‹ Bañes et MolinaChapitre 167 sur 174 · LIVRE IV. — DE LA CAUSE FINALE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — DE LA CAUSE FINALE

invisibles, puis du visible et de l'invisible il a composé l'homme. » (Liv. II, ch. 2.)

Or Dieu a créé l'homme à son image, en le faisant raisonnable et libre ; — à sa j'essembla)ice, par la similitude de la vertu (ch. d2) (1).

« Un être, ou bien n'est pas raisonnable, ou, s'il esl raisonnable, il est libre et maître de ses actes. Ainsi les animaux sans raison ne sont pas libres; ils sont conduits par la nature, plutôt qu'ils ne la conduisent. Ils ne peuvent aller contre une impulsion physique ; mais'^ dès qu'ils ont subi une motion, ils se précipitent à l'action. Quant à l'homme , parce qu'il est raisonnable, il conduit la nature plutôt qu'il n'est conduit par elle. Lorsqu'il éprouve une impulsion, il a la liberté de comprimer, s'il le veut, cet appétit, ou de le suivre. Voilà pourquoi on ne loue ni ne blâme les brutes. Mais l'homme est loué ou blâmé » (ch. 27) (2).

« Outre les choses qui dépendent de nous,

(4) Il s'agit di la vertu donnée à la nature innocente.

(2) Vous remarquez la théorie de l'acte indélibéré. Le rôle de la liberté est de consentir ou de ne pas consentir à cet acte.

il y a des choses qui ne dépendent pas de nous, mais dont les principes ou les causes dépendent de nous, savoir la rétribution de nos actes dans le siècle présent et dans le siècle futur. Tout le reste dépend de la volonté divine. Car la naissance de toutes choses vient de Dieu, mais la corruption a été introduite à cause de notre malice pour notre châtiment et notre utilité. Quoniam Deiis mortem non fecit, nec lastatur in perditione vivorwn (Sagesse, I, 437). De l'homme, c'est-à-dire de la transgression •d'Adam, viennent et lamortet les autres peines. Tout le reste doit être attribué à Dieu : à sa puissance créatrice notre naissance, à sa puissance conservatrice notre maintien, à sa providence notre gouvernement et notre salut, et enfin à sa bonté la jouissance éternelle réservée pour ceux qui gardent les dons qu'ils ont reçus » (ch. 28).

« Dieu prévoit tout, mais il ne prédéfinit pas tout. Il prévoit nos actions libres, mais il ne les prédéfinitpas. Car il ne veut ni la réalisation du mal, ni la vertu obtenue par force » (ch. 30).

« Dieu est le Principe et la Cause de tout bien, et^ sans son concours et son aide, il nous est impossible de vouloir ou de faire le bien. Mais il

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