‹ Bañes et MolinaChapitre 14 sur 174 · LIVRE I. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE I. — HISTORIQUE

cera dans un sens ou dans un autre, on donnera des solutions différentes aux grandes questions de l'infaillibilité de la prédestination, de l'efficacité de la grâce et du rôle de la liberté humaine.

Le P. Schneemann présente le même problème sous une autre forme, qui est celle même où il a été débattu pendant les congrégations de Auxiliis. D'où vient la différence entre la grâce siiffismite, c'est-à-dire la grâce qui n'obtient pas son effet, et la grâce efficace^ c'est-à-dire la grâce à laquelle consent le libre arbitre? Cette différence consiste-t-elle soit dansla nature même de lagrâce efficace, soit dans quelque prémotion physique qui l'accompagne et qui triomphe des résistances? Au corUraire, dépend-il véritablement du libre arbitre que la même grâce, avec même nature etmênie énergie, entitative eadem, disent les scolastiques, soit ou bien suffisante, ou bien efficace? En d'autres termes, Dieu prédestinet-il un homme, enlui donnant une grâce qn il fait efticace, ou en lui donnant une grâce qu'il sait efficace ?

Notre auteur expose à grands traits les deux réponses, en soumettant chacune d'elles aux objections des adversaires. C'est une grande et large étude, qui prépare le lecteur à comprendre l'histoire.

Quand Baiîes fit son éclat contre Molina, il se posa en champion de saint Aug-ustin et de saint Thomas, et, depuis lors, le principal grief qu'on formulé contre la doctrine du Jésuite est d'être en contradiction avec l'enseignement de ces deux incomparables docteurs. Grand reproche, qui dispense d'aborder la discussion de fond, et qui, en même temps, a cet avantage d'impressionner puissamment les âmes candides ; mais, il faut le reconnaître , accusation considérable , si elle était motivée, puisque la théologi,e est une science qui s'appuie sur la tradition des docteurs de l'Eglise.

Force donc a été au P. Schneemann de faire remonter ses^études d'histoire théologique jusqu'à saint Thomasetjusqu'à saint Augustin luimême. Il lui a été facile de démontrer que ni l'un ni l'autre de ces deux génies n'avait connu les prédéterminations physiques de Baîïes. Par le choix des témoignages en faveur du libre arbitre, par l'explication des textes dont on se prévaut, il justifie Molina des accusations ennemies. Mais,

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