LIVRE III. DE LA CAUSE PREMIÈRE
comme faculté àxiconsentir , nous plaçons toute la réalité eL la détermination physique dans l'acte indélibéré , qui devient libre en devenant délibéré.L'acte indélibéré, acte de nature, est intimement constitué par une Motion delà Cause Première, et totalement déterminé par les causes secondes sous la direction de la Providence. Mais la Motion Divine apporte avec elle la liberté ù la volonté I humaine. Car la Cause Universelle pousse cette volonté vers le bien universel, qui, par là même qu'il est un universelj contient tous les biens déterminés et reste pur de toute détermination. Donc, plus la Motion Divine excite l'activité de la volonté humaine, plus celle-ci est à la fois, et puissante pour vouloir le bien, et libre de vouloir im bien ou de ne le vouloir pas.
Paul V, dans un document solennel, a déclaré orthodoxes les Dominicains, parce qu'ils affirment que « la grâce ne détruit pas, mais perfectionne le libre arbitre (1) ». Il suffit en effet qu'ils affirment cette vérité ; et j'ai dit comment nous la démontrons en nous appuyant sur saint Thomas.
[\] Schneemann, p. 29f
Ordre surnaturel. J'ai fait remarquer plus haut que saint Thomas procède par les mêmes
^voies métaphysiques, soit qu'il traite de la Motion Divine dans la nature, soit qu'il explique la nécessité de la grâce. Après nous être arrêté si longtemps à l'élude de Tordre naturel, nous pourrons être plus court dans l'étude de l'ordre surnaturel,puisqu'il ne s'agira désormais que d'étendre et d'appliquer des principes connus. En effet, Tordre delà grâce s'appuie sur Tordre de la nature, en ce sens que la grâce présuppose la nature, et qu'en Télevant elle ne l'altère pas. Il est même remarquable que, dans la question qui
'^'nous occupe, comme dans bien d'autres, c'est la révélation du dogme surnaturel qui a conduit à la science de la nature. L'histoire de la Scolastique nous enseigne que c'est par Tétude de la grâce qu'on en est venu à reconnaître la nécessité du concours divin dans toutes les opérations des causes secondes.
A la vérité, l'action de Dieu, Auteur de la grâce, est d'un ordre supérieur; elle est totalement et essentiellement gratuite comme la Fin