CHAPITRE IX
Les moyens contentifs qui sont connus sous le nom de bandages herniaires, ont assez d’analogie avec mes liens. Comme eux, les brayers sont d'une seule pièce, ne font qu'un seul tour sur le corps, et sont arrangés de manière à avoir une largeur et une épaisseur convenables et déterminées. On sait d’ailleurs qu’il en a existé, et qu'il en
existe encore, qui n’ont aucun accessoire métallique et élastique.
Voici un assez grand nombre de cas où des bandages de ce dernier genre, et, pour ainsi dire, sans consistance, peuvent suffire en effet, et où ils sont peut-être de rigueur. Chaque fois {° qu'il ne s’agira que d’un appui léger, préventif et de simple précaution; 2e chaque fois que l’action d’une ceinture trop forte ne sera supportée qu'avec peine; et 3° chaque fois qu’un bandage simple et sans ressort sera jugé suffisant, par le chirurgien ou le malade, quelle que soit d’ailleurs la nature de la hernie. On sait que ces cas-là se rencontrent assez fréquemment.
On aura donc essentiellement recours à ce moyen simple chez tous les enfants en très bas âge, et chez les individus qui, en raison de leur exquise délicatesse, ou du peu d’intensité de leur hernie, doivent et peuvent se contenter de l'appui d’une simple ceinture et d’une légère pelote.
Cependant, entre un instrument aussi souple et le bandage muni d’un puissant ressort, il y a une distance si:considérable, qu’on pourra s’estimer heureux de l’espacer , en quelque sorte, avec un moyen terme, et qui tienne de l’un et de l’autre de ces brayers.
Pour faire comprendre tout ce que j'ai à dire sur ce sujet, j'ai besoin de revenir sur quelques principes précédemment établis, et d'entrer dans quelques nouveaux développements.
La pelote est le point important du bandage, celui qui doit tout particulièrement fixer l'attention, et sur lequel je m'arrêterai un instant. Cette partie renflée et en relief rentre bien évidemment dans la catégorie des COMPRESSES GRADUÉES, telles que je les ai exposées en décrivant mon compresseur des mamelles (art. LIV ).
La seule différence qu’on remarque entre ce dernier et la pelote herniaire, c’est que, dans le brayer, le corps compressif se présente comme une pyramide renversée. Mais ce renversement ne change rien à la question, et résulte, pour le sein, de ce que la compresse agit sur une tumeur plus ou moins étendue, et que cette large surface suffit amplement pour asseoir le corps pyramidal lui-même sur sa propre base.
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Pour la hernie, au contraire, c'est sur un point plus circonscrit qu'il importe de faire agir le corps compressif. C’est donc sur ce point qu'on devra diriger tout d'abord le sommet, du cône. Mais comme il serait difficile d'appeler sûrement et commodément la puissance compressive sur ce même point, attendu qu’il est trop restreint, il sera nécessaire de concentrer sur la base de la pyramide toute l'action dynamique du lien ; et il est important encore que cette base ait une certaine largeur, afin de recevoir mieux cette action. Grâce à ces dispositions réunies ; le bouchon, ou ce qui doit en faire l'office, sera en mesure d'appuyer de la manière la plus convenable.
Il est évident toutefois que si cette pelote, quelque bien faite qu’on veuille la supposer, n’est assujettie que par un lien souple et sans consistance, on ne pourra guère compter qu’elle reste exactement sur l'endroit précis où elle doit agir de préférence. Une simple courroie est loin d'offrir, pour cet effet, toutes les garanties qu’on désire, et qu’on retrouve généralement dans les brayers munis d'une lame d’acier, d'un ressort élastique. La pelote pourra et devra donc s'élever ou s’abaisser,.se porter trop en dehors ou trop près de la ligne médiane, si ces mouvements ne sont pas limités par un corps analogue à la lame de métal.
