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corps du malade, on procédera à l’arrangement de la place qu'il occupait, et on l'y fera rentrer avec lès mêmes précautions qui l'en avaient fait sortir.
6 XL. Ne veut-on pas se contenter de cet arrangement. partiel , qui est cependant pour l'ordinaire bien suffisant, et désire-t-on refaire complétement le lit? On pourra amener un second lit tout près de celui qu’occupe le malade , et celuicl s'y glissera avec les mêmes précautions que je viens d'in diquer. On fera ensuite disparaitre le premier lit, et on poussera le second à sa place. Mais: si on ne veut ou ne peut pas ayoir recours à ce second lit, on aura une table, ou telle autre chose convenable, et qui soit de niveau avec le lit sur lequel est le blessé. Celui-ci s'y transportera et s’y placera en travers, de telle sorte que son lit soit complétement libre, car la planchette a suivi exactement, et pied à pied, tous les mouvements du corps, et se trouve donc dans une direction transversale , à l'égard de celle du lit et au-dessus de ce dernier, Celui-cipourra alors être refait en plein et sur place.
Mais sion craignait d’être le moins du monde gêné par la position de l’appareil, placé en travers sur le lit, on entraînerait ce dernier à l'écart, et après l'avoir bien disposé, on le repousserait à l'endroitconvenable. La facilité qu'a le malade de sortir de son lit aplanira au surplus bien des obstacles, et rendra souventinutiles les précantions queje viens d'indiquer.
$ XIE On pourra maintenant constater ce que j'ai avancé au sujet du traitement local des fractures, c'est-à-dire qu'onest en position de faire tousles pansements, et aussisouvent qu'il est nécessaire, sans s'inquiéter de l’état de l'os, et sans y faire autrement attention. Il y a plus, c'est que ces pansements, le membre étant bien contenu sur la pianchette, sont dnfi-. niment plus faciles et plus simples que si la fracture N'EXIS- TAÏT PAS DU TOUT. Cette bizarrerie, car c'en est une fort heureuse attachée à l'hyponarthécie, résulte de ce quonn'a besoin d'aucun lien circulaire pour maintenir les pièces d'appareil, comme c’est nécessaire lorsqu'il est question du pansemeñt d'une simple plaie, et qu’en outre, ces mêmes pièces ou objets de pansements sont presque nuls, pour les lésions les plus graves, lorsque le membre sur lequel elles se trouvent
est ajusté sur une planchette, La sollicitude du chirurgien
AVIS SUR L'HYPONARTHECIE, 279
“consiste alors » presque exclusivement, à soigner, laver et tenir propre l'appareil hyponarthécique seul, dont le bon état est la meilleure garantie qu'on puisse avoir de l'heureuse issue du mal, qu'il protége êt qu’il s’agit de traiter. Ce sont là des faits qu'on peut verifier chaque jour dans un hôpital, et qui parlent assez haut pour n'avoir pas besoin de commentaire. |
$ XII. Voici quelques autres directions générales sur lesquelles le chirurgien devra insister auprès des gardesmalades et des malades eux-mêmes, après leur avoir bien expliqué tout ce qui concerne la manière de changer et de refaire le lit : L
« Rappelez-vous que rien n'est plus commun que d'abuser
» des mouvements divers que peut permettre l'hyponarthé- > cie et de la facilité qu’on a de changer de place, etde PE » et refaire le lit.
» Surveillez bien la machine , afin que rien n’en entrave le » jeu mal à propos. | = » Ayez l'œil sur le membre, afin que s'il ne vous paraissait »pas droit et conforme à l'état normal, vous puissiez de: » bonne heure en avertir le chirurgien ou y remédier vous- » même en resserrant un lien, en en relächant un autre, en » ajustant mieux le coussinet, en faisant en sorte que la sus- » pension et la direction de la planchette soient convenables,
» Examinez attentivement si, contre toute attente, il existe » quelques mouvements où une certaine oscillation à l’en- » droit de la fracture , afin qu’on puisse les faire cesser sur- » Le-champ , et prendre mieux les précautions d'usage.
» S'il s’asit de lavements, d'évacuations natureiïles, de » soins de propreté, surtout pour les femmes, et dans un cas » de fracture du col du fémur ou de la partie supérieure de » cet os, faites soulever l'appareil par une personne intelli- » gente qui aitsoin de ne lui faire exécuter que des mou- » vements en rapport avec ceux que fait le corps lui-même, » et que les mains de cette personne remplacent toujours à ‘» propos, pour de fortes inflexions sur les côtés, ce qu'on » obtient de la corde verticale pour les mouvements sur le » dos et sur les parties latérales; faites en sorte en consé- » quence que la plupart de ces mouvements, pour soule-
» ver et écarter les cuisses, se passent avec circonspection.
» Tout ce qui gêne et blesse doit être signalé immédiate- » ment, Car il est possible le plus souvent d'y remédier de » suite et avec facilité.
» Ne prenez pas de l'humeur sion vous fait rester au lit » quelques jours de plus que les six semaines ; vous n'y per- » drez rien, surtout pour les fractures de l'os de la cuisse. » On est toujours assez vile quéri quand on l'est BIEN, etce » BIEN dépend souvent de quelques jours indispensables pour » bien souder et bien consolider les fragments de l'os brisé.
» N'oubliez pas chaque fois que vous serez dans le cas de’. » faire de grands mouvements , de vous porter, par exemple, » sur le bord de votre lit, d’en sortir ; de vous placer en tra- » vers pour l'arranger, de vous mettre sur un vase de » nuit, etc. ; n'oubliez pas de vous assurer si les liens sont » convenablement serrés, et s’il ne conviendrait pas d’outrer » un peu, ne ‘ins que momentanément, l'action contentive » de ces cravates. |
$ XIV. Mais pour distribuer ces sages conseils, il faut que le CHIRURGIEN LUI-MÊME en connaisse bien toute la portée, et qu'il ne se fasse donc pas trop illusion sur la manière simple d'appliquer l'un ou l'autre de mes appareils.
Elle esttrès facile assurément; toutefois ilserait absurde de prétendre qu'on puisse exceller du premier coup et sans s'être exercé, ou du moins sans avoir examiné avec attention la petite machine et sans l'avoir observée en achon. Ces précautions et cette étude sont si simples et de si courte durée, que je dois insister avec force pour qu'elles soient prises avec exactitude, car j'ai eu trop souvent à déplorer la de ésomptueuse légérbté et la suffisance avec lesquelles on, faisait usage de mon moyen. il semble, à voir certains praticiens, d'ailleurs habiles et justement célèbres, qu’ii suffit de simpies aperçus, de données
vagues, d'une inspiration quelconque, pour que tout aille à souhait; que les insuccès qui ont lieu soient dus, non pas à de fausses manœuvres et à de lourdes bévues , mais à l'instrument lui-même. Eh ! pourquoi ne se mettraient-ils pas en devoir d'en connaître le mécanisme, d’en saisir la portée, et d'en faire une judicieuse application?
Afin d'éviter ces funestes erreurs et ces trop fréquents dé-