‹ Bañes et MolinaChapitre 100 sur 174 · L. III. — DE LA CAUSE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

L. III. — DE LA CAUSE PREMIÈRE

effets individuels. Tout ce que vous ajouterez à son activité, toute réalité, toute entité mise dans la cause elle-même ne peut combler cette indétermination.

Cependant, toute complète que soit une créature, elle attend pour ag-ir. Et pourquoi donc? Parce qu'elle attend quelque chose de son Premier Moteur ? — Non, encore une fois ; mais parce qu'elle attend quelque chose de sa Cluse Finale. Dieu, comme Premier Moteur, lui donne le mouvement, mais Dieu, comme Cause Finale, lui désigne la direciion\ et la créature, qui ne dépend pas moins de sa Cause Finale que do sa Cause Première, attend pour ag^ir que la Providence lui ait sig"nifié ses intentions.

Je la vois, cette créature, toute frémissante d'activité, tourmentée par l'appétit d'agir, car c'est l'appétil de se rapprocher de Dieu. Mais elle attend un sig-ne qui lui montre sa voie. Ce sig-ne, c'est le bien qui s'offre dans une de ses participations; c'est la présentation d'un objet sur lequel peut s'exercer son activité; c'est le contact du « patient » et de « l'ag'ent » ; en un mot, c'est l'application de la cause à un sujet capable de subir l'action. Telle est la dernière détermination de l'action, et celte dernière détermination doit être attribuée à Dieu, immédiatement comme intention, médiatement

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comme exécution. Que faut-il pour que le feu exerce son activité dévorante? II faut et il suffit que l'on offre un aliment à sa flamme. C'est un souffle de vent qui lui jette une feuille morte ; mais c'est Dieu qui a déterminé dans sa Providence que cette feuille serait brûlée par ce feu. Qu'on ne s'étonne pas de m'entendre parler de détermination comme de quelque chose de réel, bien que, plus haut, j'aie dénié toute réalité à la détermination considérée à part et en elle seule. Le langage peut être différent, lorsqu'il s'applique à deux ordres différents. En géométrie, lorsqu'on mesure la longueur d'une ligne droite, la direction n'entre pas en compte ; mais cette direction devient prépondérante, s'il s'agit de mesurer un angle. Il en est de même dans le sujet qui nous occupe. L'influence providentielle n'ajoute rien à la réalité physique de la cause, rien à la nature spécifique de l'action; mais elle dirige la cause et détermine que l'action aura lieu. — Qu'un grain de sel soit jeté, dans le feu, il crépite avec éclat ; qu'il soit jeté dans l'eau, il fond doucement. Cette différence de résultat provient formellement de la différence des causes secondes, qui sont, sous ce rapport, physiquement déterminantes. Maislefait que ce grain de sel ait fondu, doit être attribué à la Providence qui a

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