‹ Bañes et MolinaChapitre 160 sur 174 · LIVRE IV. DE LA CAUSE FINALE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. DE LA CAUSE FINALE

Perfections Divines, poussant toujours plus loin, sont parvenues aux termes de leur bienfaisante expansion, il se trouve que l'Unité, elle aussi, a parfait son œuvre. Tous les liens sont noués, tous les faisceaux serrés autant que possible, tous les ordres définitivement fixés dans la tranquillité de la Paix, toutes les relations comme absorbées dans la relation qui suspend les créatures au Créateur. C'est, dans la joie éternelle à la Gloire de Dieu, la Consom7nation; car alors Dieu se laisse reconnaître dans toutes ses images et les créatures se réjouissent de n'être autre chose que les images de Dieu.

Et les pécheurs, quelle est leur place dans cet ordre ? — On ne la trou>^e pas : Quœsivi eum et non est inventus locus ejus (1). Ils se sont enfuis loin des influences de l'éternelle Providence, ils sont tombés et ils gisent : Fugitivi perpetuge ProvidenticB jacuerunt (2). Mais ils n'ont pas pu briser tous les liens qui les soutiennent audessus du néant, et leur désordre ne peut les faire sortir totalement de l'ordre. Ils tombent de l'ordre, primitif de la Bonté, mais ils retom-

[\) Ps. XXXVI, 36,

(2) Sagesse, xvii, 1,

bent dans l'ordre consécutif de la Justice (1). Car il est d'un ordre nécessaire que fuyant la lumière ils gisent dans les ténèbres, que se dérobant à la Bonté ils perdent le bonheur, que se donnant au mal ils soient précipités dans le malheur : Dilexit maledictionem et veniet ei : et noiuit benedictionem et elongahitur ah eo (2).

Il est temps de nous arracher à ces contemplations qui embrasent autant qu'elles instruisent, pour en présenter les conclusions à la froide raison.

1" L« Fin de toutes choses est la Bonté Divine. Donc, bien que dans l'ordre des choses créées reluisent et la Sagesse et la Puissance et la Justice et la Majesté, ce n'est pas cependant dans quelques-unes de ses Perfections Divines précisément qu'il faut aller chercher la raison intentionnelle de la Création ; car elle n'est formellement que dans la Bonté, dont le propre est de faire du bien.

[\) Ex hoc ipso, qubd aliquid ex unâ parle videtur exire ab ordine Divinae Providentiae secundùm aliquam particularem causam, necesse est qubd in eumdemordinem relabatur secundùm aliam causam. (I. q. 103. a. 7.)

(2) Ps. cvm, 16.

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