CHAPITRE XX XII
Les membres artificiels simples pourront subir aussi queiques unes des modifications qu'offre le fil de fer pour la confection de pièces pareilles; et il me suffirait presque d’appeler sur ce point l'attention des praticiens, pour qu'ils entrevissent de suite tout le parti avantageux qu'ils tireraient de ce mode de faire. Cependant passons ces moyens rapidement en revue, -ne füt-ce que pour mettre sur la voie les chirurgiens , les fabricants et les malades eux-mêmes, qui voudraient s'occuper de ces ob] êts.
La base d’un pareil membre, s’il s’agit d’unétjambe ou d’une cuisse, sera ou un simple bâton en bois ôu en fer, ou bien une imitation plus ou moins ingénieuse d'un membre naturel: Mais , dans l'un«comme dans l’autre cas, il ne pourra être question ici que du mode le plus facile , le plus simple et le plus commode de bien loger le moignon de la jambe ou de la cuisse, après la perte de ces parties, et de manière à rendre la station et la marche plus fermes et moins pénibles.
Si J'en jüge par ce que j'ai éprouvé moi-même, et par 1gnorance où sont la plupart des hommes de l’art, lorsqu'il s’agit de conseils à donner pour l’établissement d’une jambe de bois convenable, je doute que les données suivantes soient
mal accueillies, et qu'elles deviennent inutiles, même aux plus habiles artistes.
On est d'accord pour les cuisses artificielles, par exemple, que le principe qui doit prévaloir dans leur confection , c’est
de-faire appuyer, non sur l'exu emité qu moignon, mais sur l'ischion, afin de procurer par là à v:44iyiqu l'avantage
d'être comme assis sur son membre artificiel.
Dans ce but, on aura d’abord une pièce de boïs en forme d’attélle, et qui s’étendra depuis le sol ou le niveau du pied jusqu'aux environs de la hanche, et à la hauteur qu’on croira convenable. La partie inférieure de cette attelle sera figurée comme un pivot, ou autrement, ét la supérieure ‘admettra d’une manière quelconque une ceinture qui devra la fixer à sa place. | tes
Maintenant, pour recevoir et bien loger le moignon, on l'emboîtera dans une cage ou carcasse métallique formée comme suit. Ce sera d’abord un cercle assez fort, calqué sur le‘volume de la partie supérieure de la cuisse, en ayant soin toutefois qu’il soit assez développé pour permettre au membre d'y entrer, lorsque plus tard cette ouverture circulaire sera suffisamment garnie, et par conséquent rétrécie. Cet anneau métallique devra être solidement assujetti à l’attelle ; et pour qu’il y tienne mieux encore, on dirigera de son pourtour un certain nombre de fils qui viendront tous se réu-
nir au même. montant en bois, après qu'on leur aura fait prendre une forme en rapport avec celle du moignon. .… La réunion de ces tracés nous donnera donc un cône creux, toujours très facile à garnir bien , et à modifier sans peine, suivant que le membfe aura plus ou moins de développement, qu'il devra être soutenu, appuyé, protégé ou ménagé dans tel ou tel point ; en un mot, suivant toutes les exigences de l'amputé.
Je n’en dirai pas davantage, et je’ me réfère pour le reste aux principes quej'ai établis précédemment , etaux directions que j'ài données pour garnir mes pessaires et mes gouttièrés.
J'ajouterai seulement que le cercle ci-dessus , qu’on pourrait appeler ilio-sciatique, eu égard à sa position (1), aura
(1) Cette piéce est la partie essentielle, et je lai vue , étant représentée par une forte courroie, suffire avec l’attelle et la ceinture,
uné direction oblique dehatit enbas et dé dehors-en dedans ; qu'il scrareprésenté par né ligné circulaire; laquélle partant de la crêteiliaque, longera laine pour passer ‘ensuite ! sous l'ischion , et se rendre par derrière et:coñmeunsous-cuisse, à la tige de bois, ét que l'endroit qui répondra à fa: tubérosité sciatique dev ra offrir ane Surface plus large; afinique la personne puiséo vif quelque’ sorte s’y asseoir commodément.
