire quelconque, qu'il reste bien en place et ne descende pas ; et vous voulez , en même temps, emboîter la partie supérieure de cette extrémité : Placez donc, obliquement.et derrière le bassin, un triangle suffisamment long ; que le sommet réponde vers l’ame (en avant ou en arrière), et sur la partie intérne et supérieure de cette même cuisse; étendez et arrêtez-le avec une épingle sur le lien circulaire. L’extrémité du triangle, celle qui répond à la cuisse, sera ensuite dirigée et serrée autour de cette dernière , exactement comme un bout de bande ou une bandelette de Scultet ; et l’autre extrémité , après avoir passé derrière le dos, sera conduite au devant des pubis , pour être fixée vers laine et au corps même du lien. (Triangle-cruro-pelvien.)

XVIIT. La cravate du même nom (cruro-pelvienne) est passée derrière la cuisse, pour croiser ‘sur l'aine correspondante, et de là , se rendre autour du bassin. C'est le spica de l'aine dans sa plus simple expression.

XIX. Le double spica de l'aine , si commode pour panser deux bubons à la fois, part du bas du dos, arrive, de chaque côté, sur l’aine correspondante, contourne la cuisse , et va se fixer au jet oblique, qui vient de passer sur l'aine; mais au lieu d'une seule cravate ; il vaut mieux en joindre deux ensemble, par l'une d: leurs extrémités ; puis, placer celles-ci derrière le sacrum. Le plein, ou la partie k arge de chacun de liens, se trouvera correspondre, alors, précisément vers les Le. aines, et les couvrira mieux, que si.les bouts d'une seule et même cravaje yavaient été dirigés, après que le mili eu de celle-ci aurait été placé derrière le bassin. {Cra-

vates sacro -bicrurules.)

: XX. Désirez-vous un suspensoir, un et du scrotum ,

comme moyen, surtout, de maintenir, sur les parties génita=

les de l'homme, un cataplasme ou telle autre pièce d' appareil? Un simple triangle viendra à votre secours, de deux manières différentes, que voici :

1° Placez le milieu de la base du triangle sous le scrotum ; conduisez-en les deux extrémités sur les hanches et au bas du dos, attachez-les, et faites ensuite remonter, vers la: verge, la pointe du triangle, lequel emboîtera et soutiendra assez bien les bourses. ( Triangle scroto-dorsal.) gi

do Etablissez , préalablement, une ceinture avec une ficelle, un ruban, une bande où une cravate , placez ensuite votre triangle comme dans le cas précédent ; conduisez ses chefs sur les aines, pour les y fixer à la ceinture ci-dessus; et remontez la pointe du mouchoir comme il vient d’être dit au (1. (Triangle scroto-pelvien. )

En fixant, à la partie moyenne de la base de ce triangle, deux petites attaches, vous aurez des sous-cuisses , et le suspensoir ne laissera rien à désirer. Il se distinguera, des suspensoirs, ordinaires, par la facilité qu'il offrira de s'élargir et de se rétrécir à volonté , en tirant ou relàchant plus ou moins ses trois pointes. On pourra , de cette manière , et en tendant surtout le sommet, produire -une co E Peso considérable du testicule, et soutenir encore l'action des

bandelettes imbriquées', quand ce moÿen sera jugé convenable, ë

XXI. Vous êtes embarrassé de maintenir un vésicatoire , un cataplasme , un appareil quelconque , sur la fesse ou la hanche? Servez-vous d'un triangle de la manière suivante : Une ceinture quelconq te (article précédent , & 2) est d' abord placée au-dessus ds hanches ; la base d'un D est appliquée ensuite, au-dessous du grand trochanter, puis les deux chefs sont croisés et assujettis autour de la cuisse. La pointe du triangle est alor; dirigée en haut, sous la ceinture, pour y être serrée et fixée convenablement , de manière que le triangle entier embrasse exactement la fesse correspondante , en s'étendant du raphé et du grand trochanter vers le milieu de la fosse illiaque. ( Triangle coxo Lg ou Trian: gle-bonnet de la fesse.) | | nn

XXHE, Dans certains déeubitus, au sacrum et au trachanfer; un triangle d'une “tenane suffisante sera placé der:

rière le bassin, de manière que le petit angle , étant dirigé en bas et entre les cuisses, sa pointe soit ramenée vers celles des deux autres angles qui sont réunies ensemble sur la région pubienne. (Triangle ‘sacro-pubien avec souscuisse.) |

XXIIE. La cravate sacro-bicrurale pourra aller encore, dans les mêmes cas indiqués ci-dessus. Le milieu en est placé derrière le sacrum, et les deux extrémités, après avoir êté dirigées de chaque côté, vers leur crête iliaque respecüve, seront conduites au devant de l’aine , pour contourner la cuisse, et être enfin ramenées et fixées au corps de la crayate et vers l’illum. Ce même lien peut encore trouver sa facile et utile application , en qualité de lien circulaire , pour fixer, dans les fractures du fémur, l'extrémité supérieure des moyens contentifs , dont on voudra faire usage.

XXIV. On peut HR ae à l'écharpe ordinaire , d'exiger un linge très grand; d’être attachée et supportée , vers la nuque et sur les épaules , par sa partie la plus étroite , et que cette partie mince , cordée et presque tranchante , ainsi que le nœud qui s’y trouve, sont très sujets à blesser. J’évite tous ces inconvénients, en plaçant d'abord le milieu d’une cravate à la nuque, et en ramenant et nouant ses bouts vers le haut de la poitrine; c’est là que j'assujettis les deux longues extrémités du triangle destiné à soutenir le coude, l’avant-bras ou la main, et que chacun connaît sous le nom d’écharpe. On peut, de cette manière, en avoir une très bonne , ayec deux petits fichus , qu'il sera très facile et commode au malade d’abaisser , rehausser et arranger toujours au gré de ses désirs et de Es besoins. (Triangle cervicobrachial.) '

XXV. Voulez-vous soigner.assez bien , très simplement et sans gêne, une fracture de la clavicule, et permettre, en même temps, à votre malade.de sortir habillé? Laissez-lui remettre sa chemise comme à l'ordinaire, et un gilet à mances , s’il veut ; appliquez sur ces vêtements l'écharpe indiquée à l’article précédent, et qui supportera et soulèvera bien le coude; puis, passez, sur cette écharpe et vers le coude, le milieu d'une cravate, dont les chefs iront se réunir au côté opposé du corps, après l'avoir entouré comme d'une

| DESCRIPTION DES LIENS D APRÈS LES RÉGIONS. 25 ceinture. (Triangle cervico-brachial avec lien rie circulaire.)

Avec ce moyen , tout simple et d une application extrême ment facile, votre malade ne sera jamais dans le cas de regretter l'appareil de Desault, de Boyer, ou de tel autre analogue ; et vous ne lui laisserez autre chose à désirer que d’être traité sur les mêmes principes, mais avec la gouttière brachiale, appareil imité des A et dont ils se servent en guise d'écharpe.

XXVI. La gouttière brachiale : peut être de cuir bouilli ou de carton. Elle est faite de manière que la moitié postérieure environ de la circonférence de l’avant-bras puisse y être à son aise’, et que le coude y soit convenablement emboîté , par une terminaison en cul-de-sac. On obtient celui-ci sur-le-champ , en emportant , à l’une des extrémités de ce carton, un lambeau triangulaire qui laisse une échancrure en forme de V, et en réunissant et croisant , l’une sur l’autre, les deux pointes divergentes de cette échancrure, lesquelles seront ensuite fixées au moyen d’un point d’aiguille. Il pourra y avoir également une petite allonge qui, glissant dans la partie interne de la gouttière, servira, au besoin , à soutenir la main ou à laisser celle-ci en liberté. :

Ce carton sera recouvert d'une étoffe simple ou d’un tissu plus ou moinsrecherché; mais ce qu'il importe surtout de connaître, c’est la manière particulière dont l’appareil est suspendu , et qui permet des mouvements variés , tout en donnant la plus grande facilité de l'appliquer, de l’ôter, de l’élever, de l'abaisser à volonté. Pour cet effet, deux liens ou rubans sont assujettis, solidement , aux deux bords de cette gouttière et vers les deux extrémités de ses bords. Ils y forment comme deux anses collatérales , dans le genre de celles qu’on remarque aux pannetières ou aumônières des dames. Ces deux anses sont réunies ensemble par un anneau de métal , ou simplement dun fort tissu, de manière à pouvoir y glisser aisément. À cet anneau ou à cette boucle vient se fixer un autre lien propre à suspendre l'appareil à la nuque ou sur les épaules , comme la cravate de l'article XXEV.

Cet arrangement permet la suspension à une boutonnière, à un bouton, à droite, à gauche, ou vers la partie médiane du

corps , suivant l'intention du chirurgien. On pourra même rendre la gouttière inaperçue et la masquer au besoïn ; car il est également loisible de la porter dans la manche de l'habit, et d'avoir ainsi le bras en écharpe, suspendu et fixé au corps sans qu'il y paraisse. On se doute d'autant moins alors que Vavant-bras est soutenu et assujetti dans un appareil quelconque , que les mouvements de la main sont parfaitement libres, et que ceux d'extension et de flexion-de l’avant-bras sont également assez faciles, quoique le coude, je veux dire la partie inférieure de l'humérus , pisse être rendue tout-àfait immobile.

