‹ Bañes et MolinaChapitre 151 sur 174 · LIVRE IV, — DE LA CAUSE FINALE · texte numérisé non relu

LIVRE IV, — DE LA CAUSE FINALE

la fin de la création ne soit pas la Gloire de Dieu ? Voulez-vous qu'elle se termine au bonheur de la créature ?

— Loin de moi une telle erreur ! S'il est inexact de considérer la créature comme une sorte de moyen dont Dieu se sert pour obtenir une fin ultérieure, il est faux de placer la fin de la créature en elle-même, à l'exclusion d'un élément Divin. Tout ce qui établit une séparation entre ÏAge72t Divin et le patient humain est indigne de Dieu. Car l'amour unit et le mal sépare, dit l'Aréopag-ite. Et n'est-ce pas dans l'Union hypostatique du Divin et de l'Humain qu'éclate avec plus de splendeur la Gloire de Dieu ?

Parlons donc de la Gloire de Dieu ; mais, avant tout, discutons une conception étroite qu'on s'en fait trop souvent.

Quelquefois, comme pour excuser Dieu d'avoir tout fait pour Lui-même, on invoque une nécessité de nature. Il pouvait, dit-on, créer ou ne pas créer ; mais, s'il se décidait à produire des créatures, il ne pouvait les produire qu'en se proposant tme fin digne de Lui-même, c'està-dire sa propre Gloire. Cette pensée est exacte, pourvu qu'on la comprenne d'une manière digne de Dieu.

« Dieu, dites-vous, en créant se propose une fin. » " -C'est vrai; mais ayez soin de distinguer

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entre le motif qui meut la volonté, et Vintention qui est l'acte même de cette volonté. En Dieu, aucun motif qui détermine sa Volonté, Cause Première qui meut et qui n'est pas mue ; mais en Dieu, des intentions qui se termiiient aux choses qu'il veut. Lorsqu'on parle d'une fin de la création, ilne faut donc pas considérer cette fin comme un ?7îotif qui excite Dieu à ag-ir, mais simplement commeunèz^^auquel se termine son Vouloir. C'est ainsi que saint Thomas entend le moi: fi?î. dans l'article oii il démontre que Dieu est la Cause Finale de toutes choses : « Tout agent, dit-il, agit pour une fin ; sans quoi il ne résulterait pas de l'action un effet déterminé (1). » Pensée qu'on exprimerait tout aussi bien par ces autres mots : tout agent tend vers un but ; sans quoi son action ne serait pas terminée.

Encore une fois, il ne faut jamais perdre de vue que la fin des œuvres Divines est un but, non un motif. Saint Thomas tient à nous en avertir dans un passage que j'ai déjà cité : « Il y a des êtres qui en même temps agissent ei pâtissent, ce sont les agents imparfaits. lien résulte que, même en agissant, ils tendent à acquérir quelque chose. Mais au Premier Agent,

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