MÉTAPHYSIQUE DE LA CAUSE FINALE
La plus belle eL la plus complète théorie de la Métaphysique scolastique est, sans contredit, la théorie du circuit des causes. Saint Thomas y revient sans cesse pour en tirer ses plus admirables développements.
La première des causes est la cause finale. Elle est le principe premier de tout mouvement , car tout mouvement procède d'une intention. Elle en est le terme dernier, car tout mouvement tend vers un but. Elle est donc comme un nœud fermant le circuit du mouvement.
A la vérité, si le mouvement dépend intentiotmellement delà ca.\ise intentionnelle, il dépend effectivement de la cause efficiente ; car
tout mouvement procède d'un moteur. Mais ce moteur n'ag"it que pour réaliser l'intention ; c'est l'intention qui détermine son action. D'où l'adage : Finis movet agens. — Causa finalis moi) et caiisam efficientem. Ainsi mue, la caz/se efficiente produit l'effet, en introduisant la forme dans la matièi^e, ou, comme on dit, en composant la cause formelle avec la cause matérielle et produisant un composé qui puisse atteindre la cause finale. Ainsi la cause finale est la cause des causes, causa causarum, et le circuit de la causalité part de la cause finale pour revenir s'y consommer.
Dans ce circuit de la causalité, il y a deux parts qu'il faut distinguer.
Dans une première action qu'on peut considérer comme un mouvement descendant, la cause efficiente agit seule, pour constituer l'effet. Dans une seconde action qu'on peut considérer comme un retour ascendant, la cause agit dans l'effet et avec l'effet déjà constitué, pour le conduire à la cause finale. — L'ouvrier qui veut couper du bois commence par se forger une hache ; puis il manie cette hache et lui fait accomplir l'œuvre à laquelle elle est destinée. Par la première action, il a effectué par lui seul une nature capable d'agir dans un but déterminé. Par la seconde action, il « meut » cette nature, « l'ap-