. Cette immobilité, dans le cas qui nous occupe , résulte d'un ruban qui, partant de la partie interne de la gouttière (celle qui répond au condyle interne de l’humérus), se porte autour de la taille et embrasse comme une ceinture ou bandage de corps, et dont l'effet est de fixer le coude immobile sur le côté. Il est inutile d'étendre davantage cette descripüon, car la petite machine suspendue dira facilement le reste.

Ce qui la rend si avantageuse , c’est son mode de suspension que je réclame, et que, le premier, j'ai adapté à Fhyponarthécie, pour la mobiliser. Ce moyen suspenseur, appliqué à un “morceau de cuir, ou à une feuille de carton ou d’écorce, de sept à huit pouces de longueur, sur trois à quatre pouces de largeur, et sans cul-de-sac pour renfermer le coude, constitue encore une écharpe simple, aussi commode que propre et peu embarrassante, et qui laisse au malade la fac:lité de faire beaucoup de mouvements qui seraient évidemment impossibles avec l'écharpe ordinaire. Ce genre d'écharpe devrait, sembl-t-il, être introduit dans les hôpitaux, et chez les troupes de terre et de mer, comme très peu gênant, nullement dégoûtant, et pouvant s'ôter et se remettre très aisément sans le secours d'aucun aide.

Les fractures de la clavicule peuvent; sans doute, être traitées assez bien , par les lens sous les deux chefs précédents ; mais le mod: le plus parfait est celui que j'ai décrit, dans la Gazette médicale, en 1835, et dans mon ouvrage sur Je fil de fer et le coton : ce qui n'empêche pas que ce que je viens de dire ne reste toujours vrai, s'il ne s'agit que de l'éharpe proprement dite,

XXVII. Quoique l'appareil ci-dessus soit longuement déecrit, dans les deux écrits précités , je ne puis résister, ne fût-ce que pour mémoire, à l’esquisser encore ici ; ; il est, d’ailleurs, à sa vraie place.

L'indication consiste à porter le fragment acromial en dehors et en haut , et à assurer l’immobilité relative des bouts de l'os fracturé. Le coude est le bout du levier, sur lequel on peut agir avec le plus d'avantage , et un seul mouchoir me suffit, pour cêt effet. Je le plie et le double en forme de triangle ou de fichu ; j'en place la base vers le tiers inférieur du bras , après que le coude a été préalablement fléchi, soulevé et rapproché du sternum , et que les deux fragments ont êté mis en rapport.

C’est cette position du coude qu’il s’agit, maintenant , d'assurer-par appareil. On fait d'abord passer les deux chefs du fichu autour du thorax, et on les lie fortement ensemble, sur le côté opposé de cette cavité, et de manière que le coude ne puisse pas abandonner la poitrine , ni se mouvoir d’arrière en avant, Mais pour qu’en même temps il soit dans limpossibilité de changer de place, en glissant en bas, ou en s’écartant de la ligne médiane, vers laquelle il a été placé, je me servirai des deux pointes du fichu , dans ce moment, pendant au-dessous de l'articulation mi-fléchie de l'avantbras. Je les fais donc passer derrière celle-ci, et-entre elle et le thorax, où je les saisis, pour les diriger comme suit : L'une de ces pointes sera tirée, d’abord , avec quelque force et obliquement, dans la direction de l'épaule saine, d’où, après avoir passé sur cette dernière, comme sur une poulie, elleira s'attacher derrière l'omoplate correspondante, et à la partie du mouchoir qui contourne la poitrine. L'autre pointe sera ensuite relevée perpendiculairement sur | Ja clavicule fracturée , afin d'y appuyer et assujeuir 16s fragments osseux , et tel autre moyen £ontentif qu'on aura jugé convenable d’ajouter, pour mieux fixer ces fragments. Ce même bout du mouchoir, après avoir passé sur l'épaule correspondante, sera fixé également au lien qui se trouve au-dessous et derrière lomoplate de ce côté- là. |

Nous avons donc, de cette manière, et avec ce simple mouchoir ; 4° un lien ciroulaire, tendant à appliquer et maine

tenir le coude sur les côtes et dans le voisinage du sternum ; 20 un lien oblique, qui, en suspendant le coude sur l'épaule saine, l'empêchera de s’écarter de la ligne médiane, et contribuer à le tenir élevé; 3 un lien perpendiculaire, qui aidera , mieux encore, à soutenir et élever le coude, tout en agissant directement sur la solution de continuité , et sur les moyens accessoires divers qu’on y aura appliqués ; et 4° enfin une écharpe.

Comme, du reste, les bout pointes du double fichu ne seront pas suffisamment longues , pour pouvoir passer sur les épaules et se rendre , de là, au lien: circulaire derrière le dos, on y coudra deux bouts de liens supplémentaires, qu'on devra assimiler à deux larges bretelles. is cubito-biscapulaire.)

XX VIIT. Après l’extirpation du bras, dans son articulation huméro-scapulaire, ou lors de son amputation près de cette ariiculation , voici quel serait le procédé déligatoire à mettre en usage. On établirait d’abord une cravate sous-axillaire, qui, de l’aisselle saine , viendrait se nouer au côté opposé du col; puis on placerait la base d’un iriangle au-dessous de la plaie, et ses trois angles iraient alors se fixer sur l'épaule, à la cravate axillaire que nous y avons conduite et nouée. | Triungle-bonnet de l'acromion.)

XXIX. Pour maintenir un appareil sur le deltoïde, la base d’un triangle est appliquée au tiers supérieur et externe du bras ; les deux chefs, c’est-à-dire, les deux angles qui répondent à cette base , entourent ce bras , et la pointe du triangle, dirigée all-dessus du moignon de l épaule, est fixée à ne cravate axillaire telle qu'elle est décrite à l’article précédent. { Triangle-bonnet de l'épaule.)

XXX. Les mouchoirs sont les meilleurs moyens de porter et de maintenir Sur les extrémités supérieures et inférieures, des cataplasmes, des sinapismes, pour panser des vésicatoires.et la plupart des affections et des blessures dans ces mêmes parties. Leur usage simple et facile, en carrés ,{riangles et cravates, est si généralement connu et répandu, dans toutes les circonstances , que je puis me dispenser d'en dire rien de plus. {Currés, cravates, triangles circulaires des extrémités.) | durs LT dE ve

En

Je dois cependant faire observer, que les linges tridhgu- Jaires, dont on n’a pas, jusqu'ici, apprécié l’avantage et l’utilité, sont les liens, par excellence, des extrémités, tant supérieures qu'inférieures. Un seul de ces triangles suffit, par exemple, pour recouvrir toute la jambe; un second peut entourer également la cuisse entière; et si l’on en ajoute un troisième, pour emboîter la fesse, et qu’on les réunisse tous ensemble, au moyen de quelques épingles, on aura une espèce de moihé de caleçon, qui, dans certaines vastes brülures, ne laissera rien à désirer.

Quelques carrés longs (un seul quelquefois s’il est suffisamment large) peuvent suffire aussi pour emmailloter la plus grande partie d’une jambe ou d'une cuisse, comme nous le dirons encore plus bas.

XXXI. Dans les hémorrhagies graves, à la suite delésions veineuses etmèême artérielles, et où les secours sont urgents, un mouchoir pourra servir de compresse ou de tampon, ctun autre mouchoir assujettira, très bien et instantanément, cet appareil provisoire. On voit ici qu’une compresse (carré) est souvent, pour nous, un mouchoir toutentier, plié en plusieurs doubles, et qu’il est facile de graduer et d’arranger suivant les circonstances et les besoins.

XXXIT. On aperçoit aussi dans l'arrangement de l’article précédent, un garrot parfait, qu'on peut rendre plus simple et plus expéditif encore, au moyen d'une cravate modifiée de la manière suivante : On fait au milieu de cette cravate, un ou deux nœuds bien serrés; on applique ces nœuds comme une pelote , sur le vaisseau qu’on veut comprimer , et on les fixe solidément, en faisant passer, par-dessus ces nœuds, les deux bouts de la cravate, qu'on serre et qu’on attache convenablement. On obtient, de la sorte et sur-le-champ, un garrot d'autant plus solide et commode, qu'il ne se compose que d'une seule pièce. (Cravate à pelote ou à double nœud, ou à nœuds serrés.)

XXXHIL. Si, pour une simple saignée, on était réduit à une petite cravate, il suffirait de nouer légèrement celle-ci par le milieu, et de se servir de ce nœud mollet comme d’une compresse. On en agirait de même pour une lésion quelconque qu'on jugerait suffisant de recouvrir d’une simple compresse ;

c'est-à-dire qu'on ferait, au milieu d’une cravate, un nœud lâche et convenablement large pour figurer cette compresse, et qu’on aurait, de la sorte, réunies en une seule pièce de linge, et la compresse et la bande. (Cravate à compresse où à nœud lâche ou simple.) |

XXXIV. Le pansement d'une amputation des extrémités. se fait au moyen d’un petit triangle. La base en est placée sous. le membre et à une distance convenable de l'extrémité du moignon; les deux chefs qui répondent à cette base sont ramenés et croisés sur le membre, de la même manière que

les deux chefs d’une bandelette de Scultet; puis on replie le troisième angle sur l'extrémité du moignon qui emboîte, exactement et de la même manière dont on entoure et emboîte le coude, avec les bouts d'une écharpe ordinaire. On peut aussi commencer par replier le petit angle sur le moignon, et le fixer ensuite par ceux de la base, passés et croisés comme il vient d'être dit. (Triangle-bonnet des moignons.)