Le but important.de cette pièce métallique dans les brayers ordinaires , du moins lorsqu'elle est faible, parait consister, en effet, bien moins dans son action répulsive, d'avant en arrière et sur les points herniés, que dans la manière en laquelle la pelote qui la termine est dirigée, maintenue et fixée exactement sur les ouvertures qui donnent ou peuvent donner passage aux viscères.
On voit donc que c'est presque uniquement à l'action combinée et localisée de la ceinture et du sous-cuisse sur la pelote, qu'il faut attribuer l'énergie qu’a cette dernière, pour produire tout l'effet qu'on en attend.
Mais cette pelote ne doit être ni trop mobile, ni trop sujette à se déplacer, afin qu'on puisse compter que son action s’exercera exactement et sans interruption sur l'endroit déterminé qu'elle est appelée à presser. Or, comment croire à une semblable fixité, dans les brayers dépourvus
de ressort? Où est le corps résistant qui pourra nous donner la confiance que cette pelote restera constamment sur la place au’on a choisie ? <
C'esi bien là, sans contredit, ce qui distingue les bandages à ressort, et ce qui leur donne tant d'avantages sur ceux qui en sont privés : c’est qu'ils sont disposés de manière à assujettir la pelote sur le point désigné d’avänce pour être exac ement comprimé.
C’est donc à cette fixité de la pelote par le moyen du ressort, plutôt qu’à la pression d'avant en arrière de celui-ci, que sont dus les bons effets d’un grand nombre de bandages élastiques.
Voulez-vous vous assurer de ce fait? Poussez vos doigts vers l'anneau inguüuinal, et sous une pelote ajustée au bout d'un léger brayer élastique, mais avant que la ceinture et le sous-cuisse y aient été fixés. Vous pourrez juger, par la faible pression que vous fera éprouver cette pelote, tout ce qu’on peut raisonnablement attendre de son action, pure et simple, et d'avant en arrière, sur ce même anneau dilaté.
Répétez la même épreuve, mais lorsque la ceinture et le sous-cuisse seront convenablement serrés. Vous verrez quelle sera la différence de pression; comme celle-ci se sera accrue par le secours de la ceinture et du sous-cuisse ; et comme la force de conipression gagnera en énérgie à mesure que vous augmenterez là Constriction.
Allez plus loin, et renouvelez, sous un brayer sans ressort, cette dernière épreuve; c’est-à-dire que si vous laissez vos doigts sous la pelote, quand celle-ci sera suffisamment appuyée par les deux bouts réunis de la ceinture et du souscuisse, vous observerez qu'il existe, entre la force de constriction et la compression, les rapports directs signalés plus haut.
Ces rapports n’ont rien qui doivent vous surprendre; si vous réfléchissez au mécanisme de toute autre compression, par le moyen des divers liens circulaires connus, et par l'action de ces derniers sur tout ce qui à l'air de compresse graduée, et quand vous suivrez cette action Compressive, depuis la simple bande, après la saignée, jusqu'au garrot et aux tourniquets les plus énergiques. 2
Il: est donc essentiel, pour la meilleure action de la pelote, que celle-ci soit bien assujettie sur l'endroit précis qu’elle est appelée à presser, boucher, aplatir, et pour ainsi dire à écraser. Aussi il est évident que si l'ôn parvient, par un moyen quelconque , à donner assez dé consistance à une simple courroie, pour qu’elle puisse acquérir plus ou moins bien la résistance que présentent les bandages élastiques ordinaires , nul doute alors que le brayer, tel qu'on l'avait avant l'usage des ressorts, ne puisse rendre encore de très grands services.
Mais comment faire pour que la ceinture molle et souple d’un bandage harniaire , et qui est privée d’une lame métallique, puisse acquérir assez de consistance pour localiser la compression permanente de la pelote? Comment parer au vice radical de cette ceinture? Existe-t-il, à part de la lame d’acier, un moyen d'empêcher cette pelote de changer de place au moindre effort? Oui! et ce moyen est bien simple ; C'est LE FIL DE FER.
