‹ Bandages et appareils à pansements, ou nouveau système de déligation chirurgicale (volume 2)Chapitre 52 sur 84 · APPAREIL DE SAUTER · texte numérisé non relu

APPAREIL DE SAUTER

boires, je vous conseille de vous procurer une petite planche, de la couvrir d'un coussin, de la suspendre, d’y faire mettre le membre d’un individu , d'y fixer cette extrémité de la manière connue et que j'ai indiquée , et de méditer un seul instant sur cette simple position et sur le jeu de l'appareil.

Mais comme j'insiste pour que vous soyez bien convaincus de sa supériorité sur tous ceux qui sont à votre connaissance , et de l’extrême facilité qu'il présente pour le redressement d'un os, quel que soit le sens de sa déviation, je vous conseille donc, au moyen d’un paquet de coton, de crin ou de laine, d'une éponge humectée, etc., que vous placerez sur telle ou telle région de ce membre, de déformer celui-ci, et de lui donner tel aspect tortu et bossu que vous voudrez. Vous ajusterez ensuite sur ces bosses artificielles les cravates propres à les affaisser par une traction plus où moins forte, tout en ménageant, si c'est nécessaire, une résistance proportionnée à la puissance attractive dont vous avez besoin. |

Il ne vous restera plus alors pour mettre le dernier sceau à vos connaissances pratiques sur toute cette matière , que de vous placer vous-même sur l'hyponarthécie pendant quelques minutes , et de la juger par vos propres sensations.

Toutes ces différentes opérations, toutes ces études approfondies sur le traitement de l’hyponarthécie pourront être faites dans une seule et même séance d'UNE HEURE environ, si toutefois vous daignez avoir présentes à la mémoire les quelques règles que j'ai tracées jusqu'ici, ou si vous êtes guidé par une personne qui ait déjà l'habitude de ce mode de déligation.

ARTICLE VIITL. Changements divers qu'a subis entre mes mains l'appareil de Sauter.

L'illustre et ingénieux Sauter, comme chacun sait, a eu la première idée de l'appareil dont j'ai donné la description. Mais j'ai apporté de si nombreuses modifications à toutes les pièces qui composent la machine Sautérienne , et j'ai donné un tel développement à ce mode particulier de traiter les fractures , que je puis réclamer une très large part du bien que produira ce nouveau procédé.

Tous ceux qui ne le connaissent que par la description qu’en a donnée Sauter, peuvent dire s’il n'a pas pris une nouvelle

forme entre mes mains, pendant les vingt-cinq années que j'ai mises à le retoucher et corriger sans cesse.

Ce n’est donc pas pour ces confrères-là que je destine cet article. Mais il m'importe, sans cesser de rendre hommage au génie de l'inventeur, et sans prétendre en aucune manière revendiquer la gloire qui lui revient pour sa belle découverte ; il m'importe, dis-je, de signaler les avantages multipliés qui résultent pour cet ingénieux procédé, du remaniement qu'il a subi entre mes mains, dès l’année 1812 jusqu’à aujourd’hui. is |

Je ne m’arrêterai pas assurément au nom particulier que j'ai donné à l'appareil età ses diverses pièces. Celui de Schiwebmachine (machine suspendue et flottante ), que les Allemands lui donnent, n’exprime pas l'usage de cet instrument, et ne le caractérise qu’autant qu'il est réellement en suspension. Cependant, nous avons vu qu'il peut et doit agir parfois indépendamment de cette mobilisation. Ainsi, mon expression hyponarthécie simple, hyponarthécie mobilisée ou en suspension, rend plus exactement tout ce qu’on doit sous-entendre au sujet de la destination de l'appareil et de son état de firité ou de mobilité.

La p.anchette tibiale de Sauter a un large trou pour le talon, deux rangées de mortaises pour un chevalet sous-pied , et ce chevalet lui-même. L’auteur a évidemment attaché beau- Coup trop d'importance à ces dispositions. Il en est résulté que lesexpérimentateurs, en lescroyant également nécessaires, ont pu et ont dû se plaindre de la complication de cette planchette, et s'en dégoûter peut-être pour ce misérable motif. J'ai mis de côté ces choses assez insignifiantes, et facilité par là l'adoption du moyen, qui est devenu ainsi plus simple à construire. Ï La planchette fémorale devait avoir aussi une certaine coupe sigmoïide et une espèce de bec arrondi vers son extrémité supérieure. Il y fallait du rembourrage, y clouer d'un côté le bout d'une longue bande, et qu'il y eût au côté opposé une boucle pour y assujettir l’autre bout de cette bande.

Mon hyponarthécie fémorale est au contraire tout simplement terminée en équerre , et un trou allongé pratiqué à chaque côté de cette extrémité pelvienne permet mieux la fixation de la bande ci-dessus.

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