Je ne me sers plus que de ce petit triangle, pour fixer les compresses et recouvrir un moignon, après une amputation. On applique, enlève et réapplique ce bonnet, avec tant de facilité et de promptitude, sans toucher, le plus souvent, au membre, qu'on ne saurait trop le recommander.

Si l’on craint que ce lien, placé sur un moignon conique, ait de la tendance à glisser et à se déranger, on pourra l'arrêter facilement de la manière suivante :

4° Pour la cuisse, au moyen d’un bout de ruban qui ira directement de l’appareil à une ceinture; ou bien encore, en dirigeant, vers cette ceinture, les deux longs angles du mouchoir, après les avoir croisés sur la partie antérieure du membre.

2 Pour le bras, le triangle pourra être fixé autour du col ou vers l’aisselle du côté sain. (XXIX.)

Et 39 pour l'avant-bras et la jambe, on portera les deux longs angles au-dessus du coude ou du genou.

Mais ces additions à notre triangle seront bien rarement nécessaires, et je ne les indique, uniquement, que pour mieux faire ressortir la manière facile et prompte de parer à tout, avec mes liens, et de rerplacer les tours nombreux de bandes, dont on croit avoir encore besoin en pareil cas. Je suis

DESCRIPTION DES LIENS D'APRÈS LES RÉGIONS. 31 loin d’ailleurs de recommander qu’on charge un moignon quelconque de compresses épaisses, et. je ‘panée toujours tous mes amputés avec la plus grande simplicité.

XXXV. Semblables aux moignons des membres amputés, les mains etles pieds, les doigts, la verge, etc., réclameñt, avec avantage, une pièce triangulaire, analogue à celle que je viens de décrire. Ainsi, pour ce qui concerne particulièrement les mains, je puis dire, que rien n’est plus commode que le bandage suivant, pour forcer la flexion ou l'extension du poignet et des doigts, lorsque ces positions sont requises, pour des plaies transversales, par exemple :

La bâse du triangle est placée vers la face palmaire ou dorsale du poignet; les angles correspondants sont conduits et croisés autour de cette portion du membre thoracique, absolument comme les deux extrémités d’une bandelette de Scultet, etelles sont assujetties au moyen d’une épingle. L’angle du sommet, qui déborde de beaucoup le bout des doigts, est alors ramené et tendu sur ceux-ci; mais, sur la face dorsale de la main et de l’avant-bras, s’il s’agit de viser à l'extension (Triangle carpo-dorsal de la main); et vers la face palmaire de ces mêmes parties, si c'est, au contraire, la flexion qu'on veut provoquer et maintenir. (Triangle carpopalmaire de la main.)

XXXVI. Pour les pieds, le même arrangement peut également avoir lieu; cependant s’il s’agit d’un pansement sim-

le, on aura, en général, plus de facilité de bien emboîter parties dans l'appareil, en plaçant le petit angle du linge triangulaire un peu obliquement et vers le bord interne du pied, plutôt que directement vers les orteils. Il pourra en être de même pour la main, surtout si l’on tient à laisser le pouce en liberté. El est, du reste, souvent avantageux d'employer ici la cravate, exactement comme si c'était un bout de bande vulgaire. s

XXXVIL. Toutefois, s’il est question de fixer mieux un appareil, d'exercer un certain degré de compression, et d'emboîiter bien exactement le bas de la-jambe, le talon et le métatarse, le triangle, appliqué comme suit, l'emportera évidemment sur tousles moyens connus.

Placez ce triangle sous la jambe, de manière que le milieu

de sa base réponde au tendon d'Achille, et que cette base, placée obliquement, fasse, avec le membre, un angle de 40 à 45 degrés. Les trois pointes de ce linge triangulaire devront, dans leur application, être envisagées ici, tout comme trois Pouts du bandage de Scultet. Couchez donc, d'abord, sous la plante du pied et sur sa face dorsale, le sommet du triangle ; croisez-le ensuite, avec l'extrémité qui se trouve étendue plus bas que le pied, et entourez-en ce dernier, en serrant à volonté, et en effaçant les plis qu’il pourrait former. Vous en arrêterez le bout avec une épingle, ou au moyen de la troisième extrémité du triangle qu'il vous reste à placer. Pour cet effet, vous commencerez par#tendre bien cette pièce, en tirant suffisamment dessus; puis, vous la rabattrez sur la jambe, les malléoles et le pied, comme vous le jugerez convenable et utile, soit pour serrer, soit pour éviter les plis et les bâillements; en un mot, pour imiter ce qu'on fait avec le bandage à 18 chefs. (Triangle malléolo-métatarsien.)

XXXVIIL. S'agit-il de protéger le talon et le tendon d'Achille, ou de contenir un appareil sur ces parties? On prend un petit linge triangulaire ; sa base, tournée vers les orteils, est placée sous le talon ; les chefs en sont croisés sur le cou-depied ; et le petit angle est remonté le long du tendon ci-dessus. On ne risque Plus, de cette manière, que l'appareil se dérange, lorsqu'il s'agira de chausser le bas. (Tr PORRSRERE net du talon.)

XXXIX. Les doigts doivent-ils être séparés les uns des autres? On donne, au milieu d’un triangle, autant de coût de ciseaux qu'il y aura de doigts malades, afin de former des boutonnières, au travers desquelles on fait passer les doigts ou les orteils. On dirige et fixe ensuite, et à volonté, les trois extrémités de cette petite pi dé linge. (Triangle-interdigital.)

XL. C'est ici le lieu d'indiquer les ressources précieuses quon peut retirer des mouchoirs, pour la fixation des attelles, des appareils variés et des fragments osseux, dans le plus grand nombre des fractures des membres. C’est là, surtout, que brillent les avantages de la bande, représentée par une cravate, à raison de l’épaisseur et de la largeur considérables qu’on peut donner au corps du bandage, je veux

DESCRIPTION DES LIENS D'APRÈS LES RÉGIONS. 33 dire, à la partie du linge qui appuie sur le membre même. Notez, ce que j'ai, d’ailleurs, déjà indiqué, qu'au moyen de charpie, de ouate ou de simples linges usés ou souples, que vous pouvez envelopper, dans cette partie moyenne de la cravate , il vous sera facile d'augmenter, de suite encore, . cette largeur et cette épaisseur, au gré de vos besoins, et d’en rendre, par là, la pression beaucoup plus supportable. . , Ainsi donc, nous aurons recours aux mouchoirs, comme liens, pour fixer, à l’aine et au pied, l’attelle extensive et contre-extensive de Desault, et tous les appareils basés sur les principes de ce célèbre chirurgien. Nous nous servirons, également, de mouchoirs, plutôt que de rubans étroits de fil, pour serrer les attelles, dans les fractures des extrémités, lorsqu'on emploiera ces moyens contentifs; et nous devrons aussi donner la préférence aux mouchoirs, sur les bandes, pour fixer les membres brisés, sur la planchette, en suspension, sur les gouttières en fil de fer, et pour assurer, aux fragments osseux, une direction bonne et durable sur cette précieuse machine. | On voit, en effet, dans tous ces cas, que le mouchoir est facile à appliquer, qu’il appuie par une surface large et mollette, peu susceptible de blesser, et qu’il est presque impossible qu’il se dérange et se corde : toute chose de la plus grande importance, dans l'application d’un lien quelconque, , Jorsque, surtout, il doit rester long-temps en place, et qu’on est bien loin de trouver, dans les lacs et autres liens qui sont encore généralement usités et recommandés, en pareil cas. XLI. Je dois rappeler, à l’occasion des fractures, que le mouchoir peut servir encore de drap-fanon, et remplacer, très bien, les garnitures d’attelles, les remplissages de tout genre, les compresses graduées et autres dont on peut avoir besoin sur-le-champ. Je ferai observer, en outre, quant au drap-fanon, que, si, au lieu d'un lien circulaire étroit, tel qu’il est en usage partout, je me sers, pour fixer les attelles, d'unlarge et épais mouchoir (d’une cravate circulaire), je n'ai plus besoin qu'il existe une portion du drap-fanon, pour recouvrir et protéger la région postérieure du membre, ni que cette portion y soit elle-même épaisse, vu que je ne suis nullement dans le cas de redouter l’action de mon lien sur

cette partie, comme cela a lieu lorsqu'on se sert d'étroits rubans de fil.

Il résultera donc, de cette manière, que l'appareil pour les fractures sera singulièrement simplifié, et que, non.seule- -ment le chirurgien le moins habile, mais tout homme intel- Jigent, pourra en composer un, À l'instant même, et porter,

ainsi, les plus heureux secours au malheureux dont un des membres vient d'être brisé. |

Après avoir arrangé les attelles, de manière qu’elles ne blessent pas, là où elles doivent appuyer, on aura deux ou trois mouchoirs, pour appuyer et fixer le membre, dans la bonne direction qu’on aura eu soin de lui donner, et pour empêcher que, dans un fransport ou des mouvements indispensables, les extrémités des os fracturés ne déchirent, à chaque instant, les tissus sensibles et délicats au milieu desquels

elles’ sont sans-cesse poussées. Mais réservons ces réflexions pour la chirurgie populaire, et n'empiétons pas trop sur le parti que tout le monde saura facilement tirer du moyen qui nous occupe, lorsqu'il s'agira des membres brisés.

