LIVRE TV. — DE LA CAUSE FINALE
d'être, sans altérer la direction. La ligne ne devient ni plus ni moins longue ; sa directio?inesi ni plus ni moins, elle reste ce qu'elle est.
En résumé , la nature et la personne sont dans l'homme une seule et identique réalité, mais elles correspondent à deux concepts irréductibles. Tirons la conséquence de cette irréductibilité et de cette identité. '
De Viiréductitnlité à' àhord, on conclut à l'irréductibilité de ce qui se rapporte formellement soit à la nature, soit à la personne. Cause efficiente, création, motion, application, action, effet, détermination effective : toutes choses se rapportant à la nature. Attribulion, responsabilité, valeur morale, dignité, mérite, louange, honneur : toutes choses se rapportant à la personne; et ces deux groupes de concepts sont irréductibles, en ce sens qu^aucun des concepts d'un groupe ne contient la raison formelle d'un concept de l'autre groupe.
Or la grâce actuelle est une motion qui tombe sur la nature, l'excite et l'aide à produire la bonne œuvre, en tant que celle-ci est une réalité physique ; donc on ne doit pas chercher dans cette grâce la raison formelle du mérite. L'œuvre méritoire est
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œuvre par la grâce ; donc ce n'est pas par la grâce qu'elle acquiert d'être un mérite formel. Quoi qu'on fasse, on ne peut trouver dans la nature de la grâce la différence entre l'état de mérite et l'état de démérite. Donc, enfin, la grâce dite efficace et la grâce dite suffisante ne sont pas entitativement et réellement différentes.
Quant au mérite, il est une prise de possession par la personne de ce qui se passe dans la nature. Si la personne s'approprie les actes de sa nature, elle en devient responsable; si elle n'accepte pas le domaine des actes produits dans sa nature, ces actes ne lui sont pas imputables. Ce rôle personnel n'est ni une action ni une modification physique, mais une acceptation, un consentement, qui appartiennent à Tordre de la personne, et qui ne peuvent pas avoir leur raison formelle dans une action physique . Donc, on ne doit pas chercher, dans la nature de la grâce qui meut la nature, la raison fornîelle du consentement ou du non-consentement.
Donc il est contraire à la logique de chercher ï explication du consentement^ dansune différence réelle entre la grâce efficace et la grâce suffisante.
Telles sont les conséquences de l'irréductibilité des deux concepts. Voyons ce qu'on déduit de V identité réelle entre la nature et la personne.
La nature et la personne humaines ne sont