‹ Bañes et MolinaChapitre 127 sur 174 · LIVRE IV. DE LA CAUSE FINALE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. DE LA CAUSE FINALE

Le mérite suit Himputation, et l'imputation n'est autre chose que [attribution de l'acte à celui qui en est le maître et le possesseur,

« Un acte, dit saint Thomas, est blâmable ou louable, en tant qu'il est imputable à son auteur. Car blâmer ou louer n'est autre chose qu'imputer à quelqu'un la malice ou la bonté de son acte. Or on impute à quelqu'un un acte, lorsque cet acte est en son pouvoir, lorsqu'il est sous son domaine. Et c'est ce qui a liea pour tous les actes de la volonté, puisque c'est par la volonté que l'homme a le domaine de son acte, comme il a été expliqué plus haut (1) ».

Et quelle est cette explication à laquelle renvoie le saint Docteur ? « L'homme, avait-il dit, diffère des créatures sans raison, par cela qu'il est le maître de ses actes, in hoc quod est suorum actuum dominus Et l'homme est

(4)1. II. q. 21. a. 2.

maître de ses actes par la raison et la volonté. Aussi le libre arbitre est-il appelé la faculté de la volonté et de la raison (1). »

Ainsi, d'après saint Thomas, qui n'est en cela que l'interprète du bon sens, pour parvenir au mérite, il faut passer par l'imputabilité, donc par le domaine de l'homme, donc par la liberté.

On définit d'habitude la liberté : la « faculté d'agir ou de ne pas agir >;. Cette définition est exacte, mais ce n'est là qu'une définition d'ordre psychologique. Au point de vue ontologique, c'est une éminence, car elle résulte de la capacité de la volonté pour le bien universel; une domination, car par elle l'homme règne sur soi-même et sur le monde extérieur. A la vérité, son domaine sur le monde extérieur est limité de bien des manières ; son domaine sur soi-même semble même bien restreint, puisque l'homme n'est pas maître de tout ce qui se passe dans son âme et dans son corps. Mais il y a un point oii il est totalement maître : c'est le « consentir » et le « dissentir » aux mouvements indélibérés de sa volonté. C'est là le trône d'où il exerce son

(i) I. II. q. 1. a. 1.

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