XLIT. On fixera très bien les attelles destinées à maintenir les fractures des extrémités, en se servant, tout simplement, d’un triangle ou de deux ou trois cravates suffisamment larges. On pourra indistinctement en nower les bouts sur l’une des attelles, ou les arrêter, au moyen d’une ou de deux épingles, après avoir ramené et croisé ces bouts de cravate, comme si c'était une simple bande ordinaire.

XLHIH. La fixation des deux attelles collatérales, pour les fractures à l'avant-bras, s’opère fort bien, par exemple, au moyen de deux ou trois petites cravates. Le milieu de la première cravate est appliqué sur l'extrémité de l’attelle, vers la paume de la main, et entre le pouce et l'index; les chefs sont ramenés et croisés, vers la face dorsale du métacarpe, sur le bout de l’autre attelle, et ils vont entourer ensuite lettiers inférieur de ces deux attelles et de l'avant-bras, où 1ls sont arrêtés. L'application des autres cravates, sur le reste du membre, n’offre rien de particulier.

Ce bandage, bien suffisant, est promptement appliqué; il n’est point sujet à blesser, lorsque le gonflement survient, et il est surtout très" facile à desserrer au besoin. Dans ce der-

DESCRIPTION DES LIENS D'APRÈS LES RÉGIONS. 99 nier Cas, et il s’agit même de lever et de réappliquer l'appareil, tout entier, on y parvient, sur-le-champ et sans aucun aide, comme suit : On commence par détacher et enlever la cravate placée près du coude; puis on l’assujettit de nouveau, sans toucher au rèste des liens qui continuent de mafhtenir les attelles ; on procède, ensuite et de la même manière; avec les autres cravates; c'est-à-dire, qu'on opère ici, en sens inverse de la première mise de l'appareil, et qu’au lieu de commencer par entourér la main, et, successivement, l'avantbras jusqu’au coude, c’est vers ce dernier qu’on applique la première cravate, et vers la main qu’on termine le pansement. À

XLIV. Dans la rupture de la rotule et du tendon qui fixe cet os au tibia, on veut, sans doute, qüe la jambe soit étendue sur la cuisse, et que celle-ci soit fléchie Sur le bassin; mais on cherche, de plus, un point d'appui, qui offre la facilité d'entraîner la rotule en bas, et de fixer solidement, à sa place, ou l'os entier ou son fragment supérieur seulement. Ce point d'appui important, je le trouve à la plante du pied, et c’est là que je place, comme un étrier, le milieu d’une cravate. Je noue celle-ci, sur la région dorsale du pied, et j'en porte les chefs diréctement ver$ là partie supérieure et latérale du genou. LE é

J'ai eu soin, au.préalable , d'appliquer, sous le jarret, une gouttière en carton, ou en fil de fer, convenablement rembourrée et garnie( d'un mouchoir si l’on veut). Une autre | cravate fixe ce carton, derrière le tiers fnférieur de la cuisse et le tiers supérieur de la jambe, et ce même mouchoir formera, en même temps, sur là partie supérieure de la rotule, une espèce de barre ou d’ebstacle à l'entraînement de cet os , par les muscles extenseurs de la jambe.

Il ne s’agit plus, maintenant, Que d’assujettir solidement cette espèce d’anneau sus-rotulien, que forme ce dernier lien, et je le fais, avec la plus grande facilité, en y fixant, de chaque côté, les bouts de la cravate que j'ai dit être placée comme un étrier.

De cette manière, les principaux troncs nerveux et vasculaires poplités sont protégés par la gouttière; celle-ci s’oppose, en même temps, à la flexion de la jambe ; la rotule

est engagée et fixée sous la cravate qui sert à attacher la gouttière ; le lien, en forme de bande circulaire, qui maîtrise la rotule , est lui-même attiré en bas ou maintenu en place par les Douts du mouchoir-étrier; et ce dernier , invariablement flacé sous la plante du pied ; et, aidé qu'il est par la position respective de la jambe, de la cuisse et du bassin, contre-balance aisément l'action puissante des extenseurs de la jambe. ({ Cravates tarso-rotuliennes. ) |

Il ne reste plus, pour fléchir la cuisse sur le bassin, que d'établir un plan incliné, qui élève, plus ou moins, le talon au-dessus du niveau de la tubérosité de l'ischion. Ce plan peut être fait, avec des sachets ou des oreillers, ou au moyen d'un appareil hyponarthécique mobilisé.

Mais ce dernier me paraît de beaucoup préférable, à cause de la facilité qu'il procure au malade, de se remuer presque de toutes façons dans son lit; de permettre qu’on refasse celui-ci, chaque fois que le besoin s’en fait sentir ; de varier, commodément, les diverses inclinaisons du membre, et cela sans nuire, en aucune manière, à l’action permanente de l'appareil que je viens d'indiquer. Mais je reviendrai plus tard sur ce sujet, en exposant le traitement des fractures par l'hyponarthécie, et je ferai voir que ce moyen est celui qui convient le mieux pour obtenir la parfaite réunion des fractures de la rotule, sans nuire, cependant, à la mobilité de l'articulation.

XLV. La section ou la rupture du tendon d'Achille est plus facile encore àtraiter, par mon système, que la rupture de la rotule et de son tendon. Il convient ici, pour mettre et. maintenir en contact les bouts de la solution de continuité, de fléchir la jambe sur la cuisse, et de produire l’extension forcée du pied sur la jambe. On parvient à ce but si facilement et avec si peu de moyens, qu’on a droit d'être surpris qu'on n’y ait pas pensé plus tôt. En effet, il suffit d’une seule cravate pour remplir toutes les conditions que nous venons de poser, et cela à l'instant même, et en moins de temps que nous n’en mettrons à décrire cet appareil, d’une extrême simplicité.

Le milieu du linge est placé sur #4 face, dorsale du métatarse; les chefs en sont ramenés à sa face plantaire, où ils

sont croisés par un simple nœud ; puis on les conduit audessous ou à côté du caïcanéum , et enfin derrière la jambe, jusque vers le tiers antérieur et inférieur de la cuisse, où ils sont fixés et liés immédiatement ensemble.

Cependant, comme on peut faire, à cette dernière partie du bandage, les mêmes reproches que j'ai adressés à l’écharpe, c'est-à-dire que ces extrémités étroites et le nœud qui les unit pourront facilement blesser, j'ai recours ici au même moyen suspenseur que j'ai choisi pour l’écharpe br achiale. Je place donc, sur la partie antérieure et inférieure de la cuisse, le milieu d’une cravate, dont je lie les bouts vers le jarret, et c'est là que je fixe les extrémités de la première cravate, dont je viens d’entourer la région tarsienne. ( Cravates tarso-fémorales.) On peut, également, faire arriver ces extrémités, vers une ceinture placée autour du bassin. ( Cravates tarso-pelviennes. )

De l’une ou de l’autre manière, vous aurez, pour le membre inférieur, un appareil qui aura, pour le fond et pour la forme, la plus grande analogie avec l’écharpe, du membre supérieur. Il est de même évident que , dès que ce simple moyen aura été mis en place, le malade pourra, le plus souvent, rester aisément assis, ou même se soutenir et marcher, à l’aide de béquilles ou d’une jambe artificielle. Ce lien et le précédent, ne sont d’ailleurs nullement génants ; ils s'appliquent si facilement, qu’on peut sans crainte les confier au premier venu, et, au besoin , au malade luimême , lorsqu'il s'agira de leur réapplication. :

XLVI L'écharpe tibiale est un appareil nouveau, et d'une très grande portée pratique. Elle se compose, d’abord, d’un .-baudrier soutenu sur une épaule , tout comme le sabre des militaires ; à cette bandoulière, viennent s’attacher les bouts d’une large cravate, ou d'un triangle , dont le milieu appuie Sur la partie moyenne et antérieure de la jambe, à laquelle il sert de soutien mou et doux. (Lien scapulo-tibial.)

Toutes les affections du pied, plusieurs de celles de la jambe, et quelques unes du genou et même de la cuisse, ‘pourront être avantageusement traitées, par ce moyen, s’il existe, du moins, une indication de faire sortir le malade du lit, et de lui conseiller quelque exercice en chambre ou en

88 v PANSEMENTS.

plein air. Nous verrons plus tard comment ce moyen ouvre une ère nouvelle pour le traitement des fractures du membre inférieur, et pour. la locomotion et la progression , maloré ces fractures.

XLVIL. Un linge, plié en cravate, sera le moyen le plus simple et le plus commode pour réunir des plaies longitudinales. Le milieu de la cravate est posé sur le point diamétralement opposé à la plaie, et les chefs sont ramenés et croisés sur les compresses graduées, qu’on aura eu soin de placer convenablement, vers les bords de la solution de continuité. Il est: rare qu'une seule cravate ne soit pas suffisante. Rien n’empèche, d’ailleurs, que les chefs, au lieu d'être simplement croisés, ne soient passés, l’un à travers l'autre, ainsi qu'il est indiqué pour le triangle unissant du bec-de lièvre (IX).

