‹ Bañes et MolinaChapitre 15 sur 174 · LIVRE I. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE I. — HISTORIQUE

tout en rendant hommag-e à la judicieuse érudition qu'on admire dans cette discussion, et tout en recommandant au lecteur Tétude attentive de ces pag-es, j'exprimerai cette opinion personnelle que la doctrine de chacun de ces grands hommes exigerait plus d'un chapitre pour être exposée avec l'ampleur qui convient.

Saint Augustin est surtout un polémiste. C'est le glaive de Dieu dans cette terrible bataille que les hérésies conjurées livrèrent àl'Egliseà peine sortie des catacombes. Tantôt ce glaive frappe les Manichéens, tantôt les Donatistes, tantôt les Pélagiens. Toujours l'ardent soldat de la foi pousse droit contre l'erreur la plus menaçante, sans paraître se préoccuper des autres ; d'oii l'importance, pour juger d'un coup, de savoir quels adversaires il atteint. Certes, les plus beaux triomphes de saint Augustin'lui ont fait décerner, par l'Eglise reconnaissante, le titre de Docteur de la grâce ; mais, dans ses œuvres contre les Pélagiens, il faut encore distinguer entre les dogmes qu'il établit et les explications qu'il en donne ou les arguments par lesquels il les défend. Les Papes et les conciles ont confirmé ses conclusions dogmatiques, sans prétendre consacrer chaque phrase de ses volumineux traités. Pour se convaincre, en effet, qu'on ne

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doit pas s'attacher aveuglément à chacune des opinions de saint Augustin, il suffirait de remarquer que ce Docteur est resté hésitant sur plusieurs propositions aujourd'hui mieux établies, par exemple, sur la volonté réelle de Dieu par rapport au salut de chaque homme , ou encore sur l'origine des âmes par création immédiate.

Le mérite de la foi d'Augustin fut de ne s'être jamais laissé arrêter par ces obscurités, lorsqu'il s'agissait de défendre la doctrine de TEglise sur la grâce. Mais aussi le crime de l'infidélité janséniste fut de s'attacher opiniâtrement à quelques expressions obscures de saint Augustin, sans admettre qu'on les discutât dans la lumière des enseignements de TEglise. Procédé criminel, parce qu'il opposait à l'Eglise un fils dévoué de l'Eglise; mais, en même temps, procédé déraisonnable, parce qu'il adhérait obstinément à un témoignage humain. Dieu me garde de donner lieu à un rapprochement odieux, qui n'est pas dans ma pensée ! Mais, je nepuism'empêcher de signaler combien Userait étroit de réduire toute la tradition à un seul docteur, fùt-il un Augustin ou un Thomas, et combien il serait peu Ihéologique de décider les questions par cet argument sommaire du dominicain la Nuza: La doctrine des FF. PP. est celle

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