‹ Bañes et MolinaChapitre 20 sur 174 · LIVRE I. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE I. — HISTORIQUE

par quelque défaillance de la vertu divine, mais par un défaut de concours humain ». Sarpi ajoute que cette doctrine prévalut : Sotum causam sic impugnatam obtimdsse. N'est-ce pas avouer, comme le P. Schneemann le remarque justement, qu'avant Banes et Molina le débat entre le néotliomisme et le molinisme a pris naissance dans le concile même, et que cette dernière doctrine a été victorieusement défendue par le dominicain Dominique Soto, principal théologien et oratew dMiivé, de l'Ordre de saint Dominique ? Que si l'on ne veut voir là qu'une première escarmouche, on doit du moins reconnaître qu'elle emprunte aux circonstances une singulière gravité, et qu'elle donne lieu aux réflexions suivantes*

Pendant le concile de Trente , l'attention était donc éveillée sur ce point doctrinal. On avait donc cette question présente à l'esprit, en préparant les décrets sur la g-râce et le libre arbitre. C'est donc après débat contradictoire qu'on a maintenu l'ancienne doctrine, et, par conséquent, les règ^les d'interprétation conciliaire demandent qu'on entende suivant cette doctrine le fameux décret de la sixième session, où il est défini que la volonté peut résister à la grâce.

Personne, je pense, ne méconnaîtra la gra-

vite de telles réflexions, d'autant que le récit de Sarpi est confirmé par des témoignages plus autorisés. Dans un mémoire adressé au Souverain Pontife, Bellarmin affirme que les actes du concile gardés au château Saint- Ange relatent ce qui suit: « Dans une conférence de théologiens qui précéda la sixième session, deux religieux exposèrent ce système de la prédétermination du libre arbitre. Mais il fut mal accueilli, parce qu'il ne parut pas bien catholique, qiibd non videretur valdè catholicum ! et le décret fut formulé suivant l'opinion commune des autres théologiens (1) ».

A ce témoignage d'un cardinal Jésuite, on peut ajouter celui d'un Dominicain, archevêque et maître du sacré Palais, d'après lequel la doctrine que plus tard Banes a soutenue « avait été soigneusement examinée par les Pères du concile et rejetée comme moins probable » (2).

Nous n'avons pas le droit d'être plus pressants que le Saint-Siège dans l'explication d'une définition conciliaire, et de contraindre les Bannésiens, sous peine d'anathème, à l'entendre comme nous. Mais nous pouvons bien trouver étrange qu'on accuse Molina d'avoir inventé

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