XLVIIT. La section ou rupture de l'olécrâne exige une gouttière au pli du bras pour empêcher la flexion; et, dans le but de ramener et de maintenir en bas le fragment supérieur du eubitus, on établira, au-dessus de ce fragment, un lien circulaire, en forme de brassard, dont l'office sera d'abord d’assujettir l’attelle ci-dessus , et de s'opposer, ensuite, à l'entrainement ou écartement de l’olécrâne. Pour obtenir ce dernier résultat, ce brassard sera retenu en place par une seconde cravate, placée de la manière suivante : Le milieu en sera appliqué entre l'index et le pouce, et les chefs , croisés par un simple nœud, vers la partie dorsale de l'articulation radio-carpienne , seront ramenés vers le coude, pour y être fixés convenablement au brassard. (Cravates carpo-olécräniennes..} Ce bandage a, et devait avoir la plus grande analogie avec celui pour les lésions de la rOtule. J'aurais pu me dispenser de le décrire.

XLIX. Un gendarme voulant se suicider, se fait une longue et profonde plaie dans le sens du pli du bras, laquelle, heureusement, n’atteignit pas l'artère. Je me contentai de passer le poignet dans une boucle formée avec le milieu . d'une cravate, et d’en attacher les chefs BreR du cou. ( Cravates carpo-cervicales.)

.: EL. Le traitement des plaies transversales des extrémités n’exige pas, en général , d’autres précautions que celles que

nous avons indiquées, pour la flexion et l'extension des doigts et du poignet (n° XXXV }, et dans les appareils que nous venons de décrire, pour les lésions du ‘tendon d’Achille de la rotule et de l’olécrâne. Les uns conviendront parfaitement aux lésions de la région postérieure des extrémités, et lés autres à celles de leur région antérieure, tout en suivant, d’ailleurs, les préceptes de l’art pour ce qui concerne le traitement de toutes ces blessures (1).

LI. Le bandage de Scultet lui-même, et qui n'est qu'un composé de celui indiqué sous le numéro XXX, peut être imité, heureusement aussi, avec des carrés, ou'des cravates , et on obtient, par leur moyen, un degré de pression bien suffisant, pour la plupart des cas qui exigentce mode de pansement. Les cravates, ou mieux les carrés longs, ont, sur les simples bandelettes en usage partout, l'avantage d’être très promptement préparés et appliqués sous le membre ; de pouvoir, sur-le-champ et à volonté, être rendus plus où moins larges’et plus ou moins épais ; de rendre, en même temps, les compresses superflues, vu que leur épaisseur peut souvent tenir lieu de celles-ci; d'être enlevés et replacés' plus rapidement et plus facilement que les petites bändes, beaucoup trop nombreuses , qui constituent l'appareil ordinaire de Scultet. (Carrés, cravates ét circulaires imbriqués.)

(1) Il est bien entendu que s’it n’est question , dans cet ouvrage, que - de simples appareils , je ne prétends nullement exclure ni les emplâtres, ni les sutures, lorsque ces moyens de réunion immédiate sont jugés nécessaires ou utiles: Je dirai seulement, à l’occasion des suturès, qu’il m'est arrivé quelquefois de les remplacer avec avantage, dans les plaies transversales des extrémités, par le procédé suivant : J’applique circulairement au-dessus et au-dessous de ces plaies une bandelette agglutinative assez large, et dont les bords correspondants sont placés à quelques lignes de ceux de la solution de continuité. Lorsque ces emplâtres cireulaires sont bien collés, et en quelque sorte identifiés avec les téguments, je cherche à les rapprocher, en passant de l’un à l’autre, des points de suture entrecoupée. En serrant ceux-ci, la peau obéit à la : traction des bandelettes agglutinatives , de sorte que les lévres de la division se trouvent réunies. Aidé de la position, cet appareil unissant peut étre rendu plus efficace par de petites compresses graduées et gommées qu’on applique prés des bords de la lésion, et sur lesquelles on fait passer les larges bandelettés emplastiques dont nous yenons 4e parler, et avant dé les réunir par le moyen de la suture.

h0 | ÿ PANSEMENTS,

Celui que nous venons de décrire peut être réduit, par exemple, à trois seules pièces, même pour la cuisse la plus longue. IL est vrai qu’on peut alors avoir besoin de quelques épingles pour bien. assujettir FPappareil et mieux emboîter la totalité du membre.

On fera bien de recourir, parfois , à une solution amylacée, pour gommer lésèrement le tout, et le rendre moins facile à lâcher et à se déranger. L’amidon tend, également ,

à mieux fixer d’autres liens, et se montre surtout avantaseux , lorsqu'il s’agit, dans une fracture de jambe, de serrer la. partie inférieure de l'appareil au moyen du triangle malléolo-métatarsien. Il pourra suffire, toutefois, pour faciliter l'application ä&e mes moyens, d'humecter les pièces de linge, ainsi qu'on le fait déjà, avec de l'eau simple, de l’eau de Goulard , ou avec tel autre liquide.

LIT. Le mouchoir tient la plupart des avantages dont il jouit, de ce qu'il nous offre un corps large, souple, mou, et, en même temps, des extrémités assez.étroites pour pouvoir être attachées ensemble ou fixées aisément, d’une manière quelconque.

Or , tous les moyens déligatoires qui réuniront ces qualités essentielles pourront remplacer le mouchoir. Il est même des circonstances où il importe de donner la préférence à ces agents particuliers et tels que nous allons les décrire. Ils for— ment, en effet, des liens si commodes et d’un usage si fréquent, en chirurgie, qu'ils méritent une large place dans un traité de déligation.

On peut les définir : « des liens circulaires piqués ou ma- » telassés, dont la largeur et la longueur sont en rapport

. » avec le volume des parties qu’ils doivent ceindre, et qui » ont, à leurs deux extrémités, un appareil de rubans qui » sont disposés de manière à les serrer et desserrer toujours » facilement. » Le bandage de corps, certains corsets et bas lacés, des genouillères , et même quelques jarretières , peuvent leur être assimilés. Mais leur mode de construction , et surtout celui de leur constriction, est un point à part, essentiel, et sur lequel j'appelle l'attention des praticiens.

Prenez une pièce de linge de la longueur et de la largeur que vous voulez donner à yotre lien, étendez sur ce linge

une couche convenable de coton, de laine ou de charpie; recouvrez cette couche mollette d’une autre pièce de linge, pareille à celle qui est dessous ; cousez-les ensemble par leurs bords, puis piquez-les comme un matelas, et vous aurez un corps de bande bien rembourré , et qui ne sera exposé ni à blesser, ni à se corder. Vous pouvez aussi, au lieu, de coton ou d’autres remplissages , vous contenter de doubler, tripler, ou quadrupler le corps d’un pareil lien , et de le piquer ensuite , pour ne faire qu'un seul et même. tout de ces pièces super posées. ‘

Ce linge, ainsi plié, rembourré ou matelassé , n’a plus besoin, pour devenir un lien parfait, que d’être muni de rubans étroits , mais suffisamment forts, et arrangés et cousus comme suit : Près de l’une des. extrémités du lien, on fixe transversalement un de ces rubans, et on l'arrête par quelques points d’aiguille, passés à la distance d'un ou de deux pouces les uns des autres , de manière que, dans l’intervalle de ces points, le ruban soit libre, et donne ainsi autant de boucles, d’anses , de gances ou d’anneaux, qu'il y aura d'espaces non cousus. Près de l’autre extrémité du lien, on place autant de doubles bouts de rubans qu il ya de boucles de l’autre côté,

Il est clair, maintenant, que le bandage étant placé vers l'endroit où il doit presser, il suffira de passer un des bouts du lien dans la boucle correspondante, pour qu'il agisse et glisse comme sur une poulie; qu’on pourra faire la constric- ‘tion à volonté, et la maintenir telle, en nouant ce bout avec l'autre qui est libre. Rien ne sera donc plus facile. que de serrer et de desserrer chacun de ces‘doubles rubans , séparément et suivant les circonstances ; tout comme on le fait déjà pour le bandage de corps, au moyen des épingles. Mais on sait que, si celles-ci tiennent lieu des doubles petits liens que je viens de décrire, elles sont trop peu sûres et trop incommodes pour être regrettées, dès que mon moyen parviendra à les remplacer.

Pour faciliter ce jeu constrictif, et l'adapter toujours aux besoins qui peuvent se présenter, on pourra ajouter un second et même un troisième ruban transversal, à quelques pouces de distance du prémier, afin de pouvoir porter dans

les boucles, anneaux ou poulies qui en résulteront, l’un'des bouts du double ruban, lorsque les premières boucles seront trop rapprochées pour permettre au moyen de serrer suffisamment. |

Si je me suis étendu sur ce HE de constriction, c’est qu'il est assez peu connu, et que. j'aurai mainte occasion d’'ef faire une utile application dans la suite de ce travail. Ainsi, dans tous les cas où je dois avoir recours à un appareil compressif, et lorsqu'il m'importe de pouvoir le sraduer à volonté et toujours facilement, comme, par exemple, dans les fractêres en général , et dans les affections du thorax et de l'abdomen en particulier, je fais un usage presque exclusif de ce lien matelassé , et j'en obtiens des résultats fort avantageux. :

LIIT. La compression du thorax, dans les fractures des côtes, dans les amputations des mamelles ; pour l’affaissement de ces dernières, lorsqu'il est indiqué ; dans les fractures de la clavicule ; dans celles du col de l'humérus; dans tous les cas encore où il convient d'appuyer ou de serrer l'abdomen, etc.; cette compression, dis-je, ne peut, sans contredit, s'opérer plus uniformément, plus doucement et plus commodément qu'avec un lien circulaire matelassé et établi comme nous venons de l'indiquer. {Lien matelassé du thorax, de l'abdomen, des extrémités.)

