‹ Bandages et appareils à pansements, ou nouveau système de déligation chirurgicale (volume 2)Chapitre 28 sur 84 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

DU DESSIN LINÉAIRE EN RELIEF, POUR SERVIR A LA DÉLIGATION AVEC LE FIL MÉTALLIQUE.

Le fil métallique est devenu un élément déligatoire qui occupe et occupera une très large place parmi les objets nécessaires aux praticiens , et dont l'usage sera de tous les jours et des plus variés.

Son application aux topiques humides ou secs, cataplasmes, coton cardé, sachets divers, vient d'être indiquée ; mais ce qui me restera à dire au sujet des brayers et des gouttières , sera d’une si grande importance, que je crois utile de rappeler sur*quelle singulière base repose ce précieux agent. |

Qui le croirait? C’est sur une nouvelle manière , un mode tout particulier de DESssiNER les formes et les contours des objets les plus variés, qu'il est fondé. Ce genre spécial a lieu au moyen du fl métallique, et rentre dans ce qu’on

désigne sous le nom de dessin linéaire ; mais il doit être caractérisé par ceux de dessin linéaire, MÉTALLIQUE , MATÉ- RIALISÉ , EN RELIEF , OU DANS L'ESPACE.

Bassins. Chargé, il y a bien des années, de donner à des villageoïses sachant à peine lire, des leçons propres à en faire des sages-femmes, je sentis le besoin de mettre sous leurs yeux et dans leurs mains la base essentielle d’une solide instruction. Mais le bassin, ce point de départ des principes les plus importants de l’obstétrique et de leur application à la pratique, était réservé pour les démonstrations et pour l'usage presque exclusif du professeur , et il m'était impossible de me procurer autant de bassins que j'avais d'élèves. Cependant, comme je tenais absolument à ce que chacune en eût un à sa disposition, cette nécessité me fit industrieux, et me fournit bientôt l’idée de construire une carcasse pelvienne avec du fil métallique. Ceite pensée ne se fut pas plus tôt présentée, qu’elle fut saisie par les plus intelligentes de ces femmes; et, peu de jours après, la plupart d’entre elles m’apportèrent un bassin en fil de fer qu’elles-mêmes avaient fait, et qui, quoique plus ou moins grotesque, était bien suffisant pour le but que nous nous proposions.

Ce but, ainsi qu’on le conçoit aisément, était de remplacer les figures dont nous avions besoin, pour parler aux yeux, par quelque chose de matériel et de saillant, et le fil de métal (fer, paomb ou laiton) nous servit à merveille; car, au moyen de ce fil, nous rendimes les contours et la forme du bassin et de ses différentes pièces, aussi exactement qu’on l’eût fait par le dessin linéaire, puisque le métal , ainsi étendu et courbé diversement, n’est autre chose en réalité que le dessin linéaire lui-même matérialisé et mis en relief.

Voici comment j'indiquai à mes élèves sages-femmes de procéder pour se procurer cette pièce.

« Ayez un bassin naturel et normal; mesurez avec un bout de ficelle. le contour du détroit supérieur , et coupez un. bout de fil métallique exactement égal à la ficelle , lequel vous courbexezet façonnerez à l'instar du susdit détroit, et en imitant la forme qu'il affecte. Il est clair que vous aurez, de la sorte, un cercle irrégulier tout pareil à celui que forme le détroit abdominal, et dont les diamètres seront

‘exactement les mêmes que ceux du bassin osseux. Faites la même opération pour le détroit périnéal, et yous aurez les mêmes résultats. Liez ensemble maintenant ces deux détroits en arrière par une pyramide renversée qui.représentera le sacrum et le coccyx, et en avant par deux fils parallèles d’un pouce.et demi de longueur et écartés de quelques lignes l’un de l'autre, pour figurer la symphyse pubienne. Vous aurez de cette manière le petit bassin avec ses dimensions et ses axes, et si vous voulez y ajouter les-os des îles et une partie des vertèbres lombaires, vous n’aurez qu’à procéder, pour en dessiner les contours , comme je l’ai dit pour le détroit supérieur. En un mot, chaque fois que vous voudrez figurer les contours ou la forme d’une pièce quelconque, vous commencerez par les mesurer ayec une ficelle, puis vous vous procurerez une longueur égale de fil de métal que vous plierez, courberez et ajusterez du mieux que vous pourrez, afin de lui faire prendre la forme que vous cherchez à reproduire et à imiter. Si vous avez une pince et un compas, vous ne serez pas embarrassées ; le coup d'œil et le bon sens feront le reste. »