Pour peu qu'on connaisse et qu’on apprécie la facilité que présente le métal en fil, de se dessiner linéairement sur tous lés contours ; de calquer et de rendre exactement ces derniers, tout en conservant une certaine consistance, on n'aura pas de peine à concevoir que ce moyen filiforme pourra aisément remplacer la lame élastique qui se trouve aux bandages actuels, et former, en quelque sorte, la carcasse métallique, qui se trouve à la pelote et à = ceinture de ces mêmes bandages.
Voici la manière de constituer, ou plutôt; urtahé dire, de DESSINER avec ce fil la partie résistante d’un brayer pour un adulte de taille ordinaire.
Prenez un fil de fer moyen et de trois pieds de longueur ; pliez-le en le courbant dans sa partie moyenne, en forme de petite raquette ou de cercle ovale, ayant les dimensions et la figure que vous voudrez donner à la pelote. Les deux bouts du fil de fer seront ensuite étendus parallèlement et'à côté l'un de l’autre, en laissant entre eux la distance d’un pouce, plus ou moins; et on les réunira, soit simplement, soit en forme de queue d’hirondelle , pour terminêr ce cänevas mé- -tallique.
Mais, pour que les deux fils collatéraux ne puissent pas se rapprocher, on aura soin de les maintenir écartés par quelques fils transversaux, également de métal; puis on adaptera , dans l’espace intermédiaire ou dans le vide qui les sépare, un léger treillis en fil de fer.
Ce treillis sera, du reste, plus fort, et les mailles en seront plus serrées' vers la partie ovale, qui doit constituer la pelote. On en comprend aisément la raison, puisque c'est là essentiellement que devra s’opérer la résistance, et qu'il conviendra d’accumuler tous les moyens propres à obtenir les résultats qu’on se propose, par la compresse graduée , et par la forme conique de la pelote.
Il suffira maintenant de garnir ce métal d’une manière convenable, et l'on y procèdera comme à l'ordinaire : avec du coton, de la laine, pour remplissage ; de la peau, de la toile, pour couverture; et on obtiendra de la sorte un véritable bandage herniaire.
Ce fil, ainsi disposé, aura en effet toute la solidité désirable pour maintenir la pelote (la compresse graduée) invariablement en place, et sur le point même qu'il s’agit de comprimer. [l'a même, sur l'acier frempé des bandagistes , cet avantage qu'il ne cassera pas, qu’il pourra se mouler mieux sur les contours du bassin , et qu’il sera toujours plus facile d’en incliner diversement la pelote, de la porter au besoin plus ou moins près de la ligne médiane.
ti Or, on sait que c’est là précisément une des qualités difficiles à obtenir des bandages élastiques les mieux faits; « de » tomber tout juste sur le point qu'il convient de presser, et » en même temps d'entourer le bassin d'une manière exacte, » afin que la compression soit uniformément répartie, et que » la ceinture ne s'écarte nulle part du corps. » Si de bons ouvriers triomphent aisément de ces difficultés, elles ne pourront jamais en être une, avec le fil de fer, aux yeux même de toute personne tant soit peu intelligente, et quel que soit le degré différent de maigreur ou d'embonpoint que puisse acquérir l'individu hernié.
Il manque cependant à ce lien et à cette pelote un point important, c'est le moyen de fixer solidement la ceinture et le sous-cuisse au corps compressif. Comme celui-ci ne pré-
sente encore ni bouton, ni crochet, il m’a fallu penser à un mode simple, facile et à la portée de tout le monde, de remplacer ces moyens ordinaires de manière à rendre populaire un instrument aussi indispensable.
Des boucles ou un crochet métalliques pourront, sans aucun doute et sans peine, s'adapter dans ce but à la pelote; mais je leur préfère de petites et fortes attaches distribuées de la même manière que tous les rubans que je place à mes” nombreux liens matelassés. On en coudra donc, près de F'extrémité de la pelote et transversalement, un bout d’un pouce environ de longueur et en forme de gance ; et c’est à celle-ci que viendront s’assujettir les deux autres bouts du lien qu'on aura cousus préalablement à l'extrémité de la ceinture herniaire.