Ce moyen, s’il est bien adapté, est si commode, qu'il permet au chirurgien, dans la plupart des cas, lorsqu'il n'y a pas de tomplications fâcheuses , d'abandonner le malade à ses propres soins, comme cela m'est arrivé plusieurs fois, du moins lorsque j'avais affaire à quelqu'un d'intelligent. Celui-ci appréciera bien vite les avantages du moyen, et il négligera d’autant moins de le maintenir en place, qu'il pourra lui-même l’ôter , le remettre, le serrer et le relâcher avec la plus grande facilité, chaque fois qu il ‘en ÉRFQUYES le besoin.

Il va sans dire, qu’au lieu de ce linge matelassé, on pourra prendre un mouchoir ou une serviette qu’on pliera en carré long, et auxquels on coudra les deux ordres de rubans, ainsi que je viens de l'indiquer , et comme j'ai coutume de faire lorsque je suis pressé.

LIV. L'appareil pour la compression des mamelles doit être disposé de manière : 1° qu'il ne gène que le moins possible la respiration et le sein qui n’est pas affecté ; 2° qu'il soit applicable sur toutes les parties qui doivent être comprimées, tout en ménageant celles que la prudence et la néces- sité font un devoir de respecter; 3° qu'il soit promptement appliqué, afin que les malades ne restent pas découvertes et nues; 4° qu'on puisse le serrer et desserrer à volonté, et sans-trop découvrir la poitrine; 5° qu’il ne puisse pas se déranger facilement. ù

Il est impossible que ces conditions importantes soient remplies avec des bandes ; aussi l'appareil doit se composer d’une seule pièce. Ce sera donc un lien circulaire matélassé, en rapport avec la dimension du thorax et avec la région qu'il est destiné à comprimer, et il aura les doubles attaches terminales que j'ai fait connaître. Mais il devra être soutenu sur le sein malade, au moyen des bretelles dont nous parlerons tout à l'heure, tandis qu'on aura soin de l’échancrer convenablement, ou d'en diminuer la largeur vers la partie qui correspondra à la mamelle saine, afin que celle-ci soit complétement en dehors de l’action du lien.

Au lieu des nombreux disques d'agaric, dont le but doit être de faire l'office de la compresse graduée, je compose celle-ci également d’une seule pièce; d'abord parce qu’elle esthien suffisante; ensuite qu'on peut ladapter mieux, plus promptement et plus solidement à la nature, à la forme et aux exigences du mal, que si l’on a recours à une multitude de petites pièces qu’on est obligé de superpaser les unes aux autres. Mais ce point de pratique est des plus importants ; et comme J'en invoquerai largement l'application pour les bandages herniaires , et lorsque je traiterai des déviations de la taille, je crois devoir m'y arrêter un moment.

Deux choses sont à considérer dans l’action de la compresse graduée : la puissance dynamique et l'instrument destiné à transmettré et communiquer celle-là.

La première, qui est exercée ou représentée par des liens, des ressorts , etc., ne nous occupera pas, et nous nous bornerons à quelques réflexions sur le dernier, sans même nous appesantir sur ce que la dénomimation compresse graduée

Xl PANSEMENTS.

peut avoir de défectueux, et sans trop insister sur celui

pur et simple de corps COMPRESSIF, qu’il faudra lui substituer un jour.

Le principe sur lequel repose l'effet que l’on attend de la compresse graduée, C'est l'élévation du corps qui doit tenir lieu de cette compresse ; c’est sa saillie au-dessus du niveau de la partie qu’on veut comprimer sous un lien circulaire (1).

Plus ce relief sera considérable, et plus aussi on aura la certitude de rendre énergique et de concentrer sur ce point l’action de la puissance dynamique, destinée à produire l'effet désiré. Or, cette saillie peut avoir. lieu indistinctement, du moins quant à son effet, de deux manières différentes :

1° Le corps compressif peut s'élever sous la forme d'un cylindre ou d’un cube, dont le sommet aura exactement ou à peu près les dimensions de la base. |

2° Il peut aussi s’offrir sous la forme d’un cône tronqué.

Mais, dans cette dernière supposition, il est évident que

(4) La maniére la plus simple d'expliquer l'accroissement progressif de la puissance compressive d’un lien cirexlaire, par l'élévation successive du corps sur lequel il agit, consiste à dire que plus ce dernier sera élevé au-dessus du cercle que décrit le lien , et plus aussi celui-ci agira dans le sens de la perpendiculaire, dans le sens direct. Sans doute aussi que l'énergie dynamique se trouve ainsi plus concentrée sur un point culminant , et qui est en dehors de la surface que parcourt le lien: comme aussi elle se manifeste davantage sur l'endroit diamétralement opposé à ce point-là.

Ces efforts combinés tendent à ramener la face proéminente de la plaque au niveau du plan circulaire que décrit le lien. Mais comme la partie qui doitêtre comprimée fait saillie, il est manifeste qu'il sera d'autant moins nécessaire de recourir aux moyens propres à transformer en pyramide la plaque ou le premier plan compressif, que cette saillie sera plus considérable. 11 suffira donc, le plus souvent, de la plaque simple ; mais celle-ci, en sa qualité de corps dur, inflexible et résistant, sera toujours de rigueur.

C’est en vain qu'on voudrait remplacer cette plaque parune compresse graduée ordinaire ou du carton, qu'on aurait soin de gommer pour leur communiquer la dureté et la résistance de la plaque ; car avant que le blanc d'œuf on l’'amidon se soient solidifiés, la compresse ou le carton auront déjà pris et d'autant plus facilement une forme peu convenable, qu’ils seront composés de corps dont la souplesse se sera encore accrue par l'humidité de la solution gommeuse.

Du reste, toutes ces choses ont sûrement été dites, et mieux que je ne puis le faire; mais comme jé n’en ai aucune connaissance, j'ai cru pouvoir hasarder ici, et dans une note, les courtes réflexions qui précédent.

DESCRIPTION DES LIENS DAPRÉS LES RÉGIONS. k5

l'effet sera exactement le même, Soit que la pyramide repose: sur les endroits à comprimer ,. par sa partie la plus large, : par sa base ; soit qu’elle les presse immédiatement , par son extrémité la plus étroite, par son sommet; en admettant, du moins, que cette base et ce sommet soient en rapport avec les dimensions du corps sur lequel on veut agir.

Toute la différence essentielle qui pourra exister ici, en- | tre l’action de la base et celle du sommet, ne proviendra donc que de la différence d'énergie que déploiera la puissance dynamique sur l’un ou sur l’autre de ces deux bouts du corps conique et de la saillie deice dernier.

Si donc, pour l'effet à produire, il est indifférent que la forme et la pose du corps compressif varient du tout au tout, et si cet effet est dù tout entier à l'élévation que ce corps aura au-dessus de la surface qu'il est appelé à presser, il est évident que la forme à lui donner sera subordonnée aux convenances du malade et du chirurgien; c’est-à-dire à la manière la plus simple , la plus facile, la plüs commode, la plus sûre et la moins embarrassante pour l’un tt pour l'autre.

Le pôint important, d'abord, c’est que l'endroit qui doit * subir Ja compression soit convenablement recouvert par le corps compressif ; car il est manifeste que, si les parties ne sont pas suffisamment emboîtées, la compression ne sera pas complète, et que si au contraire le corps compressif recouvre plus de surface qu’il ne convient, son action sera partagée par cette dernière et s’y épuisera en partie. Prenez donc bien vos dimensions pour asseoir, aussi exactement que possible, votre point de sustentation, la base ou le sommet du corps compressif. à

Quant. à son degré de saillie au-dessus du niveau des téguments, à la forme à donner à ce corps compressif, et à la direction de celui-ci, en le supposant pyramidal; tout cela dépendra des circonstances actuelles, du jugement et du gros bon sens de l’homme de l’art.

Ainsi donc il n’élèvera pas outre mesure sa compresse graduée, et il n’oubliera pas, à ce sujet, que si elle agit en raison de son élévation , elle est aussi et.dans le même rapport plus difficile à manier et plus facile à se déranger.

h6 PANSEMENTS.

ILest fort peu de chose à dire sur la forme à donner au corps compressif, et vous prendrez vos inspirations d'après l'étendue qu'aura le point de sustentation , et le développement plus ou moins considérable de la surface à comprimer.

Si celle-ci est déjà assez large pour asscoir facilement le corps compressif, à quoi bon vous embarrasser ou charger le malade, en conservant ou en augmentant encore, en l’élevant, cette largeur respective de la compresse graduée ? Pourquoi prolongeriez-vous celle-ci sous le même gros volume cylindrique ou cuboïde, ou en renchérissant encore , comme lorsqu'il s’agit d'une pyramide renversée? A coup sûr vous vous déciderez donc, dans ce DU la forme pyramidale directe. |

Mais si au contraire le poité à comprimer se trouve étroit et très circonscrit, vous serez obligé de donner au corps compressif la forme conique d’abord, puis la position d’un cône renversé, et dont le sommet sera tourné contre les téguments, De cette manière vous pourrez mieux agir par le corps compressif, et diriger sur lui, avec plus d'efficacité, toute lä puissance dynamique dont vous aurez besoin, ou que vous tenez à votre disposition. Cette dernière puissance agira alors sur une surface plus étendue, plus apte à la recevoir et à la transmettre , que s'il s AA d’une surface très circonscrite. s

Je reviens maintenant au corps compressif des mamelles j et on comprendra mieux ma manière de le construire et de l'appliquer , et surtout son mode d'agir.