Quelques unes de ces femmes réussirent sibien, sur ces simples données, que si on eût pu couler sur cette cage métallique une couche de phosphate calcaire, on aurait eu un bassin osseux. passable, et dont les axes et les diamètres n'auraient du moins rien laissé à désirer. Or, ces axes et ces diamètres sont précisément ce qu'il m’importait d'obtenir exacts. Mais rien n'empêche qu'on n’ajoute à ces premiers traits du bassin artificiel, tout ce qu’on jugera convenable de prendre au bassin naturel. Ainsi on pourra joindre des tracés métalliques pour représenter les ligaments sacrosciatiqués ; des lignes circulaires pour figurer les trous ovalaires ; d’autres fils pour rendre les principaux troncs nerveux et vasculaires , etc., etc.

. L'essentiel, cependant, sera toujours de ne pas trop charger de détails ces lignes rudimentaires ; car le simple tracé que je viens d'indiquer suffit aux divers buts qu’on se propose. + ENTNA

Un de ces buts consiste d’abord, entre les mains du professeur, à faire toucher du doigt à l'œil la manière dont se

font un très grand nombre de difformités pelviénnes , et de démontrer sur- le-champ celles-ci, de même que les rapports assez constants qui existent entre les vices de conformation des deux détroits. C’est que notre bassin métalliqüe est flexible, et qu'il peut de suite admettre , en se moulant, les dépressions variées, les écartements divers , et toutes les déformations qu'on jugera convenable de figurer, afin de faire bien comprendre aux élèves les conséquences de ces altérations. Notez qu'un seul bassin peut suffire pour recevoir et perdre, à l'instant même, toutes les empreintes auxquelles on jugera à propos de le soumettre , et vous l’auriez aplati de manière à faire toucher les pubis à la base du sacrum ou les tubérosités ischiatiques l’une à l’autre, que vous pourriez lui rendre aussitôt sa forme normale. Chaque élève pourra donc, avec un pareil bassin, se graver la leçon du professeur et la répéter au besoin.

Un second but essentiel de ce bassin résulte de ce qu’il est à claire voie, et que l'on pourra, par conséquent, tou- Jours suiÿre et examiner exactement tout ce qui s'ÿ passera. Ainsi , lorsque le professeur décrira une manœuvre quelconque, et qu’il voudra l’exécuter en présence des élèves de l’un el de l'autre sexe, aucun des mouvements de sa main, de ses doigts ou de ses instruments, aucune des évolutions de la poupée n’échappera ; car, je me hâte de le dire, tout ce qui se fait ordinairement dans le mannequin, peut également avoir lieu dans l’intérieur du bassin de métal. Or, pour bien apprécier celui-ci dans cette circonstance, il suffira de se rappeler ce qui se passe avec le mannequin , dans les leçons et lors des démonstrations manuelles et instrumentales. C'est qu'il faut croire le professeur sur parole, que ses opérations se font à huis-clos, et que celles-ci, ainsi que les mouvements de la poupée, sont presque entièrement soustraits à la vue. Rien de pareil ne peut avoir lieu avec ma cage pelvienne , et je ne crains point que les élèves, quelque bornés qu'on veuille les supposer, cessent de se faire illusion en face de ces fils de métal, et qu'ils en aient beaucoup plus vis-à-vis d’un bassin osseux , entouré d’un cuir sale et crasseux, et terminé par deux moignons représentant exactement deux cuisses auxquelles on aurait fait l'amputation. Du reste,

DÉLIGATION AVEC LE FI£ MÉTALLIQUE. 68 tien n'empêche , pour les amateurs, de recouvrir ces fils métalliques de toile ou de peau, et de figurer au besoin un périnée et des grandes lèvres.

