L. III. DE LA CAUSE PREMIÈRE
déterminé qu'au sel serait appliquée la force rlissolvarite de l'eau.
Ainsi la Providence trace pour chaque être le chemin à suivre, et le dirig-e en appliquant son activité sans la modifier. Attingit à fine iisque ad finem fortiter, et disponit omnia sitaviter (Sag-. 8). De toute éternité, Dieu a dessiné le lacis des voies que la gazelle suit dans la savane. Aucun bond ne peut sortir de ce tracé. Mais, pour une direction si déterminée, la Providence emploie les plus capricieux instincts de cette mobile nature. — Un bouquet d'herbes l'attire à la prairie, un souffle de fraîcheur la guide à la fontaine, un peu d'ombre l'endort, la chute d'un rameau la fait bondir, et toutes ces causes secondes qui appliquent son activité à l'action , sont autant de jalons qui déterminent sa voie à fine iisque ad finem.
Maintenant revenons à la proposition de Bancs: «Dieu détermine tout». — Oui, mais comment?
1° Parce que Dieu, en tant que Créateur, constitue les natures déterminées ;
2" Parce que Dieu, comme Conservateur, maintient ces natures et détermine la durée de leur existence ;
3° Parce que Dieu, comme Premier Moleur, meut leur activité à un degré déterminé, et que l'activité de la cause seconde ne s'exerce qu'e;i ve7'tu de cette motion divine ;
'4° Parce qu'enfin Dieu, comme Gouverneur Suprême, ajiplique chaque cause à une action déterminée^ quelquefois par Lui-même, le plus souvent par les causes secondes qui ne font que rapprocher 1' « agent » et le « patient ».
« C'est ainsi, dit saint Thomas, que Dieu est la cause de toute action, en tant qu'il donne la vertu d'agir, et en tant qu'il la conserve, et en tant qu'il l'applique à l'action, et en tant que toute autre vertu n'agit qu'en vertu de son influence (I). »
(1) Sic ergo Deus est causa aclionis cujiislibet, in quantum dat virlutem agendi, et in quantum conservât eam, et in quantum applical actioni, et in quantum Ejus virtute omnisalia virtusagit. De Polentiâ, q. 3. a. 7. in corp. in fine.
Je dois faire remarquer que l'ordre suivi par saint Thomas est un peu différent de celui que j'ai adopté : l'application de la cause est ici placée avant la motion interne. Il en est de même dans l'article cinquième delà question 105 de la Somme ; utrùm Deus operetur in omni opérante. Le second mode d'opération de Dieu expliqué dans le passage: secundo considerandum est bien appelé une motion , mais cette motion n'est qu'une application de la cause. On s"en convainc en comparant cet article à l'article 7, question 3%