«Mon moyen n'est uniquement composé que d’une seule pièce, d’une plaque de fer-blanc, formée sur un patron de papier, lequel aura êté découpé lui-même d'après le volume et la forme de la tumeur sur laquelle on l’aura appliqué et moulé.

Afin que. cette plaque métallique et flexible puisse s’ajuster bien sur le mal qu’elle doit emboiîter et comprimer, on lui donnera un coup de ciseau sur chacun de ses bords, précisément comme on fait lorsqu'il s’agit d'appliquer certains emplâtres sur un Corps saillant et arrondi. Au moyen de ces entailles plus ou moins profondes , on peut assez facilement façonner cette feuille de métal, de manière à lui donner à

DESCRIPTION DES LIENS D'APRÈS LES RÉGIONS; peu près la forme du sein malade, du relief de celui-ci, et cependant permettre à ce corps dur de se mouler toujours assez bien , d'après les changements ct surviendront à la tumeur.

Il va sans dire que la surface du métal qui devra appuyer sur les téguments sera convenablement rembourrée de coton , et que ce corps élastique et mollet protègera toutes les parties sous-jacentes contre l’action et la dureté de’‘tout ce qui pourrait les blesser.

Mais l’autre surface de la plaque doit recevoir une addition importante , et qui va la transformer en une compresse graduée , lui en donner la forme, et la revêtir, en l'élevant , de tous les vrais attributs d’un corps compressif,

Que faut-il donc, pour luidonner cette élévation plus ou moins considérable? On pourrait, sans doute, la recouvrir de disques de plus en plus petits, ou de plus en plus larges, suivant qu’on voudrait avoir une pyramide directe ou renversée ; ou, plutôt, au lieu d’une simple plaque, en faire, tout d’abord, une seule masse conique ; qu'on poserait, à l'instar d'une pyramide directe, ou d'un cône renversé. On pourrait, de même transformer la plaque en un cylindre ou cube , etil n y aurait plus qu'à donner à tous ces corps une hauteur convenable.

Pour obtenir celle-ci, de la manière la plus simple et la plus solide , je me contente de faire croiser deux fils de fer, sur cette surface externe de la plaque, et de proportionner leur étendue, leur hauteur et leur forme, à l'effet que je crois devoir produire.

J'ai donc construit de la sorte, en dehors de la plaque, une élévation pyramidale (une petite carcasse de tour, si vous voulez), laquelle me donne, exactement, ce que je recherche et apprécie dans un moyen compressif analogue. Il est clair, au surplus, que, puisque la base est suffisamment large , je puis , je dois me contenter de songer à l'élévation seule de l'instrument , au-dessus de la surface à comprimer, et que la forme pyramidale directe sera la moins embarrassante.

C’est sur les deux petites anses métalliques , entrecroisées

au-dessus de la plaque , que je place et serre mon lien circu-

aire: et pour graduer et localiser mieux sen action, j'ai recours à deux larges bretelles , qui se fixent à ce même lien et vers la plaque, pour être de là dirigées sur celle-ci et derrière le dos , où elles seront arrêtées au lién circulaire. | L'endroit exact où il faut attacher ces bretelles , près de la plaque ; la direction à leur donner sur cette dernière et sur l'épaule ; le choix même de celle-ci pour l’une des bretelles ; la place précise où les liens doivent être attachés par derrière ; le degré à donner à la constriction, etc. : toutes ces choses dépendront de l'ensemble des circonstances qui dirigent, en général, un praticien judicieux et prudent. + On applique, d’ailleurs, sous la plaque, et sur le sein même , tel onguent ou emplâtre qu’on juge convenable ; on intérpose une épaisse couche de fin coton cardé, entre le sein et la plaque ; on fait agir celle-ci, plus particulièrement, sur tel'ou tel point donné, en serrant le lien et les bretelles, de telle ou telle manière, etc.; tout cela est, également, du ressort d'un homme de l'art instruit, et qui ne craint pas d’étudier et de suivre, dans leurs plus petits détails, les effets divers des moyens qu’il emploie et qu'il essaie. |. Ce qu’il ne devra jamais omettre, c'est de prendre exactement les mesures du mal qu’il cherche à réduire. Le compas d'épaisseur, et, spécialement, celui à trois branches, que j'ai fait connaître, lui séra de la plus grande utilité, pour lui révéler, au bout de quelques jours ou de quelques semaines, l’un des trois états qui doivent, nécessairement, se produire alors : le stationnaire, le progressif en bien, et la marche progressive en mal. La connaissance exacte de ces états respectifs pourra diriger plus sûrement la conduite ultérieure du chirurgien, et lui faire soupçonner mieux ce qu'il doit espérer ou craindre.

Que conclure de toutes ces considérations, et de cette série de bandages que je viens d'exposer et de décrire? C’est que tout tend à confirmer ce que j’ai avancé dans mon introduction ; c'est-à-dire que l’art s’enrichira, par le système que je présente, d’un grand nombre d'appareils, évidem-

ment nouveaux ; qu’ils seront toujours prêts et à la portée de tout le monde ; que leur application, facile et prompte, mettra à la disposition , non seulement des,chirurgiens eux-mêmes , mais de tout indiviäu , un moyen fort simple; que celui-ci se pliera admirablement à toutes les combinaisons et à toutes les circonstances ordinaires et connues, ainsi qu'aux cas les plus compliqués, les plus rares et les moins prévus.

Tout cela , du reste , ne doit pas étonner , et doit être; car, comme on a déjà pu le pressentir, la. base de ce nouveau système déligatoire semble reposer sur un PRINCIPE VRAT, et qui peut soutenir toutes Îles épreuves qu'on exige d'un semblable point de départ. Aussi, voit-on que tous mes liens ont un certain air de famille , soit qu’on les envisage sous le rapport de leur composition et de leur forme; soit qu’on n’ait égard qu'à l'identité de leur construction ef de leur application; soit enfin qu'on s attache à leur mode tout su d'agir. , |

Il est un point que je nai pas encore touché . , parce qu’il n'aurait pas été suffisamment compris , mais qui ne laisse pas d'être important dans un traité quelconque des bandages et appareils ; c’est ce qui concerne le ‘degré de facilité, de précision et de clarté qu’on peut apporter dans leur description.

Lisez les oùvrages quitraitent, ex professo , de cette matière ; suivez les: auteurs qui tracent ce qu’il faut faire dans un pansement, même simple, et vous serez convaincus qu'ils se donnent beaucoup de peine pour se faire bien comprendre, qu'ils n’y réussissent pas toujours, et qu'il faut déjà une certaine habitude et des connaissances pratiques pour bien saisir ce qu’ils veulent dire , et surtout pour l'exécuter. : js 2 à De là , cetembarras des jeunes praticiens, cette ignorance de beaucoup d’entre eux, dans la partie déligatoire , et le besoin qu'ils éprouvent tous de suivre.des cours de bandages , et de s'exercer long-temps au lit des malades; de là encore cette difficulté qu’ils ont de décrire un appareil, dé manière à être compris. Peut-on faire les mêmes reproches à mon semer et ne pourrait-il pas mériter le nom de NA- TUREL , grâce à 8a simplicité et à la facilité qu'ilsprésente toujours d'être facilement expliqué et décrit, rapidement

saisi ; et promptement mis à exécution partout, et: BR ainsi dire par le premier venu ?

Je pourrais négliger peut-être. de revenir sur. ‘ce nouveau mode de pansement ; ‘d'indiquer les sources abondantes d’où je puis les tirer, et la manière dont je les prépare ; S mais cet article est trop intéressant , et contribue trop à faire ressortir encore les avantages de mon syAPtRs pour que je ne lui consacre pas quelques lignes.

Touté espèce de linges et de tissus, qu'ils pres grossiers ou superfins, rudes ou délicats, pourront servir au but : que je me propose. Ainsi, non seulement la toile de chanvre

ou de lin, mais celle de coton, les étoffes en laine et en soie,

le filet même du pêcheur, seront, suivant les besoins et les circonstances , employés par le chirurgien ou par ceux qui -en tiendront lieu. Tous ces objets. seront sûrs et forts, de reste, s'ils sont assez souples pour êtrepliés sur eux-mêmes, en carrés et. en crayates; et ils s’offriront toujours, à la disposition de l'homme de l’art, chaque fois qu'il aura à placer un appareil quelconque.

. Une carrière immense s ‘ouvre donc devant lui; ; et ses ressources déligatoires seront d'autant plus inépuisables, que, sous le rapport seul de la consistance et de la force, it pourra avoir recours aux tissus les plus frêles et les moins capables de résistance. C’est que le linge le plus usé le plus mauvais, ainsi que la mousseline la plus fine, la gaze la plus délicate et le tulle le plus subtil, acquerront assez de force déligatoire sion les plie et replie sur eux-mêmes , en manière de cravate, ou si on les fait agir par une large surface, comme lorsqu'il est question d’un carré long ou d'un triangle.