Un troisième but enfin de cette pièce, consiste dans la grande facilité de se la procurer , et dans le bas prix auquel elle reviendra; car, je le répète, avec quelques directions simples et tant soit peu d'intelligence, la moindre élève pourra toujours confectionner elle-même quelque chose de passable ou de suffisant dans ce genre.

Il est facile de saisir maintenant tous les avantages qui résulteront, pour les élèves de l’un et de l’autre sexe, d’avoir à léur disposition un semblable moyen. Ainsi, ils pourront répéter chez eux la leçon du professeur, toucher toujours du doigt toutes les grandes vérités qui ressortent de létude approfondie du bassin , et se les rendre de plus en plus familières; ils auront encore la facilité de s'exercer, entre les legons, à la plupart des opérations manuelles et instrumentales de l’obstétrique , et de se remettre à ces exercices variés alors qu'ils seront livrés à la pratique, s'ils en éprouvent le besoin. Car, ainsi que je l’ai dit, ce bassin artificiel peut servir exactement comme un mannequin. Voilà pour les élèves. Mais le professeur lui-même pourra difficilement se dispenser de le prendre pour base de quelques leçons, surtout s'il s’agit des vices de conformation, et de ces manœuvres délicates où la marche et les mouvements des doigts, de la maiñ et des instruments, ainsi que ceux du fœtus, doivent être exactement aperçus, suivis et COMpris.

S'il est difficile dans une grande ville, à Paris même, de présenter aux élèves toutes les défectuosités er et de les leur faire bien saisir, que dire de ce qui doit avoir lieu dans les provinces et dans certaines localités privées des secours convenables pour former de bonnes sages-femmes ? Eh bien! le bassin métallique viendra à leur secours, et ne leur laissera presque rien à désirer. J’insiste donc au moins pour que les individus qui ne peuvent pas avoir à leur disposition des bassins naturels {et ce sera de beaucoup le plus grand nombre), s’en procurent ou en confectionnent euxmêmes un artificiel. |

Le médecin a besoin, dans un très grand non Que de cit

9h DÉLIGATION AVEC LE FIL MÉTALLIQUE.

constances, de conserver l'empreinte de désordres pathologiques ou d'anomalies singulières , que le crayon de l'artiste ou l'art du mouleur en plâtre ne peuvent pas toujours bien rendre, et qu'il est même quelquefois impossible ou trop dispendieux de se procurer. Il aura donc recours au fil métallique, qui est constamment à la portée de tout le monde, et quireproduira bien exactement tout ce qu’on lui demandera. Ainsi, vous l'emploierez lorsque vous voudrez représenter, sur-le-champ et assez bien, la plus petite élévation, comme le plus énorme développement; le plus léger enfoncement comme la plus vaste caverne. Citons quelques exemples à l'appui. Vous tenez à conserver l'empreinte et la saillie d’une loupe ou d'une excroissance ; vous la cernérez, par sa base, avec un fil pour en avoir les dimensions; puis, vous tirerez de cette base, ordinairement circulaire, deux ou trois autres fils qui, se croisant à angle droit au-dessus de ce cercle, dessineront la hauteur et la figure de ce corps proéminent. Voulez-vous avoir en relief la monstrueuse distension du cou par certain goître? vous étendrez un fil autour dé sa base, et, afin d’avoir la mesure du diamètre longitudinal et celle du transversal, le compas d'épaisseur pourra être nécessaire. Le compas est d’ailleurs indispensable pour bien apprécier les diverses bosselures et le diamètre antéro-postérieur de la tumeur ; et d’après les données obtenues par cet instrument, vous tracerez alors une courbe longitudinale, et deux ou trois transversales qui achèveront de former le squelette ou la carcasse de ce corps strumeux. Vous aurez de cette manière quelque chose de pareil au cerceau qu’on applique sur le ventre, ou les membres des individus que l’on veut protéger contre la pression des couvertures; et il vous suffira ensuite de recouvrir cette carcasse d’une étoffe dont la couleur sera analogue à celle qu'offre la peau, pour avoir la ressemblance parfaite de ce goître énorme. Des tissus diversement teints et nuancés qu'on étendra sur chaque carcasse métallique, comme nous l’avons dit pour le chapeau, vous donneront, en effet, avec leur forme, la couleur et l’expression de tout ce que vous désirez reproduire par mon moyen, et contribueront en outre à rendre le tout plus ferme et moins facile à se déformer.