Une pareille gance, placée au bas de là pelote, et formant un angle droit avec la première, sera de même destinée à recevoir les deux attaches qui termineront le sous-cuisse, et qui seront semblables, en tout, à celles qu’on aura cousues à l'extrémité de la ceinture.
Ce mode particulier de fixer la pelote et de la réunir à la ceinture et au sous-cuisse , est, je le répète , le même dont je me sers pour assujettir les trois liens de mon appareil à fractures claviculaires ; pour serrer les courroies ou sangles , sur mes gouttières métalliques ; pour appuyer la plupart de mes agents orthopédiques, etc., etc. Il a ce grand avantage sur les boucles, les boutons et les crochets qui sont en usage partout, c’est que chacun peut coudre et raccommoder ses attaches ; qu'elles n’usent ni ne déchirent pas la chemise, et surtout qu'elles permettent de serrer et de desserrer, très exactement et à volonté, la ceinture et le sous-cuisse. Aussi, je suis assez disposé à croire que ce genre prévaudra, dans quelques circonstances , sur le mode actuel ,'et même avec les bandages élastiques ordinaires.
L'expérience et l'observation non seulement confirment tout ce que je viens d'énoncer, mais elles m'ont encore révélé un autre résultat avantageux de ce nouveau moyen de contenir les hernies ; le voici :
Les bandages qui sont fabriqués avec du fil de fer offrent cotte propriété ou celte facilité singulière , que le méme ie
strument peut servir, andistinctement et successivement , pour toute espèce de hernies. Que leur siège soit à l'ombilic ou à l'un des anneaux inguinaux et cruraux, peu importe : le même brayer, tel que je viens de le décrire, pourra s’adapter au gré de l’homme de l'art ou du malade, indifféremment et commodément, soit pour contenir la hernie ombilicale, soit pour résister à la crurale et inguinale, et quel que soit le côté qu'occupent ces deux dernières.
Ainsi, quand on voudra que le bandage confectionné comme il vient d'être dit, serve pour une exomphale, on l'ajustera de manière que la pelote soit sur la même ligne que le reste de la ceinture ; et qu’elle forme un lien circulaire régulier, qui passera sur le nombril et au milieu de l'abdomen.
Mais si l’on désire que ce même lien exerce son action à laine ou vers l'arcade crurale, il suffira d’en incliner la pelote dans tel ou tel sens, et de donner au fer de la ceinture une direction ou torsion convenables , afin que tout s'adapte bien exactement sur la hernie et autour du bassin, et que celui-ci soit parfaitement emboîté.
Du reste , cet arrangement peut être instantané , et ne demande que quelques coups de main, comme on pourra sen assurer sur-le-champ avec la première des pièces qu'on aura confectionnée , en suivant les faciles données que je viens de déterminer.
L’explication de ce fait est fort simple, et fondée sur cette propriété bien connue qu'a le fil de fer de pouvoir se mouler toujours exactement sur les reliefs et les enfoncements que présentent des surfaces et des contours quelconques; de se dresser, fléchir et tordre , pour se redresser, se modifier et se tordre encore , suivant les exigences.
Ce phénomène déligatoire cesse en effet d'en être un, et rentre tout-à-fait dans l’ordre des choses lés plus vulgaires et les plus niaises, puisqu'il est fondé sur les règles les plus communes du dessin linéaire le plus grossier. Mais je devais signaler aux yeux des sceptiqnes cette disposition et cette coïncidence, parce qu'elle tend à confirmer toujours mieux
les principes que j'ai posés au sujet de mon nouveau mode de dessiner.