- Il résulte de là que, partout, les chirurgiens et les administrations seront constamment et parfaitement à leur aise ; qu'ils pourront puiser indifféremment dans tous les «magasins; et qu'ils trouveront même, sur chaque individu, des moyens convenables de‘déligation.

Pour ne parler que de ce que chacun de nous porte, nous avons des mouchoirs de cou et de poche, dont on peut faire, au besoin et en les coupant diagonalement, des triangles ou des fichus plus ou moins nombreux. La chemise, un tiblier, un grand châle on toute autre pièce de vêtement de femme,

DESCRIPTION DES LIENS D'APRÈS LES RÉGIONS. O1 fourniront également, dans certaines circonstances, aûtant de. carrés, de triangles, de cravates et d’autres moyens de pansement, qu'on croira utile et nécéssaire ‘d'en ‘employer…

Si, avec toutes ces ressources, qu’il m'aura snif di indiquer en passant (et qu’on chercherait en vain, en continuant à faire usage des bandes et bandages), une armée est le moins du monde embarrassée; si les blessés, quelqué nombreux qu’on veuille les supposer, ne sont‘pas promptement secourus; si les hommes dé l'art ne parent pas, sur-le-champ et dans toutes les occasions ,; aux accidents qui se passeront inopinément sous leurs yeux, ou pour lesquels ils seront appelés à la hâte; certes, on pourra faire peser sur les ‘administrations militaires et sur les chirurgiens À Je accusations les plus graves et les mieux méritées. ,

Æt si, plus tard, et lorsque mon système et mes vues sur la déligation auront pu p nétrer dans les masses, au moyen d'une instruction spécia e et d’une chirurgie populaire , toute personne instruite ou intelligente, tout chef de famille ou d'atelier qui laisseront périr, sans secours éclairés et prompts, un malheureux blessé ; ou qui ne le soulageront pas sur-lechamp, par des: moyens sagement administrés ; ou, enfin, qui compromettront son existence ou l'usage de ses membres, par l'absence de ces secours toujours faciles ; tous ces individus, dis-je, s exposeront aux reproches les plus amers, et, sans doute aussi , aux regrets les plus cuisants.

Pour sé convaincre, au surplus ,-que les carrés, lès trian-

gles et les cravates suffisent toujours à toute espèce de déligation ;, et que, par l’exposésque je viens de fairé de mes appareils, tous les bandages connus sont avantageusement représéntés et facilement remplacés ; mettons en regard, un instant, les uns et les autres, et jugeons 8 Jà de leur väleur et de leur mérite respectifs. "hi

A cet effet, nous désignerons les bandages êt appareils anciens par Îles noms sous lesquels ils sont généralement connus, et mes liens, qui leur correspondent , par les numéros qu'ils ont dans ce chapitre.

Le chévestre , le récurrent ou la capeline, le’ petit et grand couvre-chef, le croisé, le noué, le monocle et le binocle, le

bandage de Galien ou des pauvres, celui en croix, dé bec de lièvre, la fronde , le masque , etc. (Numéros I à V.)

Le bandage oblique le 8 de chiffreet le dns de l'aisselle. (Numéros VI à IX.) |

Le bandage de corps avec scapulairé et sous-cuisse , le bandage d'Héliodore, la ventrière, le spica de laine, le . bandage en T simple et double, l'inguinal celui de Thillaye. Nuntoe X à XIX.) |

Le suspensoir. (Numéro XX.)

Les appareils de Desault et de Boyer, pour les fractures de la clavicule, l’'écharpe. (Numéros XX à XXVIT)

Les contentifs, les compressifs, les «expulsifs, les rampants, les roulés , les circulaires , les bandages de Scultet et à dixhuit chefs, le garot, les divers lacs et liens. (Numéros XXVIII à XKXIX.) 6 | | ‘pt

Le drap-fanon, les remplissages. (Numéros XL à XLIIF.)

Les ‘bandages unissants, la machine de Boyer pour la fracture de la rotule, la pantoufle de Petit. ph Pat

à LIT.)

Le bandage compressif du célèbre Récamier.(Numéro LIV.)

Tous les bandages connus’et usités ont donc ici leurs doublures, dans l'un ou plusièurs de mes liens; et je défie qu’on en cite un seul, que je ne puisse, à l'instänt, reproduire avec exactitude. Mais peut-on dire également qu'on’ trouvera , dans les nombreux bandages anciens , les analogues de tous les liens nouveaux que. Je propose , et que je viens de passer en revue ?

La belle uniformité de mes moyens, quant au fond et à la forme ; l’économie considérable qui résultera de leur adoption ; leur facile préparation et application; la mine inépuisable qui les fournit ; sa riche exploitation , et la certitude, pour tout le monde, qu’on pourra toujours, dans tous les temps et dans chaque lieu, y puiser à.pleines mains ; tous ces avantages qu'on retrouve constamment, dès qu'il s’agit de mes liens, auraient-ils leurs équivalents, par hasard, lorsqu'on veut les rechercher pour les appliquer auk Dan dages ? Qu on mette la main sur la conscience , qu’on interroge les faits ,; et qu'on réponde!

En attendant cette réponse , ou que les faits l'aient formu-

lée , en parlant assez haut , je dois placer i ici une déclaration formelle. "Elle se D Re tout aussi bien à es liens, mis en regard des bandes et des bandages , qu'à tous les objets suivants, que je vais successivement mettre en relief, et à coté les uns des autres , afin qu’on en puisse mieux déterminer la valeur et le hoids respectifs. te

Ces objets sont : le coton et.la charpie; les appareils à fractures et l’hyponarthécie ; les attelles en bois et les gouttières métalliques; la position fixe du corps et sa locomotion et progression , dans certaines lésions osseuses du membre inférieur ; cette même position des membres et leur suspension et locomotion ; les .compresses de toile de lin et de chanvre mi-usée, et celle de calicot vieux ou neuf; l'extension du rachis et sa compression ; les tubes et les ficelles pour l'irrigation ; la mousseline sur les plaies et les, cataplasmes ; le fil de fer sur ces derniers, etc.

Or, voici la déclaration susmentionnée : « Si les procédés » et les moyens déligatoires, indiqués et suivis jusqu'ici, » sont vraiment PAR EXCELLENCE ; s’il n’est pas possible de » faire mieux ; si en faisant tout autrement qu’on fait, et si, » en suivant mes suggestions, ons expose surtout à faire mal, » ou même moins bieñ; ah! certes (et je-serai le premier à » le proclamer), il n’y à pas un instant à perdre ; il faut, sur- » le-champ, mettre un terme à. ces-prétendues réformes , et » arrêter l'imprudent et dangereux novateur.»

Chacun , au reste , se dirigera , en cette occasion, d’après sa conscience; je n’en ai aucun doute. Mais si j'ai raison, par hasard, et si l'évidence est palpitante en ma faveur, ceux qui aurgnt montré.trop de répugnance à essayer mes moyens, à me comprendre ou même à me lire, n'éprouveront-ils pas quelques regrets? Ne leur reprochera-t-on pas de s'être privés de ressources nouvelles , lorsqu’il s'agira de malheureux qui les implorent , qui comptent que , pour les guérir, les soulager ou les traiter plus doucement, rien n’aura été négligé, et qu'on se sera appliqué à rechercher constamment, d'entre tous les moyens connus, ceux qui auront paru les plus convenables à leur état ?

Il faut pourtant que je convienne que, lorsqu'il s'agira d'obtenir une belle compression aux extrémités , il vaudra

mieux recourir à une forte bande , sauf ensuite à faire usage du bas lacé, si on le juge plus convenable. et T

Ce cas serait donc l'exception à la règle ; mais une éxception telle, qu’elle pourra être facilement surmontée ; et même disparaître au moyen du lien métatarso-malléolaire, qui embeite le talon mieux qu'une bande, et de quelques longues cravates ;. qu'on appliquera, successivement et exactement, comme les bandes ordinaires "et qui en feront très bien l'office. Il est même digñe de remarque, qu’au moyen de ce très petit nombre de erävates superposées , on peut porter la cônstriction .plus loin qu'avec une bande ordinaire. La raison en est simple : premièrement , c'est que la cravate est, en général, plus résistante que la bande , puisqu'elle est

formée de trois à quatre doubles de toile , et, en second lieu, que la pression est plus supportable, quand elle se fait par un Corps épais et souple , que lorsqu'elle est exercée par un tissu serré et, par cela même, plus ow moins dur, surtout encore si l'agent compressif est étroit.

Du rèste, je le répète : évidemment la bande doit l’emporter, lorsqu'il s’agit de serrer fortement et avec quelque élégante exactitude; mais s’il n’est question que d’un pansement contentif ordinaire , le mouchoir est de beaucoup préférable. Aussi, lorsque mes moyens déligatoires seront bien appréciés par les praticiens, de rôle des bandes'et celui des liens seront complétement intervertis. Ce ne sera plus, en effet, comme pis-aller et faute de bandes, ainsi qu'il arrive aujourd’'hui, qu'on aura recours aux mouchoirs; mais on les demandera tout d'abord et de préférence , et on‘ ne se servira des bandes que fortuitement:et faute de mieux, sans qu’on puisse, toutefois , accuser de cette révolution , ni les exigences de la mode et du caprice, ni la manie d’une vaine et prétentieuse innovation. |

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