Je n'ai pas besoin d'ajouter que, pour cet objet ‘comme pour quelques autres qui peuvent paraître compliqués, le chirurgien fera bien de tracer, en présénce de l'ouvrier et avéc du fil de fer souple! les! divérses pièces de cettecari casse, et de mouler'celle-ci' sur les parties mêmés qu'elle doit emboiter. I sera sûr de cette’ manière d’ être bien:compris,'et de se conformer d’ailleurs exactément ‘aux désirs et aux besoins de l'amputé, er 8
DES JAMBES ARPIFICIELLES, On les construit en prenant aussi pour base une petite pièce en bois où en fer d'uné lonvue déterminée, c’est-à-dire qui s'étende du sol au genou: Hl ne s'agit plus alors que d'y adapter lés traéés métalliques calqués sur la cuisse, le‘genou et le moignôn delà jambe, de mañière à constituer deux RE convenables 7.
à Mid droit: RL née fi |
‘L'une de ces gouttières sera verticale.et servira à emboîter le s deux tiers antérieurs de l'Guisse: et dü genou; et l'autré, horizontale , sera destinée à loger la partie nd, ba genou et'le résié dumoignon. °° sis EE HA
Comme le poids et l'effort essentiel AL ot vers anglés qui réunissent les deux gouttières , il conviendra de doubler cette partie avec une nouvelle portion de fil de fer pliée en équerre et de quätré à cinq pouces de développement, tant vertical qu'horizontal. Mais pour plus'de solidité encore , on liera vêrs chacune des extrémités de ces équerres un bout de fil qui servira de support ou de console à cette LP de Ja machine , et à mieux encadrer le genou.
‘Cette petite précaution devra surtout avoir lieu lorsqu’ il s'agira de loger’et soutenir une jambe cassée, attendu que la souttière horizontale aura dans ce cas une ‘étendue considérable et égale à la longueur même de cette jambe, prise du genou au cou-de-pied.
Je pourrai désigier cette dernière pièce, réservée unique ment aux cas de frä actures dé jambe, sous le nom de gouttière fémoro-tibiale antérieure, en Opposition à la gouttière émoro-tibiale dont il a été question ailleurs et qui,ne s applique qu'au-dessous ouderrière le membre abdominal. Mais cette distinction n'est pas nécessaire, et on'se comprendra toujours bien en se servant dé l'expression de jambe artificielle.
L'essentiel sera de bien asseoir les deux goutfières sur le pivot vertical ; de placer celui-ci convenablement, et de donner à la gouttière fémorale assez de force pour ne pas vaciller lorsqu'elle sera, ainsi que la cuisse, entourée des “eng des-
tinés à Y assujettir à cette dernière.
P# Si l'on a bien suivi ce que j'ai dit de la progression sur
‘une jambe artificielle , dans quelques cas dé fracture du péronné et mémedwtibia, on comprendra l’importancé que la pièce dont il est'ici question soit bien étabüe, et qu’elle pré-
.sente une gouttière convenable et en apport avec HptPime et la longueur de la jambe: is AUDE
Sile bâton et les montants destinés xla cuisse si être. en bois, la partie qui doit servir d'appui et de lit à Ja jambe
“sera mieux disposée si elle est établie avec du fil et si celui-ci -vest bien choisit C'est à l'ouvrier, guidé par le chirurgien, à
préndre ses mesures et à s’ arranger. J én ai peut-être déjà trop dit. |
DES Bras ARTIFICIELS. Îl ne peut être Dushtin ici que du moyen d’assujettir aux moignons lès pièces mécaniques que le génie de l'artiste adaptera à chaque cas particulier ; ét je crois qu’on parviendra toujours mieux à ce but en se servant du fil de fer d’une manière intelligente , ne füt-ce que pour tracer exactement le modèle de ce qui doit être exécuté. — Je
suis d’ailleurs sans observation ni expérience à ce sujet.
Se — P .
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