Je n’ai pas besoin de dire qu’il faudra se servir Ge fils déliés, s’il s’agit de petits corps à mouler de cette manière, et de plus forts, ou même de baguettes, s’il est question de gros objets. Mais quelques uns de ces derniers, s’il n’est pas nécessaire qu’ils aient une grande force, comme ce serait le cas, par exemple, avec des artères, des veines, des nerfs, de gros corps cylindriques, etc., pourraient être rendus avec de petits fils qu’on aurait recouverts d'une manière quelconque, afin de leur donner des dimensions et'des couleurs variées.

Les enfoncements et les sinuosités ne peuvent pas toujours se rendre au moyen. du plâtre, surtout lorsqu'il s’agit d'une érosion ou d’une plaie, et qu'elles se trouvent sur un individu vivant. Avec mon procédé, au contraire, on peut constamment reproduire assez exactement toutes les pertes de substances ou les anfractuosités qu’on juge convenable de noter et de conserver, et qu’on remarque sur un cadavre ou sur un sujet plein de vie et de sensfbilité. Le procédé sera le même ici que pour les corps saillants; sèulement, on aura des résultats ou des reliefs en sens mverse des premiers. Ainsi, lorsqu'il s'agirait d’un hideux cancer au sein, vous auriez à dessiner avec le fil métallique, d'abord les éminences et les bosselures, et vous figureriez ensuite les trous et les enfoncements par autant de reliefs en sens «contraire des précédents.

L'idée grandit dès lors, et prit assez de développement pour que j'osasse la produire au sein de l'Académie royale des sciences, dans un Mémoire que j'eus l'honneur de lire le {er juin 1835.

Mais ce n’était encore que l'exposé de vues théoriques , et dont l'utilité n’était guère qu’indiquée et qu'aperçue. Aujourd'hui c’ést tout autre chose, et l'heureuse application que j'ai faite de ce moyen, non seulement à la plupart des agents mécaniques du ressort de la chirurgie, mais encore à une foule d’autres objets, et l'extension que j’ai donnée à ce nouveau mode, dans mon ouvrage sur le fil de fer et le coton, ne laissent plus aucun doute sur la réalité et l'importance de la découverte, et sur la place qui lui est réservée dans les arts.

Avant la publication de cette seconde édition, j'ai donné

quelques nouveaux développements à cet objet importañt, dans une petite brochure imprimée en juin 1836. J'en reproduirai ici ce qui me paraitra nécessaire pour éclairer mieux mon sujet.

Le dessin linéaire ne consiste , comme on sait, que dans l'art de former des lignes diverses, droites ou plus ou moins courbes, et telles qu’on peut les faire avec le crayon, la plume, le pinceau , la craie , le charbon , le burin , etc.

Mais afin qu’on puisse, avec tous les objets que je viens de nommer , tracer les éléments du dessin linéaire , il faut nécessairement leur associer du papier, dés tissus particuliers, une table, une plaque en bois, en pierre, en métal; en un mot, un corps quelconque qui soit capable de recevoir l'empreinte de ces lignes , d'en conserver et transmettre l'image.

La formation de tous ces traits , et leurs combinaisons infinies par un moyen ou un mode quelconque, constituent donc

l'essence de ce dessin. Or, le fil métallique peut, à juste titre, revendiuer son droit à cet art, puisqu'on peut l’étendre en ligne droite, le plier , le fléchir et le courber en tous sens, exactement comme un trait sous la plume ou le crayon ; etqu'il reste tel qu'on l'a formé, aussi bien que ce qui a été figuré avec ces deux derniers objets.

