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LIVRE IV. DE LA CAUSE FINALE

vitale, vers Dieu Auteur de la grâce. Mais quelle que soit l'intensité de cette impulsion, tant qu'elle reste indélibérée, elle est sans mérite. Le mérite personnel n'apparaît qu'avec le consentement.

Maintenant revenons au fameux adage :

Meliùs est agere qiiàm posse.

Ce mot « agir ^> prête à l'amphibologie : on peut l'entendre de l'acte indélibéré ou de l'acte délibéré.

— Voulez-vous parler de l'acte indélibéré ? Votre formule signifie-t-elle que le « vouloir » en acte est méLaphysiquement plus parfait que le « vouloir» en puissance? Je vous l'accorde ; car le vouloir en acte, c'est la volonté dans l'exercice de son activité, c^est la volonté éveillée, in actii secundo ; tandis que le vouloir en puissance , c'est la volonté vivante, mais , suivant la belle comparaison d'Aristole, endormie , in actu primo. Je reconnais donc qu'il y a plus de perfection physique dans la volonté qui agit que dans la volonté qui peut agir, et j'admets avec vous que la volonté n'acquiert cette perfection que sous l'influence effective de la Cause Première efficiente, avec la coopération de certaines causes secondes. Mais , encore une fois , nous restons là dans l'ordre des réalités physiques. Rien dans

tout cela qui soit formellement méritoire.

Cette considération est tout aussi vraie dans l'ordre surnaturel. La formule : Meliùs estagere quàm posse, démontre la nécessité d'une grâce pi'évenaiite pour éveiller et exciter surnaturellement la volonté. Mais à ce point de vue de l'acte indélibéré produit en nous par la grâce, la formule s'applique également à la grâce dite efficace et à la grâce dite suffisante ; et cela , remarquez-le , sans distinction aucune des deux grâces, puisque toutes les deux mettent la volonté en acte, et que par conséquent toutes les deux lui donnent non seulement le « pouvoir », mais « l'agir ».

— Appliquons maintenant cette formule à l'acte délibéré. Dans cet acte, il faut distinguer le « vouloir phvsique » et le « consentir ». Or nous savons que le vouloir physique demeure identiquement le même que dans l'acte indélibéré et que l'acte délibéré n'est autre que l'acte indélibéré continué. Nous n'avons plus à revenir sur ce point, et la question reste concentrée sur le «consentir». Meliùs agere quàm posse signifie donc : Il est mieux de consentir à la grâce que de pouvoir y consentir. — Sans doute. Mais, puisque le consentement ne produit aucun nouvel effet physique et qu il se borne à élever l'acte déjà existant

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