‹ Bañes et MolinaChapitre 150 sur 174 · LIVRE IV. — DE LA CAUSE FINALE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — DE LA CAUSE FINALE

choses qu'elle a produites. Or la perfection de chaque être consiste dans l'acquisition de sa fin. Donc, il appartient à la Divine Bonté, comme elle a conduit les choses à l'existence, de les conduire aussi à leur fin, et c'est là gouverner (1). ))

Partout, je n'entends donc que la louange de la Bonté Divine. Le monde a été créé par bonté, il est gouverné par la bonté, clavo bonitatis, dit Boèce ; l'amour est le nœud qui unit la fin de la création et le bonheur des créatures. Est idem finis agentis et patientis. Il est vrai, saint Thomas ajoute les deux mots : Aliter et aliter. Mais saint Irénée nous les explique en dénouant le nœud de l'Amour Divin : « Dieu diffère de l'homme, dit-il, en ce que Dieu fait, et quel'homme est fait. Dieu «fait bien», et c'est « bien fait » pour l'homme. Et hoc Deiis ab homine differt, quoniam Deus quidera facit, homo autem fit... Et Deus quidem benèfacit, benè autem fit homini[2). »

Enfin saint Maxime, à la fois philosophe, théologien et martyr, reforme et resserre ce nœud par une phrase qui rappelle l'inclination paternelle du Créateur :

(2) Iren. conlr. Haeres., lib.IV, cap. W.

« Ce n'est pas, dit ce grand saint, par suite de quelque indie^ence que le Dieu Tout-Rempli de Lui-même amène les créatures àl'existence. C'est pour que , participant de Lui par voie de similitude, elles jouissent, et que Lui-même se conjouisse dans ses œuvres, en voyant ses créatures se rassasier, dans une jouissance sans satiété, de Celui dont la jouissance rend insatiable (1). »

Il me semble que je comprends mieux maintenant ces belles conclusions de saint Thomas : « Ainsi donc la Divine Bonté est la fin de toutes choses... C'est pourquoi Dieu seul est souverainement libéral, parce qu'il n'agit pas pour son utilité, mais uniquement pour sa Bonté (2). »

J'entends qu'on me dit : C'est justement que vous louez la Bonté Divine. Mais la Gloire Divine qu'en faites-vous ? Prétendez-vous que

(1) Maxim., de Garital. centur. 3^ n° 46. — Migne. Patrol. Grecq. t. XC. col. 1030.

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