Ces traits linéaires , tels qu’on les formule communément, ne sont guère accessibles qu'au seul sens de la vue , et, souvent même, qu'à un œil plus ou moins exercé. J'en dirai presque autant de la main qui doit chercher à les former; car il faut avoir appris, pour savoir dessiner des lignes droites et courbes , des angles tels qu'ils existent dans le dessin linéaire, et comme on entend généralement celui-ci. |

Mais le métal en fila , sur tous les autres moyens connus de dessiner , les avantages incontestables que voici :

1° Ce mode a si peu besoin d'être appris, qu’il est, en quelque sorte, à la portée de tout le monde. Dites au premier venu, par exemple , en lui remettant un bout de fil de fer , de vous en faire un cercle, et deux lignes droites qui, en se pliänt , se réunissent sous un angle quelconque, il y réussira aussitôt et sans hésitation aucune. Or, ainsi qu’il a été dit et que chacun sait, leslignes courbes, circulaires et droites, forment bien la base Dada du dessin linéaire.

2 Cette manière de dessiner n’exige ni table, ni papier, ni toile ; car l'individu ci-dessus , aveé'son fil de- fer, seul. et sans aucun autre accessoire, reproduira toujours son cercle etson angle très librement DANS L'ESPACE.

8e Cet art ne rend pas. appréciable, unh les objets: qu'il représente, mais IF les aussi à Ja disposition du fact; et. il. permet FRE ner à de les toucher, mais encore dé les tourner et retourner dans 1ous les sens, afin: qu’on en ait une plus; juste idée, et qu on puisse corriger ce qui aurait pu échapper à Ja simple vue: On sait, en éffet, que les doïgié sont les meilleuts auxiliaires des: yenx et qu'ils en rectifient souvent les illusions. S à

Ainsi, le cercle et les deux lignes. qui dessinent un angle, ét que nous avons choisis pour exemplé, peuvent être revus, ef quelque sorte , par l'organe du tact, après avoir été constitués ou dessinés. Ils passeront et repasseront entre les doigts, et ils y seront examinés encore et corrigés à l'instant même sur toutes leurs faces ; tout comme aussi ils pourront y être effacés entièrement, et reconstruits de nouveau très bien et avec la plus grande aisance.

Le cercle y sera donc rendu à volonté, plus grand, plus petit, plus régulier, plus ovale; il pourra également être ouvert, tronqué , formé en croissant , et même il disparaîtra tout-à-fait, si le fil est tiré et étendu en ligne directe. L'angle qui résulte des deux lignes deviendra de même, successivement et alternativement, aigu, droit, obtus, et tous pourront finir par s’éclipser entièrement, si les deux lignes angulaires sont ramenées en une seule droite.

On conçoit combien toutes ces considérations auront de valeur, surtout pour les aveugles qui ne voient qu’ avec les : doigts. Le fil de fer les mettra en possession de pouvoir. dessiner, et de recevoir et apprécier certaines notions qui, sans ce moyen, seraient perdues, ou du moins fort difficiles à être mises en évidence pour tes malheureux. es,

4° IT est beaucoup d'objets, qu’ on obtient Re en même temps qu'on les a dessinés avec le fil de métal. Telles sont les figures de géométrie, lesilettres de l'alphabet, des CEOCRES s des agrafes , des boucles 2 plusieurs moyens chi-

rUrgICAUX quantité de petits ustensiles grossiers et communs, et qu'il serait trop long d'énumérer.

Ici viennent se ranger aussi, pour être rendus plus intuitifs et poar leur plus facile démonstration , une foule d’ objets mécaniques el de machines que le dessin matérialisé fera bien mieux connaître que toutes les figures les plus parfaites. Leur jeu pourra même être imité et mis au jour, de manière à le faire saisir suffisamment , comme on cherche déjà à parvenir à ce but avec des modèles en bois.

