‹ Bañes et MolinaChapitre 122 sur 174 · LIVRE III. — DE LA CAUSE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE III. — DE LA CAUSE PREMIÈRE

rante, la grâce excitante et la grâce adjuvante, la grâce jwévenante et la grâce concomitante, etc.. D^ailleurs, chaque école définissant ces diverses sortes de grâce suivant son système, il en est résulté une véritable confusion , qui n'est pas un des moindres embarras du traité delà Grâce,

Pour nous, tous ces divers couples reproduisent sous une forme différente une seule et même distinction, qui correspond à la distinction entre Facte indélibéré et l'acte délibéré.

La grâce 'prévenante, c'est Tacte indélibéré qui prévient notre consentement ; la grâce concomitante, c'est cette réalité physique qui reste la substance même de l'acte consenti. — La grâce excitante, c'est l'acte in délibéré par lequel l'intelligence voit le bien surnaturel, et la volonté est excitée vers ce bien; la grâce adjuvante, c'est ce même acte sur lequel se repose le consentement. — La grâce opérante, c'est l'acte indélibéré produit en nous par la Motion Divine, et l'application Providentielle déterminant notre nature sans que la liberté concourre à cette détermination; la grâce coopérante, c'est ce même acte dont Dieu continue à produire la réalité, pendant que le libre arbitre se détermine à y consentir.

Il n'y a donc, à vrai dire, qu'une seule

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distinction à établir dans la grâce actuelle, savoir la distinction entre la grâce contenue dans Tacte indélibéré et la grâce contenue dans l'acte délibéré. Or nous savons que ces deux actes ne sont qu'une seule et même réalité physique ; qu'on ne les distingue nullement par leurs causes physiques, mais uniquement par la manière dont ils demeurent dans l'âme. D'où il faut conclure que la grâce excitante et la grâce adjuvante ne sont qu'une seule et même réalité physique, considérée avant et pendant le consentement du libre arbitre.

Cette réalité est d'abord produite parla Motion Divine et surgit de Tâme et dans l'âme, in 7ioèis sine nobis. Puis \ieni le consentement par lequel l'homme librement admet et s'approprie cet acte. Mais ce consentement n'est pas un acte à part qui ajoute quelque réalité physique à la réalité physique de l'acte consenti ; il n'est qu'une sorte de ré/îexio?i des puissances de l'âme sur l'acte qui est en elles, pour en prendre possession.

Nous n'avons plus qu'à tirer les conséquences de cette doctrine, pour voir se dérouler toutes les propriétés de la grâce.

i° La grâce est un don divin; soit que l'on

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