Il est donc incontestable que ce nouveau procédé offre la facilité : 1° de fabriquer sur-le-champ toute espèce de brayers; 2° de suppléer aisément par là à l'acier et.au talent du bandagiste ; 3° de mettre la confection de ce lien à la portée du plus grand nembre , d'une sage-femme, par exemple, et d'une mère intéliisente ; k° de rendre cet instrument populaire ; 5° de le faire servir aux hernies des petits enfants ; 60 de l'adapter aux cas imprévus et urgents, et comme bandages provisoires , ainsi qu’à ceux pour bains ; 7° d’être utile à tous les individus qui ne peuvent ou ne veulent pas supporter les brayers élastiques, et aux pauvres qui ne peuvent ou ne veulent pas s’en procurer.
J'ai d'ailleurs acquis la conviction qu’une ceinture semblable est un bon moyen pour contenir les viscères , soutenir les téguments et la cicatrice, et appuyer les pièces d'appareil, dans les lésions graves de l'abdomen, dans la cure radicale des hernies, quel que soit le procédé auquel on ait donné la préférence , et après l’opération du bubonocèle,
Mais, malgré tous les avantages que peut présenter ce moyen commode, simple et à vil prix, il est cependant impossible d'envisager le bandage en fil de fer, autrement que comme un terme moyen entre le brayer primitif et privé de tout corps métallique, et le bandage élastique le mieux confectionné.
Quoique toutes les machines qu'on fait avec l'acier le plus parfait et au moyen des procédés les plus ingénieux, puissetit être établies , imitées et dessinées avec le simple fil de fer, il faut bien en convenir toutefois : l’action et le fini de l'un l’'emporteront toujours sur l’autre de toute la différence qui existe entre l'acier et le fer, entre le poli, la force et l'élastiticité qui séparent et distinguent l’un de l’autre.
Aussi ne suis-je pas assez dtraisonnable pour prétendre que le fil de fer pourra convenir dans tous les cas, et qu'il rendra superflus tous les brayers élastiques.
Mais le rôle du métal en fil n'est pas circonscrit au simple fl de fer ; car il existe du FIL D’ACIER qui se présente d’abord avec toute la souplesse de celui de fer, et qui, après s'être laissé courber et façonner exactement comme ce dernier, est susceptible de reprendre ensuite par la trempe toutes les
qualités que l’on connaît à l'acier le plus dur, le plus fort et le plus élastique.
J'en ai fait l’heureux et facile essai, et après avoir contourne , plié et ajusté du fil d'acier tout-à-fait comme du fil de fer; après avoir fait servir le premier au dessin linéaire connu ; après avoir, en conséquence et de cette manière, formulé telle carcasse métallique que j'avais en vue; et après que ses dimensions, ses inclinaisons et sa force présumable eurent été calculées et réglées d’après le cas actuel et individue], j'ai fait éremper ce métal, et j'ai obtenu, pour ce premier et indispensable plan de tout bon brayer; exactement tout ce que je voulais , tout ce que je croyais néces— saire.
Il ne pouvait pas en être autrement aux yeux de tout homme qui connaît la marière de traiter le fil métallique, et qui sait lui faire prendre et garder les formes les plus variées et les plus délicatement exprimées , en lui conservant néanmoins toute la force nécessaire.
Mais avant d'aller plus loin , le lecteur devra supporter et me pardonner encore la petite digression suivante.