Mais quelle différence entre ces derniers et le fil métallique dans la rapidité et la facilité de confection, et dans la reproduetion des petits détails!

5° On établit facilement, au moyen. de ce dessin, la charpente ou la carcasse de certains corps qu'on peut ensuite compléter avec d'autres substances. Des cravates, des chapeaux et certaines pièces de vêtements de femme, sont déjà rangés dans cette Catégorie.

Mais ce dernier article se rapporte surtout à un très grand nombre d'instruments de chirurgie, dont il est fait mention dans mon ouvrage sur l'usage du fil de fer et du coton. Tels sont , entre autres , les pessaires, tous les moyens contentifs des fractures , les brayers, les pièces d'anatomie normale et pathologique. La construction de ces objets devient par là d'une très grande simplicité ; l'explication et l'application de plusieurs d'entre eux y gagnent également en facilité, commodité et promptitude.

Go Il est même loisible, au moyen du fil métallique, de reproduire certains objets tout entiers, avec leurs dimensions et leurs formes les plus variées.

l'suffira pour cet effet, après avoir tracé les contours de ces corps!, de recouvrir leur carcasse métallique d'une manière convenuble [de poils de plumes, de tissus divers), et de peindre ces derniers, etc., pour avoir une image assez fidèle de ces mêmes obiets {1}.

(4) Une hyéne barrée est morte, à Lausanne, en février dernier, et son corps a été acheté pour le compte de notre Musée cantonal. M. le professeur Chavannes en a établi la peau sur une carcasse en fil de fer, confectionnée et moulée exactemént sur la charpente osseuse de l’animal, et d'aprés mon procédé, Ce mode a parfaitement réussi, ét per-

7° Le métal en fil se prête également à mouler ou à dessiner en masse d'autres objets qu'on ne pourrait pas rendre aisément au moyen du plâtre. Des tissus métalliques particuliers et doués d'un certain degré de flexibilité et de mollesse, ne manqueront pas d'être employés dans ce but, et serviront, de la manière la plus simple, la plus commode et la plus expéditive , à obtenir les moules en question.

80 Les saillies ou élévations au-dessus du sol ou d’un niveau quelconque, quelle: qu’elles soient, peuvent encore être rendues à l’aide du fil de métal, plus fidèlement et plus facilement qu'avec tous les autres moyens connus et recommandés. Le filet nerveux très délié, les faibles ramifications vasculaires, les petites tumeurs, tout comme les hautes montagnes et l'agglomération de ces dernières ; toutes ces éminences sont à la disposition d'une main intelligente qui saura manier le fil de fer.

En donnant à de simples fils métalliques des couleurs variées, ou aura par ce moyen des nerfs, des artères , des veines, des tendons bien distincts. Si l'on recouvre la carcasse d’un organe ou d'une tumeur, avec un tissü dont la teinte soit analogue , le cadre d'un muscle, par exemple, avec une mousseline rouge et rayée ; ou si l'on rend ces nuances diverses au moyen du pinceau , 6n pourra, dans ces diverses suppositions , conserver frès bien, non seulement la forme et la figure de tous ces objets, mais assez bien encore leur aspect et leurs couleurs.

Ainsi, lorsqu'il s'agira de tumeurs ou d'organes qui, au rebours des vaisseaux et des nerfs, sont asolomérés en masses plus ou moins considérables, on en reproduira d'abord les traits principaux et les contours à l'aide du fil de fer, tout . comme on le ferait aiec le crayon. Puis, on habillera cette charpente métallique en la recouvrant d'une.chemise faite avec un tissu en couleur, ou avec une mousseline ou du papier, qu'il sera facile de colorier sur place. Mais, afin de donner moins de prise à la critique , et de prêter mieux à l'illusion, on garnira l'intérieur de cette carcasse avec des

met de donner à ce sujet , ainsi empaillé, toute espèce d'attitudes et de poses. Il a, d'ailleurs, mis en mesure l'habile et zélé professeur d'avoir en même temps le squelette complet de celte hyéne.

