L, III. DE LA CAUSE PREMIÈRE
est à cette hauteur ontolog'ique qu'il est cause libre, se déterminant et déterminant ce qui l'entoure. C'est sur cet être privilégié qu'il faut maintenant concentrer notre étude.
Laseconde question quenous nous sommesproposée concerne l'influence de Dieu sur la volonté humaine. Il s'agit de faire l'application à cette cause seconde des principes métaphysiques que nous avons établis dans toute leur généralité.
Mais, avant tout, résumons à grands traits ce que la conscience nous enseigne touchant cette puissance de l'âme.
Vouloir est un acte par lequel l'homme tend vers un objet pour le posséder. Nous voulons un objet, soit entant qu'il est bon par lui-même, c'est-à-dire en tant que sa possession nous convient, soit en tant qu'il est un moyen pour atteindre un autre objet qui est bon par luimême. Dans le premier cas, l'objet est voulu comme une fin; dans le second cas, il est voulu comme un moijen.
On appelle motif ce qui nous pousse à vouloir un objet. Le motif est la bonté que hous
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percevons dans cet objet. Nous ne pouvons rien vouloir sans motif. Lorsqu'on nous demande : Pourquoi faites-vous cela ? Nous répondons : Poi^r obtenirtelrésullat; et par lànousdésig-nons l'objet qui est la fin, causa finalis, de notre opération. — Mais 'pourquoi vouloir ce résultat, cet objet? — Parce quilinQ convient, c'est-àdire jjarce qu'il m'est bon ; et par là nous désignons le motif àe notre vouloir, ratio motiva.
La volonté, étant une faculté spirituelle, est mise en présence de son objet par l'intelligence. Elle n'entre en acte que lorsque l'intelligence lui a montré la bonté d'un objet. C'est donc l'intelligence qui applique la volonté à son opération. L'intelligence peut se tromper dans son jugement; le bien qu'elle présente à la volonté peut n'être qu'un bien apparent. Mais, que le bien proposé soit réel ou apparent, par là même qu'il est présenté comme bien à la volonté, cette faculté est mue à le vouloir, elle entre nécessairement en mouvement vers ce bien. — Je n'appelle pas ce mouvement simple désir , car le mot « désir » a une signification plus large etpeut s'entendre d'une pure velléité. Or ce premier mouvement de la volonté à la présentation d'un bien n'est pas seulement un : je voudrais, mais un : je veux ; il est de même nature que le vouloir souvent très positif et