LIVRE I. — HISTORIQUE
tant plus pure qu'il est encore plus voisin de sa source (1). »
Vraiment les Bannésiensont été bien mal inspirés en invoquantl'argumentde tradition. Non seulement cet argument leur enlève saintThomas, mais il les met dans un grave péril.
On le sait, c'est une règle universellement admise que les expressions employées dans les définitions conciliaires doivent s'entendre dans le sens consacré par l'usage, et^^cette règle n'estque l'application del'argument de tradition. Pour comprendre la portée des définitions du concile de Trente au sujet de la grâce et du libre arbitre, il importe donc souverainement de savoir dans quelles doctrines avaient été nourris les évêques et les théologiens du concile. Sans doute, les Pères de Trente ont rendu à saint Thomas le plus glorieux hommage, en plaçant sa Somme à côté de l'Ecriture sainte. Mais l'étude critique qu'ont provoquée si malencontreusement les prétentions Bannésiennes nous
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apprend comment la doctrine de saint Thomas était entendue de ceux que la Providence destinait à être les instruments du Saint-Esprit.
Larègledonl je parle est si connue, son importance est si incontestée, que Réginald, auteur bannésien, s'est efforcé derang'er dans son parti un certain nombre de théologiens du concile. Mais il aeu tort de les citer. Car le P. Schneemann, discutant un à un tous ces noms, montre que tous soutenaient sur l'efficacité delà g'râce la doctrine que les Molinistes n'ont fait que maintenir (i).
J'admettrai pourtant, si l'on veut, que parmi les théologiens réunis à Trente, il s'en rencontrait quelques-uns qui pensaient comme Banes. Car, à en croire Sarpi, son opinion fut discutée au sein du concile (2). Mais, chosecurieuse Itoujours d'après Sarpi, historien peu suspect de molinisme, cette discussion s'engagea entre Dominicains. Or le célèbre Dominique Soto affirma « qu'aucune motion divine ne suffisait par ellemême ; que la motion à laquelle la volonté consentait devenait efficace par le fait même du consentement ; que, si le consentement n'avait pas lieu, lamotion restait sans effet, non
(4) P. 440et seq. (2) P. 430