Ja

étoupes, de Ja laine ou du coton. Par ce moyen et d’autres petits détails que l'on conçoit aisément, on achèvera de donner à l'objet qu’on veut représenter la tournure exacte de l'original et dans les proportions qu’on désire qu'’ait la copie.

Le fil de métal est tellement varié qu’on peut en obtenir des traits de la plus grande finesse, et par conséquent des croquis de la plus petite proportion. Confiez-Vo ous aux doigts délicats qui savent imiter et créer les plus belles fleurs, et qui, pour certains ouvrages d’un assez grande ténuité, ont déjà recours au fil métallique et à la mousseline. Celle-ci estelle gommée, sa couleur bien choisie ou adaptée avec un pinceau? elle peut produire les illusions les plus gracieuses , et transformer, comme on sait, un salon en un brillant parterre.

Cette facilité de reproduire immédiatement et sous fous ses aspects un objet matériel quelconque , petit ou immense, est caractéristique de ce mode de dessiner : elle ne peut être imitée qu'avec des procédés tout-à-fait en dehors du dessin et de la peinture. Ceux-ci tiendront de la seulpture , ou rentreront dans le domaïne de l'art de modeler, au moyen du plätre, du soufre, de la cire , des pâtes ou des corps rendus mous et liquides, et qui se solidifient ensuite. Encore ne sera-t-il pas aussi facile de nuancer les teintes diverses des objets qu’on aura faconnés de cette manière, que si l’on a recours au moyen que je viens d'indiquer.

Le moulage constitue d’ailleurs un art à part, réservé à quelques individus, et à des ateliers proprement dits ; au lieu que le fil métallique, en sa qualité dé dessin, et Fe tissus æoloriés, comme. moyens de remplacer la peinture, seront touiours à la disposition d'un chacun. Des femmes, et des ænfants même, pourront s’y livrer utilement, et ne manqueront pas de s’en oétuper avec activité, sans beaucoup de directions et sans un ‘bien long apprentissage. C’est qu’on trouve chezle beau sexe la patience , l'adresse, l'intelligence ætle goût qui doivent présider à ce genre de travail pour en faire ressortir tous les avantages ; et que cette occupation se rapprochera tout-à-fait de celles auxquelles les femmes se livrent déjà avec tant de succès. Qui ne voit, au surplus, que æctte grande facilité d'exécution, qui distingue si fort ce amode particulier de dessiner et de peindre, donne à ce

dernier tous les titres à devenir éminemment POPULAIRE ?

Tous ces développements, toutes ces données, ‘chacun pourra les constater immédiatement, avec -un petit bout de fil de fer. Je dirai, par exemple, qu'il est bien peu de personnes, qui, sans avoir la moindre notion du dessin , ne puissent obtenir cependant, au moyen de ce fil, le profil, la silhouette d'un autre individu. Car si d'abord le premier jet se trouve fautif et grétesque ; si telle partie est trop longue , trop enfoncée; sitelle autre n'est pas assez droite ou arrondie, etc., rien ne sera plus facile que de modifier et Changer ces lignes diverses. :

Il suffira , pour corriger tous ces traits métalliques , noû pas de les effacer d'abord , comme il est nécessaire avec les autres procédés du dessin linéaire, mais simplement de quelques coups de pouce ou de pince. L'objet qu’on dessine en relief et matériellement peut, d’ailleurs, être rapproché de l'original, et mis, dans tous les sens, en contact avec ce dernier ; de sorte qu'il est loisible au dessinateur de rectifier avec précision toutes les inexactitudes de contours, de longueur, largeur et profondeur que présenterait son premier tracé. ;

L'aveugle pourra donc apprendre à dessiner, à l’aide de ce moyen commode, et il lui sera toujours facile, par conséquent , de se procurer les traits d’un parent, d'un ami, d’un objet quelconque dont il tiendra à conserver le souvenir. Et croyez-vous qu'avec le fact exquis dont on le sait doué, il ne puisse pas les reconnaître toujours, et même les reproduire exactement ?

