‹ Bañes et MolinaChapitre 134 sur 174 · LIVRE IV. DE LA CAUSE FINALE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. DE LA CAUSE FINALE

Ce beau passage de TerLullien nous amène à présenter sous une forme nouvelle, et à résoudre par une voie inverse, toutes les questions de Tœuvre et du mérite, de l'acte indélibéré et délibéré, de la volonté et de la liberté.

L'acte vertueux de la volonté, considéré en tant qu'acte réellement existant, est un fait^ un effet produit parla faculté que la grâce meut et élève à l'ordre surnaturel. A ce point de vue, cet acte se rapporte à la nature, en prenant lo mot « nature j) dans le sens exprimé par la définition suivante : Natura est pinncipium quo operatur. Quant au mérite, il appartient à qui l'acte est imputable ; il se rapporte formellement au principe d'attribution, à la Personne, selon cette autre définition : Sxippositum est principium qiiod operatur. L'acte et le mérite sont donc entre eux dans les mêmes relations que la nature et lapersonne. L'acte est « naturel »,le mérite est « personnel ».

Or, sans nous laisser entraîner dans les Ion-

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gués discussions qui agitent l'école au sujet de la personnalité, nous devons rappeler les notions g-énéralement admises au sujet de la nature et de la personne.

Bien que la personne humaine soit identique à sa nature, ces deux mats « nature » et « personne » répondent à deux concepts formels qui sont non seulement distincts, mais encore ù'réductïbles — Natiira est, persona habet. La nature produit des actes , la personne possède ces actes ; la nature est faite, la personne résulte. En un mot : la nature, considérée en elle-même, est ens; la personne, considérée dans la nature, est ens sibi d'oii cette définition classique : Persona est ens suijuris. Ces oppositions suffisent pour montrer qu'on ne peut pas réduire l'un dans l'autre les deux concepts de nature et de personne. Ajoutons encore cette autre opposition remarquable : La nature croît ou décroît en réalité physique ; la personne reste toujours la même, ni plus grande ni moins grande physiquement, et ne peut varier qu'en perfection morale.

Ces deuxconceptsirréductiblespeuventjSi l'on veutjSe compareraux deuxconcepts qui répondent à une même ligne droite, savoir la longueur et la direction. Yous pouvez augmenter ou diminuerla longueur, que j'appellerais volontiers la quantité

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