L. III. DE LA CAUSE PREMIÈRE
vernement, c'est Dieu qui gouverne toutes choses .immédiatement. — Quant à l'exécution, Dieu gouverne certaines choses par l'intermédiaire d'autres choses (1). » Ainsi, encore une fois, comme Proviseur universel. Dieu règle tout pour chaque créature, sa fin, sa voie, ses mouvements, et en décide dans sa sagesse la détermination dernière. Comme Gouverneur suprême , il confie une partie de l'exécution à des agents inférieurs qu'il se contente de diriger. Par conséquent , lorsque Banes réclame l'intervention divine pour qu'une cause seconde produise un eftet déterminé, il faut lui répondre : — Oui, cette détermination provient immédiatement de Dieu, comme dessein arrêté ; mais elle peut provenir d'une cause seconde, comme réalisation. Il faut en chercher la raison dans Dieu Cause Finale; il n'y apoint à en chercherla réalisation physique dans Dieu Premier Moteur.
La question qui nous occupe est si importante et si délicate, qu'on ne trouvera pas inutile que je la reprenne sous une autre forme.
Nous avons démontré l'intervention divine dans la détermination do chaque action, en parlant de la Providence. Nous pouvons arriver au même résultat, en partant de la cause seconde. Toute cause seconde, quelque particulière qu'elle soit, quelque déterminée que soit son activité, est capable de toute une espèce d'effets. Ce morceau d'aimant n'attire que le fer, mais il attire tout fer. L'activité dans cette cause individuelle n'est donc encore que spécifique, et par conséquent, pour qu'elle s'exerce réellement, pour qu'il y ait un effet existant, il reste à lever une dernière indétermination, ne serait-ce que pour individualiser l'action; car les existences sont nécessairement individuelles. C'est Dieu qui lève cette indétermination en déterminant quelle sera l'action individuelle, et par conséquent, on doit dire (jue la dernière détermination de toute action provient de Dieu.
Mais comment s'opère cette détermination? En quoi consiste cette influence déterminante?
Dans une nouvelle réalité introduite dans la cause ? — Mais déjà cette cause est totalement constituée ; elle a tout ce qui est requis pour ag^ir. Qu'ajouterez-vous pour la compléter? Ne l'oubliez pas : il est de l'essence d'une cause que son activité s'étende à plusieurs