Il est inutile d'en dire davantage, et d'indiquer ici la manière d'étendre, d'incliner, de fléchir, de courber, de faconner et de manier ce fil de métal, pour lui donner et lui faire prendre et garder sur-le-champ toutes les formes imaginables, et de le faire servir et resservir, toujours et à l'instant, au gré de tout le monde. hi:

Ce qui est incontestable pour tout ce qui concerne la déligation , c'est que le moindre infirmier, par exemple, après quelques heures d'instruction chez un fabricant de cages en fil de fer, en saura bien assez pour établir toute espèce de pièces, et pour construire la plupart de celles dont il est

question dans cet ouvrage. Aussi fera-t-on bien d’avoir, dans les hôpitaux, un individu à sa disposition , et qui sache travailler ce métal en fil, pour les divers usages auxquels on ne manquera pas de le Fit servir.

Cette spécialité sera d'autant mieux à sa.place dans un grand établissement , qu’il importe d'avoir, au plus tôt, tous les objets nécessaires ou utiles, et de pouvoir compter dessus, ainsi que sur l’ouvrier chargé de les confectionner. Celui-ci, d'ailleurs , devra comprendre le chirurgien , et prévenir ses désirs , par des mesures prises avec une certaine précision , et par des instruments établis avec soin. Or, on sait que ces conditions sont difficiles à obtenir avec les artisans, lorsqu'ils sont étrangers à la partie déligatoire; et qu'il faut être plus ou moins du métier, pour y satisfaire convenablement.

Les mesures, pour les dimensions à donner à tous les objets propres à la déligation, seront prises avec le compas, Où du papier en guise de patron, ou, tout simplement, d'une manière approximative.

Le bon sens indiquera, du reste, la meilleure forme à donner pour chaque partie spéciale, pour chaque cas particulier, et pour ane indication à part.

Ïlen sera de même de la force ou du volume du fl métallique , de la solidité à donner aux mailles ou côtes diverses , qui doivent constituer l'intérieur de la plupart des instruments et les garnir, et de la distance et direction que devront avoir ces fils intermédiaires.

Le mode de lier ensemble et d'assujettir chaque pièce, forme presque le seul point technique , ou de quelque importance, dans le dessin linéaire en relief. Mais cette partie de l’art est facile à saisir; car on attache plus commodément et plus solidement à l'aide du métal, qu'avec tout autre fil ou qu'avec des cordes. L’unique différencz, c'est que les doigts sont rarement suffisants, quand on opère avec le fil de fer, et qu'il faut avoir, pour le manier mieux, de pinces à sa disposition.

Jé crois donc, par tous ces motifs, être en droit de con- Clure et de DrAdre que l’art de dessiner, tel que je viens de l'esquisser, ne manquera pas de prendre incessamment ra- -

DES PESSAIRES. 108 ciné. Ce sera d’abord dans le domaine médical qu'il apparaîtra : il y sera cultivé avec avantage ; et Son existence, ainsi que son utilité, y seront du moins mis. à l'abri de toute attaque. Les diverses directions , et les développements auxquels j'ai cru devoir me livrer ici, et ceux qui se trouvent dañs mon ouvrage sur le fil de fer, auront nécessairement cet heureux résultat.

Les simples artisans, ceux surtout qui seront en rapport avec les chirurgiens, viendront ensuite, et s’approprieront, poër des services de tous les instants , un moyen aussi commode que facile à manier, un vade mecum fidèle et sûr, un vrai protée industriel. |

Les véritables artistes sortiront enfin de là classe de ces derniers, et pourront assigner à ce geñre particulier la place qu’il doit occuper parmi les arts. |

Je dois en convenir cependant, cette place est aujourd'hui au bas de l'échelle et bien chétive. Hé! qu importe ! le moyen à tout le temps de grandir. L'avenir lui appartient ; et pour prendre son essor librement dans l’espace, il s'appuie, d'un côté, sur les besoins les plus variés de toutes les classes, et, d'autre part, sur leur intelligence, sur le fer et la raison.

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