Le cône tronqué , connu sous le nom de pelote, doit être d'autant plus élevé et large à son sommet, dans le but de contenir une hernie, que l’action de la ceinture circulaire sera moins parfaite. En d'autres termes , la largeur et la hauteur du corps compressif seront en raison inverse de la puissance compressive. |
Cette circonstance explique d’un côté les dimensions considérables qu’on doit donner à la pelote et le peu d'énergie qu'elle a lorsque le brayer est sans ressort ; et d'autre part, la facilité qu'on éprouve à contenir une hernie très exactement avec le seul bout du doigt. On comprend d’ailleurs que, dans le premier cas, on soit obligé de donner plus de largeur à ce corps compressif, puisqu'il n’a pas assez de fixité, et que sa position est trop peu stable et trop précaire. On est donc obligé de lasseoir sur une large surface, afin que s'il vient à se déranger quelque peu, une partie de cette même surface compressive soit du moins toujours prête à officier et à prêter son salutaire appui. Mais on n'oubliera pas que le corps compressif, toutes choses égales d’ailleurs, perd de son
énergie à mesure que son aire s'accroît, parce que cet accroissement répartit trop la puissance dynamique, et qu’il affaiblit d'autant cette dernière. |
Il en est, tout autrement du bout du doigt; car celui-ci, comme corps compressif, a une position invariable , et cette circonstance, jointe à la direction la plus favorable possible de l'élément dynamique, nous révèle pourquoi un corps compressif aussi peu développé que le doigt, produit cependant un cffet aussi marqué et aussi sûr.
Or, puisque le doigt formule si facilement et si justement le meilleur bandage possible, chacun comprendra de reste que le meilleur bandagiste possible sera donc celui qui parviendra à imiter le mieux possible encore la forme, et surtout l'actidn de ce même doigt, et à reproduire le plus exactement dans un brayer cette forme et cette action.
La forme qu’il importe de donner à la carcasse d’un bandage, on la dessinera précisément d'après les contours variés du sujet sur lequel on devra l'appliquer. Or on sait, ou du moins j'ai prouvé que le fil métallique est le moyen le plus commode et le plus sûr de rendre et de dessiner très exactement, et d'après les règles bien connues du dessin linéaire, toute espèce de reliefs et d’enfoncements. Il sera facile, en conséquence , d'adapter avec justesse et précision la carcasse métallique dont il s’agit maintenant à toutes les exigences du dessin et de la hernie ; de régler sur l'un le point d'appui, et sur l'autre la résistance à vaincre et à faire taire ; de proportionner sur celui-là les formes et les contours , et sur celle-ci la force de répulsion.
Cette facilité qu'offre le fil métallique de satisfaire aux formes les plus variées , aux exigences de tous les cas particuliers aux besoins et aux caprices de chaque individu pourra être mise à profit dans plus d’une circonstance. C’est ainsi, par exemple, qu’une personne intelligente saura faire dessiner ou dessinera elle-même ses contours pelviens ; qu’elle en aura une espèce de moule résistant; et qu’elle possèdera par là les données positives et nécessaires chaque fois qu’elle voudra faire confectionner un instrument parfait , en s’adressant à l'un de ces habiles ouvriers à il faut ES aller chercher bien loin.
Trois éléments essentiels prédominent dans tout bon brayer, lorsqu'il est appliqué sur un anneau ou canal herniaire, et qu'il doit y exercer une résistance suffisante : 1° l'élément dynamique ou la puissance de compression ; 20 le corps { la pelote), pour transmettre cette dernière sur l'endroit-d'élection ; 3° et les accessoires propres à fixer la pelote, à faciliter et à rendre supportable l'action des deux premiers éléments. ;
Ces accessoires consistent dans les deux liens connus, l'un sous le nom de ceinture, et l'autre sous celui de sous-cuisse. Ils doivent revêtir toutes les conditions expressément réservées aux liens les plus parfaits, et sur lesquelles. je ne reviendrai pas.
On doit également connaître toute ma pensée au sûjet de la pelote, et je ne répêterai pas ce que j’ai dû dire concernant la compresse graduée ou le corps compressif, sa FRE, sa manière d'agr, etc.
Mais j'insisterai sur cette dynamique ; que doit posséder tout brayer, et je la considèreraii sous quelques points de vue qui me paraissent nouveaux.
Le fl métallique offre un moyen parfait de graduer avec exactitude la force même du bandage. C'est que le canevas dans lequel repose l'action répulsive, se trouve composé de fils numérotés et bien connus ; et qu'il sera facile d’avoir, avec précision, un degré quelconque et normal de force comparative.
