‹ Bandages et appareils à pansements, ou nouveau système de déligation chirurgicale (volume 2)Chapitre 69 sur 84 · DE L'EXTENSION DES EXTRÉMITÉS · texte numérisé non relu

DE L'EXTENSION DES EXTRÉMITÉS

Le traitement pour l'extension de la jambe sur la cuisse, et de l'avant-bras sur le bras, lorsque ces parties se trouvent affectées d’une ankylose vraie ou fausse , et qu’elles décrivent entre ellesdes arcs plus ou moins aigus; ce traitement vient parfaitement à l'appui de tout ce que j’ai avancé contre les tractions parallèles , et en faveur des pressions inverses, telles que Je les ai indiquées.

Pour plus de clarté, formulons ce traitement avec les mains et le genou, et voyons quelle sera l’action de ces machines vivantes. Nous devons d'autant mieux nous arrêter à la combinaison de leurs efforts réciproques , qu'ils sont de rigueur chaque fois qu’il s'agit de ramener à la ligne droite les jambes et les bras qui s’en sont déviés, et que’ chaque pansement doit toujours débuter par des manipulations analogues sur les membres qui sont pathologiquement fléchis, et exactement de la même manière que nous procédons lorsque nous voulons redresser un bâton courbé.

Or, s’il s’agit d’un avant-bras fléchi qu’il faut ramener dans la même direction que celle qu’affecte le bras, l’une de nos mains sera placée vers la partie supérieure de l’humérus, et l'autre près de l'extrémité inférieure du radius, tandis que le genou, où ce qui ên tiendra lieu, s’appliquera vis-à-vis de la saillie la plus considérable de cette anomalie du membre thoracique, c’est-à-dire vers le coude. L'action des mains opèrera dans un même sens , et celle du genou fera résistance cu se portera dans un sens diamétralement opposé. Des ébranlements successifs et rationnels pourront avoir lieu de cette manière, soit pour vaincre insensiblement l'inertie articulaire,

(4) Ce mot extension est pris, encore une fois, dans sa seule vraie acception, et sans aucune combinaison avec une traction queiconque; c'est comme qui dirait un redressement par simple pression.

EXTENSION DES EXTRÉMITÉS. h GA

s'il n'est question que d’une ankylose incomplète , soit pour forcer l'extension des tissus si l’on veut agir contre une véritablé soudure articulaire. | |

Le bon sens nous dira bien vite alors que pour procéder à cette œuvre avec énergie, et pour continuer l'extension ui ne s'agira plus que d'avoir à sa disposition une machine qui puisse simuler, mais d'une manière permanente, l'action puissante des mains et du genou.

Demandons cet appareil au fil de fer, et SOYONS CONvaincus qu’il l'offrira parfait. En effet, il nous présentera aussitôt un cadre allongé en rapport avec les dimensions du bras et de l'avant-bras. Or, en plaçant ces membres dans ce cadre solide, nous aurons des points d'appui résistants, sur lesquels nous pourrons faire agir nos leviers, c'est-à-dire nos liens : ou bien nous transformerons le cadre lui-même en un levier parfait, au moyen delacombinaison deliensiudicieusement distribuée.

Ainsi donc en supposant que l'extrémité thoracique déformée soit encadrée dans le fer, nous commencerons par jeter une Cravate sur l'extrémité inférieure et vers la face antérieure de l’avant-bras, et nous ramènerons les bouts du lien sur les bords du cadre où nous les fixerons. Nous ferons exactement la même opération , et dans le même sens , à l'extrémité supérieure de l’humérus. Maintenant si nous faisons partir une troisième cravate en sens inverse, C'est-à-dire en appliquant son plein sur le coude même et en serrant ses bouts contre le fer , il arrivera nécessairement que les trois liens pourront être tendus à volonté; que ceux qui répondent aux extrémités" du cadre tireront fortement , comme feraient nos mains, et que celui du coude agira en sens opposé et entraînera cette partie dans une direction inverse, et tout comme aurait fait le genou.

Ces liens une fois tendus, il suffit de serrer un seul d’entre eux pour augmenter à l'instant Paction de tous, d'appuyer l'une des extrémités du levier contre le membre pour obtenir un plus grand développement de force vers l’autre et vers le centre, de rapprocher celui-ci (le coude) du cadre, pour forcer la compression des liens qui se trouvent aux ‘deux bouts de l'appareil. En un mot, ilse passe exactement ici ce qu’on observerait lorsqu'on ferait agir dans le même sens

kG2 TRAITEMENT DES GIBBOSITÉS.

une des mains ou le genou, en les supposant placés comme il a été dit. |

Afin que le cadre en question puisse être mieux placé, et comme à cheval sur un avant-bras fléchi, on fera bien de le terminer à chaque bout non pas par un trait droit, mais par une courbe ou un segment de cercle, On peut du reste ajouter quelques boutons ou crochets aux endroits où viendront s'arrêter les cravates, tout comme on fera bien, dans certains cas, de substituer à ces cravates des courroies ou quelques uns de nos liens piqués.

Ïl est inutile d'ajouter que tout ce que je viens de dire du membre thoracique doit s'appliquer, de point en point, aux extrémités inférieures, en substituant les mots jambe, cuisse et genou, à ceux d'avant-bras, de bras et de coude.

Je me sers du reste de cet appareil, non seulement pour redresser jambes et avant-bras, mais aussi pour maintenir immobiles les articulations tibio-fémorale et huméro-cubitale, lorsque cette indication est précise, et enfin pour donner quelque appui et de la solidité à ces mêmes articulations, lorsqu'elles seraient trop vacillantes.

Cet extenseur commun de la jambe et de l’avant-bras s’est cependant trouvé inadmissible pour le cas suivant.

Une petite fille de six ans est à l’hôpital depuis le 24 septembre, par les suites d’une épouvantable brülure autour du coude. Elle date de onze mois , pendant lesquels on a négligé de maintenir l'avant-bras dans une bonne position , de sorte qu'il avait presque une direction parallèle à celle du bras ; que la main était placée habituellement vers l'épaule, et que l'articulation du coude, affectée d’une fausse ankylose , allait être prise d'une véritable soudure.

Indépendamment de l'impossibilité, dans un cas aussi extrême, de faire agir l'extenseur précédent, je dois dire que toute la région olécrànienne était envahie par une plaie très douloureuse, de mauvais aspect , et dès long-temps stationnaire. Aussi je me vis réduit à trouver un instrument qui, au lieu de redresser cet avant-bras à l'instar des mains et du genou, comme dans l'exemple précédent, agirait comme deux mains seulement qui seraient placées, l'une sur le moignon de l'épaule et l’autre vers le poignet, et qui tendraient à s’é-

Page 1