LIVRE IV. — DE LA CAUSE FINALE
lieu de repos, el le repos véritable ne peut se trouver que dans l'Immobile : Quia fecisti ?îos ad te, et inquietum cor nostrum donec requiescat in te (1).
Qu'on ne sépare donc plus la Gloire du Créateur et le bonheur de la créature. Si Dieu dans le gouvernemont des choses leur assigne une fin extrinsèque, est-ce donc, se demande saint Thomas, que la Providence ne vise pas en soi et immédiatement le bien et le bonheur de ses créatures ?— Tout au contraire, reprend-il. Car cette Fin c'est Dieu, il est vrai, mais Dieu participé, Dieu acquis,. Dieu possédé (2).
J'en demande pardon aux Thomistes; mais j'ai beau chercher, je ne puis trouver dans l'enseignement de notre commun Docteur aucun vestige de leurs théories. Rien dans les desseins de la Providence ne fait soupçonner quelque projet absolu de manifester la Justice vindicative. Le Principe des choses est la Bonté; la Fin est la Bonté; et la force qui accomplit le cir-
(1) S. August. Confess., lib. I., cap. 1.
(2) Sic igilur oportel dici qubd Bonum extrinsecum a loto universo est finis gubern&tionis rerum, sicut habitum el repraesentulum : quia ad hoc unaquaeque res tendit, ut parlicipei Ipsum; et assimilelur quantum polest. [Eod. lac. ad S""".,
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cuit du Principe à la Fin, c'est l'Amour : Amour aimant, lorsqu'il disperse ses bienfaits et manifeste sa Gloire ; Amour aimant surtout, lorsqu'il recueille tout en Soi dans la communion de sa Gloire.
C'est aussi la doctrine de saint Denys, et lui-même la tenait de son maître saint Hiérothée célébrant, par une image d'une trivialité sublime , les agitations que se donne l'Amour Divin. — « Allons , recueillons encore une fois dans l'unité toutes ces louanges. Il est donc une Puissance, une et simple, et cependant principe de son propre mouvement, qui, pour mélanger et unir, descend du Bon jusqu'au dernier des êtres, et de là remonte par toutes choses vers le Bon, partant de Soi, tournant sur Soi et en Soi, et revenant toujours à Soi (1). »
Que si cette union produite parla Providence dans l'ordre de la nature est admirablement belle, que dire du mélange opéré par l'Amour dans l'ordre surnaturel de la Grâce ! Car cette Puissance mystérieuse que célèbre saint Hiérothée, nous l'avons vue, touchée et
(4) s. Denys : Des noms Divins, ch. IV, § 17. Lisez et méditez ce chapitre: vous en apprendrez plus long sur la Gloire de Dieu que dans bien des traités prolixes.