Or, en établissant ce point de départ à | tel ou tel chiffre, ou à tel numéro du fil en question, et en se servant d’un numéro moindre ou supérieur, où en augmentant ou diminuant le nombre des fils, on obtiendra de même une augmentation ou une diminution précises d'énergie dans le moyen compressif. Cette addition ou soustraction peut avoir lieu, comme on le pense bien, avec la plus grande facilité ; et l'on aura d’ailleurs, par ce moyen, un mode bien simple de dynamométrie, en plus ou en moins, et applicable à chaque brayer; on aura, en un mot, ce qu’on est loin d’avoir, dans l'état actuel de l’art, un mode simple d'apprécier exactement la force répulsive de chaque brayer, et sa valeur comparative dans chaque cas donné.
Mais si, malgré ces données et toutes ces réflexions, on me demande encore, et avant de s'être donné la peine d'y réfléchir, quels peuvent être les avantages du fil d'acier sur la lame de même nature, actuellement en usage partout pour la confection des bandages ; j'ajouterai les considérations suivantes : |
4° Toute la partie métallique d'un brayer uécemR sera d’une seule et même pièce.
2 Cette pièce pourra être formulée sur-le-champ et avec le même fil.
3° Elle acquerra beaucoup plus de nb
ke Sa confection sera plus prompte et plus facile , puisqu'il ne s'agira guère que de quelques tours de main, et jamais de soudure, pour réunir les pièces rApRonées qui existent dans les brayers ordinaires.
5° Elle aura au besoin, et dans la.ceinture, une largeur plus considérable , sans augmentation de poids ou sans offrir plus de masse.
Cette dernière assertion exige peut-être ce bref développement.
La largeur de la partie circulaire des brayers est, assez généralement, la même partout, et en rapport avec celle qu'on donne à la lame d’acier. Si elle est suffisante, dans la plupart des cas, ne peut-il pas y en avoir où il conviendra que la compression puisse se répartir sur une plus large surface , et que la ceinture ait par conséquent plus de largeur? Dans cette supposition, qui assurément n'est pas gratuite, cet avantage sera facilement atteint, en donnant tout simplement aux deux fils métalliques collatéraux un plus grand écartement. Je crois, en effet, qu’on éprouvera d’autant mieux le besoin d’en profiter, que ce nouvel arrangement se conciliera toujours avec toutes les autres exigences. Les éventrations et les hernies ombilicales pourront le réclamer tout particulièrement.
Par tout ce qui vient d’être dit au sujet aa fil métallique, employé comme base solide et résistante des bandages herniaires, on sera frappé des rapports constants qu'il a avec tout ce que j'ai avancé sur le fond et la forme de mes liens et du coton. |
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Ainsi le fil métallique, comme pour ces deux derniers moyens de déligation, n'est composé que d’une seule pièce facile à trouver, à manier, à modifier et à appliquer ; ce fil est d’ailleurs à bas prix,, s'adapte partout exactement, etc., etc.
Cette coïncidence , en fait de propriétés utiles et incontestables ; cette communauté de qualités précieuses qu’on retrouve dans les trois principaux éléments sur lesquels j'ai établi mon ouvrage actuel, feront impression sans doute sur les praticiens qui hésiteraient encore à y recourir ou à y avoir foi. Ils connaissent mes liens et l'usage queje fais du coton ; ils ont appris également ce qu’on peut obtenir du fil métallique , pour donner du corps aux cataplasmes , repousser et contenir une hernie. Je leur indiquerai, plus loin, avec quel avantage on fait servir encore ce fil pour tenir en respect les os brisés, et comment ces trois objets, liens, coton et fil de fer, se prêtent un mutuel appui, pour concourir ensemble au meilleur traitement de toutes les fractures.
C'est alors surtout qu'on apercevra l'utilité pratique de mon chapitre sur le dessin linéaire à fils métalliques, et qu’on me pardonnera les détails plus qu’insolites que je me suis permis sur ce sujet, si peu connu et si fécond en heu-
reuses applications cliniques.