XII INTRODUCTION
n’a pas craint d'y consigner longuement les doctrines les plus ridicules , et les préceptes les plus ardus , les plus inconcevables. Si des philanthropes, si des médecins justement célèbres n'ont pas craint, en attachant leur non à ce genre , de donner un funeste exemple, et de se livrer aux utopics les moins faciles à réaliser, on ne comprend pas d’abord pourquoi ils n’ont pas trouvé d'habiles et d’ardents imilateurs parmi les chirurgiens. Toutes les considérations semblaïent cependant devoir se presser pour faire sentir à ces derniers la convenance et La nécessité de préceptes simples, faciles , éminemment pratiques, et à la portée de tout le monde, surtout des hommes de guerre, dont ils devraient être un des premiers beso ins / |
: Comment se fait-il donc qu'il n'existe aucun traité de chirurgie populaire, qu’on n'ait rien publié qui puisse en tenir lieu, et que, même pour les militaires, on n'ait pas songé à leur tracer un mode quelconque de soïgner leurs blessures, ou celles de leurs camarades, et de venir au secours d’un adversaire désarmé et souffrant ? C'est que le traitement des affections chirurgicales réclame tout d'abord, ainsi que chacun le saît assez, l'application difficile de la main, un pansement méthodique quelconque, et surtout des objets particuliers pour faire ce pansement, Or, ces derniers consistent ordinairement dans une ou plusieurs bandes, dans quelques compresses, et, presque toujours, dans une certaine quantilé de charpie,
En supposant quon puisse facilement se procurer lortes ces choses, ce qui est ässez rare , il reste, pour l’homme le plus habile et le mieux inteutionné, la tâche de décrire-et de faire comprendre la manière de les appliquer. Il se trouve donc arrêté à chaque pas lorsqu'il veut mettre les bienfaits de la chirurgie à la portée du vulgaire. Placé entre la crainte, bien fondée, de ne pas se faire entendre, et celle, plus grande et tout aussi juste, de voir les moyens quil indique appliqués au reboufs du bon sens, et faire plus de mal que de bien, le chirurgien, mieux avisé que le médecin, préfère ne pas exposer les blessés à des chances fâcheuses , et il s’abstient sagement de toucher à une matière délicate et si difficile à manier.
Faut-il être surpris de cette prudente réserve, quand on lit les ouvrages de chirurgie, même les plus récents, et quand on réfléchit à cette foule d'appareïls qu'on vatie presque dans chaque cas, et qu'on modifie si fort pour chaque membre et chaque région; quand on voit les auteurs tenir opiniâtrement à loute la série de leurs moyens, et faire si peu de cas de la simplicité ; lorsque la | plupart ne font aucun effort pour ramener la partie déligatoire à un Principe; lorsque cette branche essentielle de l'art de guérir