‹ Bañes et MolinaChapitre 144 sur 174 · LIVRE IV. DE LA CAUSE FINALE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. DE LA CAUSE FINALE

même temps, nous ne pouvons être mauvais impunément, et notre être diminue à mesure que croît notre malice. Celui-là seul Est par principe, qui a pu dire en toute vérité : Je Suis Celui qui Suis, et tu leur diras : Celui qui Est m'a envoyé' vers vous. Toutes les autres choses existantes ne peuvent donc être que par lui, et elles sont bonnes précisément parce qu'elles participent et autant qu'elles participent de l'Etre.

« Donc, quand on ditqueDieuse'sertde nous, cet usage se rapporte à notre utilité, non à la sienne, mais uniquement à sa Bonté. Ille igitur usus qui dicitur Dei, quo nobis utitur, non ad Ejus sedad nostram utilitatemrefertiir, ad Ejus autem tantummodo Bonitatem (1). »

Telle est la solution de saint Augustin que saint Thomas reproduit dans cette courte sentence : La Bonté divine est la Fin de toutes choses. Sic ergo Divina Bonitas est Fiins omnium rerum (2).

La Bonté est le dernier mot de la création ; elle en est aussi le premier. Pour mieux dire, c'est le seul mot qui réponde à toutes les ques-

(1) De Doctrina (liristiana, lib. I. ce. .'il et 32.

lions. Pourquoi Dieu m'a-t-il créé ? — Pour sa Bonté. — Par quoi m'a-t-il créé ? — Par sa Bonté. — En quoi consiste ma création ? — En une participation de sa Bonté.

Cherchons donc à pénétrerpar la pensée dans ce foyer de la Bonté Divine, et puisque bien et volonté sont deux termes corrélatifs qui se définissent l'un par l'autre, efforçons-nous de connaître comment Dieu veut le Bien. C'est entrer dans le sanctuaire de la Cause Efficiente Première et de la Cause Finale Dernière.

YI

On dit avec raison que l'Amour de Dieu se suffit à Soi-même, parce que la Volonté Divine se repose dans la possession d'un Bien Infini. Mais, si nous osons concevoir le mystère de la Vie Divine et déterminer le sens du courant dans ce mouvement vital qui est le Repos Absolu, nous ne devons pas nous représenter la Volonté Divine comme une faculté, d'abord avide de bien, et satisfaisant aussitôt cette aspiration infinie en s'emplissant du Bien infini. Non. La Vie de Dieu est son propre Principe, et par

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